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La marijuana au volant : le défi du Colorado

Au Colorado, on tente d'obtenir un test fiable pour reprérer les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par la marijuana.

Au Colorado, on tente d'obtenir un test fiable pour reprérer les conducteurs dont les facultés sont affaiblies par la marijuana.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement de Justin Trudeau souhaite déposer un projet de loi visant à légaliser la marijuana au printemps 2017. Au pays comme ailleurs, plusieurs craignent les effets sur la santé et la sécurité publique. ICI Acadie s'est rendu au Colorado où la marijuana est légale depuis 2012 et où la vente est réglementée depuis 2014 pour voir comment l'État s'est adapté à cette nouvelle réalité.

Un texte de Karine GodinTwitterCourriel

Les cas de conduite sous l'influence de la marijuana donnent des maux de tête aux forces de l'ordre au Colorado. Pendant ce temps, des entreprises se livrent à une course contre la montre pour développer de meilleures technologies susceptibles de déceler efficacement les contrevenants.

Alors que le gouvernement Trudeau considère sérieusement les tests de salive, au Colorado, les tests de sang sont privilégiés pour déterminer si une personne a conduit après avoir consommé de la marijuana. Le Colorado a fixé la limite de THC à 5 nanogrammes par millilitre de sang. Si le conducteur dépasse cette limite, il pourra être présumé avoir conduit avec les facultés affaiblies.

C'est vraiment difficile, estime James Henning, commandant de la police de Denver. Il y a une série de tests et ensuite il faut convaincre un jury que la personne avait les facultés affaiblies. C'est vraiment difficile à prouver.

Une citation de :James Henning, commandant de la police de Denver
James Henning, commandant de la police de DenverAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

James Henning, commandant de la police de Denver

Photo : Radio-Canada

Si des accusations sont déposées, la poursuite aura à prouver, notamment par l'entremise du témoignage d'un policier, que la personne n'était pas apte à conduire. Le processus menant à une condamnation est donc ardu.

Une condamnation difficile

L'avocat spécialisé dans les cas de conduite avec facultés affaiblies, Colin McCallin, a réussi à faire acquitter des conducteurs qui avaient plus de quatre fois la limite permise.

« Les tests sanguins sont précis pour déterminer le taux de THC. Le problème, c'est que ça ne prouve pas si les facultés étaient bien affaiblies », explique l'avocat.

En plus du test sanguin, le suspect devra marcher en ligne droite, se toucher le nez avec le doigt et rester debout sur une jambe. Plusieurs croient que cette méthode, utilisée au Colorado, est arbitraire et qu'elle devrait seulement s'appliquer à l'alcool au volant. D'ailleurs, une étude de l'AAA Foundation for Traffic Safety démontre que le comportement des consommateurs de marijuana au volant varie énormément d'une personne à l'autre.

Colin McCallin, un avocat du Colorado qui se spécialise dans les cas de conduite avec facultés affaibliesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Colin McCallin, un avocat du Colorado qui se spécialise dans les cas de conduite avec facultés affaiblies

Photo : Radio-Canada

« Souvent, la personne aura consommé de l'alcool et de la marijuana en même temps. Souvent on arrive à prouver les facultés affaiblies par l'alcool. On n'a donc pas besoin dans ce contexte de prouver les facultés affaiblies avec le THC », explique le policier James Henning.

Les cas de conduite avec facultés affaiblies par la marijuana ne constituent que 3 % de tous les cas de conduite avec facultés affaiblies à Denver.

Le test d'haleine

Plusieurs entreprises dans le monde se livrent à une véritable course contre la montre pour développer la meilleure technologie qui soit pour contrer la marijuana au volant.

Une entreprise du Colorado, Lifeloc Technologies, a reçu des subventions gouvernementales pour développer un test d'haleine, comparable à l'alcootest. Cet appareil permettra de détecter le taux de THC, l'ingrédient actif du cannabis, chez les automobilistes.

« Les premiers résultats sont prometteurs. Nous avons démontré la fiabilité du test à détecter le THC », explique Wayne Wilkomm, PDG de Lifeloc Technologies.

Wayne Wilkomm, PDG de Lifeloc TechnologiesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Wayne Wilkomm, PDG de Lifeloc Technologies

Photo : Radio-Canada

Mais même avec ces tests d'haleine, les procureurs devront prouver en cour que le conducteur pris en défaut n'était pas apte à conduire. La technologie permettra toutefois aux policiers de détecter le taux de THC plus rapidement, lorsqu'ils interceptent un automobiliste.

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Acadie