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Un survivant du Bataclan raconte la soirée d'horreur dans une BD

La BD « Mon Bataclan », de Fred Dewilde

La BD « Mon Bataclan », de Fred Dewilde

Photo : Lemieux Éditeur

Radio-Canada

Un graphiste présent au Bataclan à Paris lors de l'attentat du 13 novembre 2015 raconte son expérience éprouvante dans une bande dessinée intitulée Mon Bataclan.

L'œuvre en noir et blanc de Fred Dewilde, un graphiste de 50 ans, paraît vendredi en France, en Suisse et en Belgique. Aucune date de sortie au Québec n'est prévue pour l'instant.

Fred Dewilde a représenté les trois djihadistes responsables de l'attentat en squelettes au visage blême de la mort, et ses souvenirs de la tuerie sont précis. « Nous ne sommes plus qu'une masse grouillante de vivants, de blessés, de morts, une masse de peur, hurlante de terreur », dit-il.

Lorsque Fred Dewilde se retrouve couché près d'une des victimes de l'attentat, il « prend la mesure de ce qu'on est en train de vivre. Je suis encore vivant... Un vivant chez les morts ».

Blessée mais vivante, Élisa est allongée à ses côtés. « Elle pourrait être sa fille », dit Fred Dewilde. Même s'ils ne se connaissent pas, ils tentent de se réconforter. « On se détache de cette horreur, on se crée une bulle d'humanité. »

La BD « Mon Bataclan », de Fred Dewilde

La BD « Mon Bataclan », de Fred Dewilde

Photo : Lemieux Éditeur

L'horrible attente s'étendra sur deux longues heures, jusqu'à ce que les forces spéciales pénètrent dans la salle. Fred vivra, mais il ne sera plus jamais le même.

Je connais l'odeur, le goût de l'atrocité, de l'incompréhensible.

Fred Dewilde

Dans la deuxième partie de Mon Bataclan, qui s'intitule « Vivre encore », on suit Fred Dewilde dans l'après-tragédie. « Est-ce vraiment utile de se laver aujourd'hui? Manger? Pas faim! »

La BD a aidé son auteur à vivre avec ce traumatisme, à l'apprivoiser. « Comme par hasard, j'ai fini les dessins le vendredi 13 mai. Six mois après, jour pour jour. »

Quatre-vingt-dix personnes ont péri dans la salle du Bataclan. En tout, les terribles attentats de Paris ont fait 130 victimes.

L'ennemi n'a pas de couleur, pas de confession. L'ennemi, c'est le fanatisme, c'est la peur, c'est la folie qui conduit à la guerre.

Fred Dewilde
Avec les informations de Agence France-Presse

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