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La Commission européenne intime à la Belgique d'adopter d'ici vendredi l'accord Canada-UE

Une affiche d'opposants à l'accord de libre-échange Canada-UE

Des opposants à l'Accord économique et commercial global manifestent à Paris.

Photo : Getty Images / Bernard Menigault

Radio-Canada

La Belgique dispose de trois jours pour donner, ou pas, son aval à l'accord de libre-échange conclu entre le Canada et l'Union européenne (UE), en vertu d'un ultimatum que lui a lancé la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

En conférence de presse au Luxembourg, mardi, Mme Malmström a déclaré que la Belgique devait donner son feu vert à l'accord avant le sommet européen des 28 dirigeants de l'UE, planifié pour vendredi à Bruxelles. « Nos amis Canadiens ont besoin de savoir s'ils doivent réserver leurs billets ou pas », a-t-elle affirmé.

La signature du traité avec le Canada est, quant à elle, prévue pour le 27 octobre, en présence du premier ministre canadien, Justin Trudeau. 

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, le 18 octobre 2016 au LuxembourgAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, le 18 octobre 2016 au Luxembourg

Photo : AP/Olivier Matthys

Si nous ne parvenons pas à avoir d'accord, alors il n'y aura pas de sommet [du 27 octobre].

Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce

Tant que le gouvernement régional de Wallonie continuera d'opposer son veto à cet accord, la Belgique demeurera incapable de ratifier cet accord pour lequel elle est pourtant favorable.

En effet, la Belgique doit obtenir l'aval des trois gouvernements régionaux – Wallonie, Flandre et Bruxelles-Capitale – de même que des trois communautés linguistiques (flamande, francophone et germanophone) pour ratifier l'entente.

Il ne manque plus que l'accord de la Belgique, mais...

L'avocat de l'AECG, Didier Reynders, qui est aussi le ministre belge des Affaires étrangères, affirme que « le gouvernement fédéral et le gouvernement flamand ont décidé d'avancer et de permettre de procéder à la signature », à la condition que la Wallonie revienne sur son refus.

Mais ce n'est pas chose faite : la Wallonie s'inquiète notamment à la perspective que l'accord économique et commercial global (AECG) fragilise ses secteurs agricole et manufacturier. 

Le président du Parti socialiste francophone belge et ancien premier ministre Elio Di Rupo a lancé, au cours d'une entrevue accordée au quotidien L'Écho : « La Wallonie a été snobée par la Commission européenne, qui n'a jamais daigné lui répondre. »

Il en va de la crédibilité de l'UE

L'accord de libre-échange, fruit de cinq ans de négociations entre le Canada et l'Europe, est par ailleurs soutenu par les 28 pays membres de l'UE, qui doivent tous le ratifier pour qu'il entre en vigueur.

Premier accord commercial du marché économique européen avec un pays du G7, l'AECG liera économiquement 500 millions d'Européens à 35 millions de Canadiens.

La commissaire Malmström a mis en garde les dirigeants de l'UE contre les conséquences d'un rejet de l'AECG.

« Si nous ne parvenons pas à signer un très bon accord avec un pays comme le Canada, l'un de nos plus proches alliés, ce sera une situation très difficile », a poursuivi Mme Malmström, faisant écho aux propos du premier ministre canadien, Justin Trudeau, la semaine dernière. Ce dernier avait alors déclaré que si l'UE ne parvenait pas à signer un tel accord avec un pays progressiste comme le Canada, avec qui pourrait-elle le faire?

Le Canada ne perd pas espoir

Pierre Pettigrew, envoyé spécial du Canada dans les négociations avec l’UE pour un accord de libre-échange, avec l’ex-premier ministre du Québec, Jean Charest et l’ex-premier ministre du Canada, Brian MulroneyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Pettigrew, envoyé spécial du Canada dans les négociations avec l’UE pour un accord de libre-échange, avec l’ex-premier ministre du Québec, Jean Charest (à gauche) et l’ex-premier ministre du Canada, Brian Mulroney (au centre)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Mardi, l'envoyé spécial du Canada dans ce dossier, Pierre Pettigrew, s'est dit convaincu que les parties réussiront à s'entendre.

Au cours d'un point de presse en marge d'un événement organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), M. Pettigrew a affirmé que l'accord a fait l'objet d'une « évolution magnifique » depuis le 29 février dernier.

À cette date, le Canada et l'UE avaient consenti à modifier certains aspects liés à la protection des investissements, dans le cadre de l'accord. Auparavant, d'affirmer M. Pettigrew, « l'accord était au point mort ».

Brian Mulroney, qui assistait aussi à l'événement du CCMM mardi, affirme que « le Canada et le Québec ont très bien fait » dans ce dossier.

Celui qui fut premier ministre du Canada de 1984 à 1993 estime que la balle est « maintenant clairement dans la cour des Belges ».

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Associated Press, et La Presse canadienne

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