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De néonazi à tatoueur : dans la peau d'un ex-membre de gang de rue d’Ottawa

De néonazi à tatoueur

De néonazi à tatoueur

Photo : Radio-Canada/Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Marc Clairoux a fait partie d'un gang néonazi à Ottawa pendant plus de 25 ans. À 44 ans, devenu tatoueur, il propose aux jeunes membres de gangs de rue d'enlever gratuitement leurs tatouages et de leur enseigner son art, pour les aider à changer de vie.

Un texte de Guillaume DumontTwitterCourriel

Marc Clairoux a 14 ans lorsqu'il se joint à un gang dans Vanier. « On se protégeait les uns les autres. Quand tu n'as pas de stabilité à la maison, tu construis ta propre stabilité », se rappelle-t-il.

À 44 ans, Marc Clairoux est devenu tatoueurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À 44 ans, Marc Clairoux est devenu tatoueur

Photo : Raido-Canada/Jonathan Dupaul

Quatre ans plus tard, les choses se corsent : il devient membre d'un gang de rue néonazi basé à Ottawa et à Hull.

Les autres membres deviennent alors ses frères. Et ils sont prêts à tout pour défendre leurs couleurs.

Le type de personne prête à éclater la tête d'un gars à coups de bâton de baseball, avec un simple appel.

Marc Clairoux
Marc Clairoux a fait partie d'un gang néonazi à Ottawa pendant plus de 25 ans.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Clairoux a fait partie d'un gang néonazi à Ottawa pendant plus de 25 ans.

Photo : Radio-Canada/Jonathan Dupaul

Avec les années, Marc Clairoux gravit les échelons du gang. Il est impliqué dans de multiples crimes et fait de nombreux séjours en prison. « J'ai fait beaucoup de recrutement, je suis allé souvent en prison et c'est l'endroit idéal pour recruter, surtout avec une idéologie raciste », soutient-il.

Durant l'un de ces séjours, il commence à lire régulièrement et découvre de nouveaux horizons. Il se met alors à remettre en question l'idéologie raciste.

Je n'étais plus capable d'y croire.

Marc Clairoux

Lors de son dernier séjour au pénitencier, un drame survient qui va tout changer : le meurtre de son meilleur ami, âgé de seulement 23 ans.

« Un homme est venu au milieu de la nuit. Il a pris un bâton de baseball, il est allé où il dormait et il l'a battu à mort », confie-t-il.

Une succession de morts violentes parmi ses amis le pousse à changer de vie. Marc Clairoux décide de quitter le gang, mais il n'y a aucun programme pour l'aider à s'en sortir à Ottawa.

Marc ClairouxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Clairoux

Photo : Radio-Canada/Jonathan Dupaul

Un ami lui recommande alors de donner des conférences sur son parcours de néonazi... au Centre juif de services familiaux d'Ottawa.

Un skinhead dans un immeuble plein de juifs! Je me demandais si j'allais brûler.

Marc Clairoux

Le fait de raconter son parcours lui donne cependant l'occasion de trouver un sens à sa vie, en aidant de jeunes délinquants de toutes origines culturelles, qui en sont à leur dernière chance.

« Des fois ils pleuraient, des fois ils étaient sous le choc », souligne-t-il.

Suivez notre programmation spéciale sur les gangs de rue du 16 au 20 octobre. Vous découvrirez des témoignages, entendrez des experts et pourrez participer à un forum public.

Avec la collaboration de Marie-Eve Potvin

Gangs de rue à Ottawa

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Société