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Bagdad et ses alliés à l'assaut du bastion islamiste de Mossoul

Les forces peshmergas avancent dans l'est de Mossoul, en Irak.

Les forces peshmergas avancent dans l'est de Mossoul, en Irak.

Photo : Azad Lashkari/Reuters

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le premier ministre irakien Haïdar Al-Abadi a annoncé, dans la nuit de dimanche à lundi, le début de l'offensive de Mossoul en vue de reprendre la grande ville du nord de l'Irak aux djihadistes du groupe armé État islamique (EI) qui en ont fait leur fief en juin 2014.

« L'heure est venue et le moment d'une grande victoire est proche », a déclaré le premier ministre irakien à la télévision nationale, entouré des hauts commandants des forces armées.

L'offensive visant à expulser l'EI de Mossoul a été diffusée par la télévision d'État tôt lundi matin.

L'opération est soutenue par la coalition dirigée par les États-Unis, et pourrait constituer la plus grande bataille en Irak depuis l'invasion du pays par les troupes américaines en 2003. Si elle réussit, elle infligerait la plus importante défaite à l'EI.

C'est un moment décisif dans notre campagne pour infliger au groupe armé État islamique une défaite durable.

Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter

Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, qualifie de « moment décisif » cette nouvelle étape dans la lutte menée contre les djihadistes. « Nous sommes convaincus que nos partenaires irakiens vaincront notre ennemi commun et libéreront Mossoul et le reste de l'Irak de la haine et de la brutalité », a-t-il ajouté.

« L'opération va probablement durer des semaines, peut-être plus longtemps », a pour sa part averti le commandant de la coalition, le lieutenant général américain Stephen Townsend.

Une explosion dans l'est de MossoulAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une explosion dans l'est de Mossoul

Photo : Azad Lashkari/Reuters

Dans son allocution, le premier ministre a précisé que seules l'armée et la police irakiennes entreraient dans Mossoul, pendant que d'autres forces seraient déployées en vue de l'offensive pour reprendre la ville. Parmi elles, des combattants peshmergas kurdes et des milices sunnites et chiites. Au total, 30 000 combattants ont été mobilisés.

Ville à majorité sunnite, Mossoul est le dernier bastion des djihadistes en Irak. Entre 3000 et 9000 combattants de l'EI y seraient encore présents.

« Bonne chance aux forces irakiennes héroïques, aux peshmergas kurdes et aux volontaires de Ninive. Nous sommes fiers de nous tenir à vos côtés dans cette opération historique », a déclaré sur Twitter l'envoyé spécial de Washington auprès de la coalition contre l'EI, Brett McGurk, après l'annonce d'Abadi.

L'annonce sur la télévision nationale a été suivie de musique patriotique. La chaîne de télévision Al-Jazira a également diffusé des vidéos montrant des roquettes et des balles traçantes traverser le ciel de la ville, dans le bruit des coups de feu.

Des soldats se rassemblent.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des soldats se rassemblent.

Photo : Azad Lashkari/Reuters

Au cours des derniers jours, l'armée irakienne a rassemblé une force importante autour de la ville en vue de l'assaut. Les forces spéciales figurent parmi les unités en place.
Mossoul est tombée aux mains des combattants du groupe armé État islamique en juin 2014.

Depuis la fin de l'année dernière, le groupe armé État islamique a subi plusieurs défaites en Irak. L'organisation n'y occupe maintenant que quelques petites villes dans le nord et l'ouest du pays, en plus de Mossoul.

L'armée irakienne a prévenu les habitants

Des soldats à Mossoul, en IrakAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Azad Lashkari/Reuters

L'armée irakienne disait avoir largué des dizaines de milliers de tracts sur Mossoul dimanche avant l'aube pour avertir les habitants qu'une offensive visant à reconquérir la ville tenue par l'État islamique était imminente.

Les tracts contenaient plusieurs messages, l'un d'eux assurant la population que les unités terrestres et l'aviation « ne viseraient pas les civils », un autre conseillant d'éviter les endroits fréquentés par les djihadistes.

Les autorités irakiennes craignent un exode de la population en cas d'offensive. Les tracts appelaient les habitants à « rester chez eux et à ne pas croire aux rumeurs répandues par l'EI ».

« Restez calmes et dites à vos enfants que ce n'est qu'un jeu ou le tonnerre avant la pluie », peut-on lire sur un tract. « Si vous voyez une unité militaire, restez à au moins 25 mètres de distance et évitez tout mouvement brusque », dit un autre.

L'ONU est tout de même « extrêmement préoccupée » par le sort des civils à Mossoul. « Les familles sont exposées à un risque extrême d'être prises entre deux feux ou prises pour cibles », a indiqué Stephen O'Brien, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires et l'aide d'urgence.

D'une population d'environ 2 millions d'habitants avant sa capture par l'EI en juin 2014, Mossoul est quatre à cinq fois plus grande que les autres villes jusqu'ici reprises aux djihadistes.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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