•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pas de miracle aux discussions de Lausanne sur la Syrie

Le secrétaire d'État américain John Kerry discute avec les ministres des Affaires étrangères d’Arabie Saoudite, Adel al Jubeir (à g.), et de Jordanie, Nasser Judeth (à dr.), après des discussions sur la Syrie qui se sont tenues à Lausanne, en Suisse.
Le secrétaire d'État américain John Kerry discute avec les ministres des Affaires étrangères d’Arabie Saoudite, Adel al Jubeir (à g.), et de Jordanie, Nasser Judeth (à dr.), après des discussions sur la Syrie qui se sont tenues à Lausanne, en Suisse. Photo: Denis Balibouse / Reuters
Reuters

Des discussions sur la Syrie organisées samedi à Lausanne se sont achevées au bout de quatre heures sans déboucher sur de quelconques avancées concrètes.

Le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov se sont retrouvés dans l'après-midi à Lausanne, où sont également arrivés les représentants de sept pays de la région (l'Iran, l'Irak, la Jordanie, l'Égypte, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar).

Aucun communiqué commun n'a été publié à l'issue de la réunion.

Près de quatre semaines après la rupture de la trêve négociée bilatéralement par Kerry et Lavrov, et 12 jours après la décision de Washington de suspendre toute coopération avec la Russie sur le dossier syrien, la réunion de Lausanne marque une nouvelle approche de la question syrienne, dont l'Europe est absente.

Kerry a dit à la presse qu'un consensus se dessinait sur un certain nombre d'options susceptibles de conduire à l'instauration d'un nouveau cessez-le-feu, tout en concédant que les échanges avaient parfois été vifs.

« Des idées intéressantes »

« Je dirais que c'est le genre de choses que nous recherchions, c'est-à-dire une réflexion et une discussion sincère », a dit le secrétaire d'État. « Un certain nombre d'idées ont été avancées par plusieurs ministres ».

Lavrov, qui avait dit plus tôt ne rien attendre de particulier de cette réunion, a déclaré à des agences de presse russes que les pays représentés avaient convenu de garder le contact dans un avenir proche afin de mettre fin à la crise syrienne. Les parties ont évoqué plusieurs « idées intéressantes », a-t-il encore indiqué sans donner davantage de précision.

À Lausanne, un membre de la délégation américaine a reconnu que « cela allait être, comme c'est le cas depuis plusieurs années, un processus très difficile ».

Présent dans la ville suisse, un diplomate occidental a estimé que cette réunion semblait mal préparée et vague quant à ses objectifs.

« S'il s'agit de parvenir à un accord sur Alep, des pays vont devoir prendre des engagements, la Russie celui de mettre fin aux bombardements, l'Iran de retirer ses milices qui soutiennent Damas au sol. C'est beaucoup à obtenir en une demi-journée. Surtout quand des gens qui arrivent ne sont pas satisfaits par le format de ces discussions », a-t-il dit à Reuters.

« Pour que ce format soit crédible, Kerry va devoir émerger des discussions ce soir en disant que nous avons quelque chose pour Alep. Un cessez-le-feu serait crédible », a-t-il ajouté.

Avant l'ouverture des discussions à l'hôtel Beau-Rivage, qui avait accueilli en mars-avril 2015 un cycle décisif des négociations sur le programme nucléaire iranien, Kerry s'est entretenu séparément avec son homologue saoudien, Adel al Jubeir, puis avec Lavrov.

Le secrétaire d'État américain et le ministre russe des Affaires étrangères ne s'étaient plus rencontrés depuis la proclamation, le 19 septembre dernier, de la fin de la « cessation des hostilités » en Syrie.

Moscou est sous pression de la communauté internationale pour mettre fin au pilonnage des quartiers insurgés d'Alep et permettre l'acheminement d'aide humanitaire à la population civile.

Les autorités russes insistent de leur côté sur la nécessité de séparer les rebelles dits modérés des groupes qualifiés de terroristes.

Les discussions devraient principalement porter sur la proposition formulée par l'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura, d'organiser l'évacuation des combattants djihadistes de l'ex-Front al-Nosra pour rétablir le cessez-le-feu. Leur nombre fait cependant débat, ce qui pourrait empêcher tout accord.

Kerry doit ensuite se rendre dimanche à Londres où il fera le point avec d'autres États impliqués dans le dossier syrien, dont la France.

« Face à la situation dramatique en Syrie, notamment à Alep, la France est plus que jamais mobilisée pour atteindre l'objectif d'un arrêt des bombardements sur Alep, d'une cessation des hostilités, d'un accès de l'aide humanitaire et d'une reprise de la négociation en vue d'une solution politique », a dit dans un communiqué le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, qui sera présent dimanche dans la capitale britannique.

Syrie : l'engrenage de la guerre

International