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Un chrétien, un musulman et un laïc plaident pour une culture de paix

Père André Barbeau, le cheikh Khaled Bentounes, et Raymond Chrétien

Père André Barbeau, le cheikh Khaled Bentounes, et Raymond Chrétien

Photo : Karim Ouadia

Radio-Canada

Le cheikh Khaled Bentounes, guide spirituel de la voie soufie Alawiya qui milite pour une journée mondiale du vivre ensemble, est à Montréal dans le cadre de sa tournée nord-américaine. 

Un texte de Karim OuadiaTwitterCourriel

Il a rencontré Dom André Barbeau, le père abbé de l'Abbaye Val-Notre-Dame, à Saint-Jean-de-Matha, et Raymond Chrétien, président de l'Observatoire des maires sur le vivre ensemble. Deux hommes de Dieu et un laïc, qui prônent une culture de paix et considèrent le vivre ensemble comme un antidote aux intégrismes et au radicalisme.

Plus on est nombreux à choisir de mieux vivre ensemble plus cet engagement changera le monde, croit le cheikh Bentounes.

Le vivre ensemble est le propre de la société humaine.

Cheikh Khaled Bentounes, guide spirituel de la voie soufie Alawiya

Le père Barbeau fait quant à lui appel à la tradition chrétienne. « On est reconduit à ce que tous les hommes et toutes les femmes en humanité soient non seulement des personnes à égalité, mais soient des frères et des sœurs », dit-il. Pour Raymond Chrétien, tout est dans l’écoute et l’acceptation de l’autre, peu importe « sa couleur, sa race, ses valeurs ou son lieu d’origine ».

Les instruments de réussite sont-ils d’ordre juridique, éducatif ou culturel?

Raymond Chrétien insiste sur le rôle de l'éducation. « Il appartient aux enseignants et aux enseignantes de l’école primaire d’enseigner aux jeunes les modalités du vivre ensemble », dit-il, ajoutant qu'un cadre juridique global est nécessaire et que les gouvernements doivent légiférer pour encourager le vivre ensemble.

Mais il faut prendre de la hauteur et ne pas rester « dans les règlements », fait toutefois remarquer le père Barbeau, qui insiste sur le dialogue « qui se base sur une expérience mystique », que l'on retrouve dans toutes les traditions spirituelles.

« Il faut lier l’éducation à la vie spirituelle », tranche cheikh Bentounes pour qui il s'agit de « pouvoir nourrir la conscience de l’être humain avec une énergie positive porteuse d’avenir, un message porteur de vie et non de mort ».

La première chose qu’une personne doit respecter, c’est la sacralité de la vie.

Cheikh Khaled Bentounes, guide spirituel de la voie soufie Alawiya

Pour le cheikh Bentounes, il s’agit également de fortifier les liens en portant un regard positif sur l’autre. « L’autre n’est pas forcément mon ennemi. Peut être qu’il ne me comprend pas, peut-être qu’il m’examine, peut-être même qu’il est pour moi un fardeau, mais sans lui je n’existerais pas ».

Le discours du vivre ensemble peut être audible pourvu qu’on lui donne l’espace qu’il mérite, fait remarquer le guide spirituel de la voie soufie Alawiya. « Il faut investir dans la paix », insiste-t-il. La paix, ce n’est pas l’absence de conflits ou de guerres, « c’est un état d’être et c’est celui-là qu’il faut apprendre aux gens ». « Si vous cultivez des chardons dans la tête des gens, vous aurez la violence », souligne-t-il.

« On doit créer une autre histoire »

Le poids historique des colonisations, de l’esclavage et des guerres peuvent ramener à la surface les anciennes rancœurs, reconnait le père Barbeau, « mais la résilience est toujours possible ». Il ne faut pas se cacher derrière cet argument pour se priver des petits gestes qui nous rapprochent les uns des autres, dit-il. Les petits gestes finissent par avoir une résonance et un rayonnement, conclut le père abbé de l'Abbaye Val-Notre-Dame.

Société