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Attentats de Paris : les avocats d’Abdeslam renoncent à le défendre

L'avocat de Salah Abdeslam, Frank Berton, répond aux questions des journalistes.

L'avocat de Salah Abdeslam, Frank Berton, répond aux questions des journalistes.

Photo : Reuters/Gonzalo Fuentes

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les avocats de Salah Abdeslam ont annoncé mercredi qu'ils renonçaient à assurer la défense du jeune djihadiste, dernier survivant du commando responsable des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis.

Frank Berton et Sven Mary estiment que la vidéosurveillance continue imposée à leur client incarcéré à Fleury-Mérogis, près de Paris, est la principale cause de son mutisme et qu'elle est avant tout politique.

« On a décidé l'un et l'autre de renoncer à la défense de Salah Abdeslam, ce n'est pas un abandon, c'est une renonciation », a déclaré Me Berton sur BFM TV.

Nous savons et nous avons la conviction, et il nous l'a dit, qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au silence. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse? Nous avons prévenu, je l'ai dit depuis le premier jour, si mon client reste muet, nous quitterons sa défense.

Une citation de :Frank Berton, avocat de Salah Abdeslam

Frank Berton a dénoncé une décision politique et non juridique pour justifier la surveillance permanente du jeune terroriste. Selon lui, son client « avait des choses à dire et il allait les dire bientôt ».

« On crée un mutisme chez Salah Abdeslam, mais les vraies victimes dans tout ça, c'est les victimes des attentats de Paris, parce qu'elles ont droit à cette vérité et elles ont droit de tenter de comprendre l'incompréhensible », a pour sa part affirmé Sven Mary.

Dans L'Obs, l'avocat belge estime que les conditions de détention du djihadiste « relèvent de la torture psychologique ».

Selon Sven Mary, les « racines du mutisme » de Salah Abdelsam viennent du fait que le procureur de la République de Paris, François Molins, a lu le lendemain de son arrestation le contenu de son audition à la télévision « alors que l'encre de ces procès-verbaux n'est pas encore sèche ».

« Une forme de cynisme »

Salah Abdeslam avait tenté, devant le Conseil d'État, de faire suspendre la vidéosurveillance 24 heures sur 24, dispositif inédit en France, mais il a été débouté fin juillet par la plus haute juridiction administrative.

Pour Olivier Morice, avocat de plusieurs familles de victimes du Bataclan, l'annonce des défenseurs du djihadiste est une « manipulation qui consiste à essayer de présenter Salah Abdeslam comme une victime, de déplacer la réalité du débat judiciaire ».

« C'est un pas en avant tel jour et un pas en arrière un autre jour. Donc, j'imagine parfaitement qu'à un moment donné Salah Abdeslam puisse dire : "Ben tiens aujourd'hui j'ai envie de dire quelque chose à la justice française, demain je ne dirai plus rien parce que mes conditions d'incarcération ne sont pas satisfaisantes" », a-t-il dit sur BFM TV.

« Je dénonce une forme de cynisme de la part de Salah Abdeslam et de ses conseils », a-t-il ajouté.

Samia Maktouf, avocate d'une vingtaine de familles de victimes des attentats du 13 novembre, a estimé que l'essentiel était que le djihadiste arrive « sain et sauf » à son procès.

« Il n'a fait que faire croire qu'il allait coopérer. Aujourd'hui, pour les victimes, bien sûr que c'est ressenti comme du mépris », a-t-elle dit sur France Info.

« Nous continuons à faire confiance à la justice pour que les victimes puissent avoir des réponses précises à une question : pourquoi leurs enfants sont morts le 13 novembre par le fait de ces 13 protagonistes, dont Salah Abdeslam qui est survivant aujourd'hui? », a-t-elle ajouté.

Attentats terroristes à Paris

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