•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Attentats de Paris : les avocats d’Abdeslam renoncent à le défendre

L'avocat de Salah Abdeslam, Frank Berton, répond aux questions des journalistes.

L'avocat de Salah Abdeslam, Frank Berton, répond aux questions des journalistes.

Photo : Reuters/Gonzalo Fuentes

Reuters

Les avocats de Salah Abdeslam ont annoncé mercredi qu'ils renonçaient à assurer la défense du jeune djihadiste, dernier survivant du commando responsable des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis.

Frank Berton et Sven Mary estiment que la vidéosurveillance continue imposée à leur client incarcéré à Fleury-Mérogis, près de Paris, est la principale cause de son mutisme et qu'elle est avant tout politique.

« On a décidé l'un et l'autre de renoncer à la défense de Salah Abdeslam, ce n'est pas un abandon, c'est une renonciation », a déclaré Me Berton sur BFM TV.

Nous savons et nous avons la conviction, et il nous l'a dit, qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au silence. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse? Nous avons prévenu, je l'ai dit depuis le premier jour, si mon client reste muet, nous quitterons sa défense.

Frank Berton, avocat de Salah Abdeslam

Frank Berton a dénoncé une décision politique et non juridique pour justifier la surveillance permanente du jeune terroriste. Selon lui, son client « avait des choses à dire et il allait les dire bientôt ».

« On crée un mutisme chez Salah Abdeslam, mais les vraies victimes dans tout ça, c'est les victimes des attentats de Paris, parce qu'elles ont droit à cette vérité et elles ont droit de tenter de comprendre l'incompréhensible », a pour sa part affirmé Sven Mary.

Dans L'Obs, l'avocat belge estime que les conditions de détention du djihadiste « relèvent de la torture psychologique ».

Selon Sven Mary, les « racines du mutisme » de Salah Abdelsam viennent du fait que le procureur de la République de Paris, François Molins, a lu le lendemain de son arrestation le contenu de son audition à la télévision « alors que l'encre de ces procès-verbaux n'est pas encore sèche ».

« Une forme de cynisme »

Salah Abdeslam avait tenté, devant le Conseil d'État, de faire suspendre la vidéosurveillance 24 heures sur 24, dispositif inédit en France, mais il a été débouté fin juillet par la plus haute juridiction administrative.

Pour Olivier Morice, avocat de plusieurs familles de victimes du Bataclan, l'annonce des défenseurs du djihadiste est une « manipulation qui consiste à essayer de présenter Salah Abdeslam comme une victime, de déplacer la réalité du débat judiciaire ».

« C'est un pas en avant tel jour et un pas en arrière un autre jour. Donc, j'imagine parfaitement qu'à un moment donné Salah Abdeslam puisse dire : "Ben tiens aujourd'hui j'ai envie de dire quelque chose à la justice française, demain je ne dirai plus rien parce que mes conditions d'incarcération ne sont pas satisfaisantes" », a-t-il dit sur BFM TV.

« Je dénonce une forme de cynisme de la part de Salah Abdeslam et de ses conseils », a-t-il ajouté.

Samia Maktouf, avocate d'une vingtaine de familles de victimes des attentats du 13 novembre, a estimé que l'essentiel était que le djihadiste arrive « sain et sauf » à son procès.

« Il n'a fait que faire croire qu'il allait coopérer. Aujourd'hui, pour les victimes, bien sûr que c'est ressenti comme du mépris », a-t-elle dit sur France Info.

« Nous continuons à faire confiance à la justice pour que les victimes puissent avoir des réponses précises à une question : pourquoi leurs enfants sont morts le 13 novembre par le fait de ces 13 protagonistes, dont Salah Abdeslam qui est survivant aujourd'hui? », a-t-elle ajouté.

Attentats terroristes à Paris

International