•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un lien de confiance une fois de plus brisé entre l'Église catholique et l'Acadie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les allégations d'agressions sexuelles qui s'additionnent contre des prêtres au Nouveau-Brunswick secouent une fois de plus l'Église catholique en Acadie.

Au cours des trois derniers mois, cinq avis de poursuite ont été déposés contre des diocèses et des prêtres de divers endroits dans la province.

Les prêtres de la région tentent d'encaisser ces nouvelles poursuites alors qu'ils travaillent toujours à rebâtir des liens de confiance déjà affaiblis par d'autres histoires de la sorte.

Patrick McGraw

Patrick McGraw

Photo : Radio-Canada/Gilles Boudreau

Pour le curé de la paroisse Saint-Pierre de Lamèque, Patrick McGraw, un jeune prêtre de 33 ans, il s'agit d'un coup dur pour lui qui tente de donner un nouveau souffle à l'Église dans la région.

« Vous savez, souvent les gens nous placent dans le même panier, nous disent bon bien c'est des prêtres, ils ont abusé, est-ce que lui aussi l'est. Ça vient toujours taper sur l'Église, sur qu'est-ce qu'on représente. C'est difficile pour nous, moi surtout comme jeune prêtre quand je vois ça », confie-t-il.

Pour le vicaire général au diocèse de Bathurst, le père Wesley Wade, c'est toute la famille de l'Église qui est affectée lorsque de tels événements surviennent, une Église qui se montre telle qu'elle est, dans sa fragilité et ses blessures, précise-t-il.

« Il y a tout l'aspect légal que je ne peux pas commenter aujourd'hui, mais je me situe au niveau de l'Église, des gens qui entendent ça, on dirait que ça touche tout le monde dans le fond. Ça touche la crédibilité aussi. Il y a toujours un danger de généralisation », explique-t-il.

Le père Wesley Wade, vicaire général au diocèse de Bathurst

Le père Wesley Wade, vicaire général au diocèse de Bathurst

Photo : RADIO-CANADA/FRANÇOIS VIGNEAULT

Le père McGraw et un membre du diocèse de Moncton doutent que l'Église ait les reins assez solides pour continuer à absorber des cas semblables.

Les procédures judiciaires coûtent très cher et l'Église risque ni plus ni moins ne plus avoir d'argent.

Des fidèles attristés

Jeanelle Paulin est très impliquée dans son église.

Jeanelle Paulin, paroissienne de Bathurst

Photo : RADIO-CANADA/FRANÇOIS VIGNEAULT

Richard Francoeur, très impliqué dans son église à Bathurst, condamne les gestes posés par les prêtres pédophiles. Il prévient toutefois de ne pas placer tous les prêtres dans le même bateau.

« Je trouve que nos prêtres qui ne se sont pas coupables sont pointés du doigt, ça fait qu'ils passent au même niveau que les prêtres qui le font. Et je trouve que c'est vraiment dommage »

Une autre paroissienne de Bathurst, Jeanelle Paulin, se dit désolée pour les victimes. Elle invite cependant les croyants à ne pas délaisser leur foi et leur église pour autant.

« On ne devrait pas aller à l'église pour le prêtre, on devrait aller à l'église pour soi-même », affirme Mme Paulin.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc et François Vigneault

Acadie

Crimes et délits