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Un spécialiste critique la décision de rebâtir un quartier de Fort McMurray en zone inondable

Le quartier de Waterways après le feu de forêt qui a ravagé la ville de Fort McMurray début mai.

Le quartier de Waterways après le feu de forêt qui a ravagé la ville de Fort McMurray début mai.

Photo : Chris Wattie/Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un hydrologue critique fermement la décision du gouvernement albertain de permettre la reconstruction de maisons dans le quartier Waterways de Fort McMurray, situé en zone inondable, après l'immense brasier qui a ravagé près de 90 % de ce quartier en mai.

John Pomeroy dit que le gouvernement semble faire preuve de compassion en autorisant la reconstruction. « La vraie compassion, ce serait de ne pas construire dans les zones inondables », lance celui qui est directeur du Centre d'hydrologie de l'Université de la Saskatchewan et de la Chaire du Canada en ressources hydrauliques et en changements climatiques.

« Il n'y a pas que les dommages à la propriété, mais il y a aussi des pertes de vie humaines et des problèmes de santé qui résultent des inondations, alors éviter ces situations est de loin la meilleure solution », lance-t-il.

Le quartier Waterways est un des plus vieux de Fort McMurray. En mai, 90 % du quartier a été détruit pas l'immense feu de forêt qui a ravagé la région.

La reconstruction du quartier était en suspens parce qu'il est situé dans une zone inondable. La municipalité régionale de Wood Buffalo a sondé les résidents pour savoir ce qu'ils préféraient qu'il advienne et la majorité s’est prononcée en faveur de demeurer sur place.

John Pomeroy est directeur du Centre en hydrologie de l'Université de la SaskatchewanAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Pomeroy est directeur du Centre en hydrologie de l'Université de la Saskatchewan

Photo : ICI RADIO-CANADA

Mardi, le conseil municipal de Wood Buffalo a finalement confirmé que les résidents pourraient reconstruire leurs maisons dans le quartier.

John Pomeroy déplore cette décision, parce que la zone est sujette aux inondations et qu'avec les changements climatiques, il prévoit une augmentation des événements climatiques extrêmes. « Nous avons les données scientifiques qui prouvent cela depuis un demi-siècle. Cela prend de la volonté politique pour faire les choix difficiles, mais il est sage de ne pas construire dans les zones inondables ».

Une digue sera construite

La municipalité planifie construire une digue qui devrait protéger le quartier durant les crues saisonnières.

Avant d'avoir le droit de reconstruire, les résidents doivent signer des documents indiquant qu'ils comprennent les risques d'avoir une maison en zone inondable, malgré tout ils pourraient tout de même être couverts par de l'aide provinciale en cas d'inondation.

Rob MacDonald a perdu sa maison mobile dans le quartier Waterways et demeure actuellement au Nouveau-Brunswick où il travaille. Il souhaite rebâtir le plus rapidement possible. « Pour moi, c'est simple. La vie doit suivre son cours, cela a déjà pris trop de temps », dit-il.

Rob MacDonald a déménagé dans le quartier Waterways en 2012, un an après qu'une douzaine de maisons aient été endommagées par des inondations. « En ce qui me concerne, je suis prêt à courir le risque et à reconstruire une maison et je ne peux pas croire qu'il puisse y avoir des problèmes ».

Depuis l'an 2000, le Canada a dépensé plus d'un milliard de dollars en prévention des inondations selon John Pomeroy.

Selon les informations de Briar Stewart

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