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L'ouragan Matthew fait au moins 478 morts en Haïti

Dans le sillage de Matthew
Radio-Canada

Avant de se diriger vers le sud-est des États-Unis, l'ouragan Matthew a semé la mort et la désolation derrière lui. Au moins 482 personnes ont perdu la vie dans son sillage, soit 478 en Haïti et 4 en République dominicaine.

Ce nouveau bilan des autorités locales en Haïti inclut « plusieurs douzaines » de victimes dans une ville de la péninsule sud qui n'a pu être atteinte par les secouristes que plusieurs jours après le passage de l'ouragan.

Haïti, qui peine à se relever du tremblement de terre de 2010, est frappé de plein fouet. Dans le département du Sud, qui compte 700 000 habitants, 80 % des habitations ont été endommagées et 11 000 personnes ont trouvé refuge dans des abris de fortune, selon les autorités locales.

Quelque 350 000 sinistrés ont besoin d'une aide immédiate, selon un porte-parole du secrétaire général de l'ONU, qui cite le gouvernement haïtien.

Des gens se recueillent autour d'une victime de l'ouragan Matthew.Des gens se recueillent autour d'une victime de l'ouragan Matthew. Photo : Radio-Canada/Thomas Gerbet

La ville de Jérémie a été particulièrement touchée. « Environ 80 % des bâtiments sont rasés. Toutes les lignes téléphoniques et électriques sont coupées. Tout comme l'accès [à la ville] et les gens seront bientôt à court de nourriture et d'argent », selon Jean-Michel Vigreux, directeur de CARE Haïti.

La situation est similaire aux Cayes, explique l'envoyé spécial de Radio-Canada en Haïti, Philippe Leblanc, à ICI RDI. Le toit de la cathédrale de cette troisième ville du pays a été totalement emporté, d'après une journaliste de l'AFP.

Un véhicule utilitaire sport enlisée à Petit-Goâve.Des centaines d'Haïtiens et de très nombreux véhicules font la file pendant des heures pour traverser la rivière de boue qui bloque l’accès au sud-ouest du pays, après l'effondrement d'un pont à Petit-Goâve. Photo : Thomas Gerbet/Radio-Canada

Plusieurs villes sont privées d'électricité et isolées en raison de pannes de communications cellulaires, rapporte notre envoyé spécial.

Outre les habitations et les infrastructures routières, plusieurs plantations de bananiers et de manguiers ont été totalement ravagées.

Un pont a été emporté sur la seule route qui relie la capitale, Port-au-Prince, au sud-ouest de l'île. La rupture de ce lien entre la capitale et cette partie du pays nuit aux efforts des organismes humanitaires pour acheminer des vivres aux sinistrés.

Ottawa prêt à débloquer 3 millions de dollars

La ministre fédérale du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a indiqué en point de presse qu'une équipe spéciale a été dépêchée en Haïti pour évaluer les besoins sur place.

Elle a fait savoir que le gouvernement fédéral disposait d'une enveloppe de 3 millions de dollars pour venir en aide aux sinistrés. Mais avant de débloquer cet argent, Ottawa aimerait connaître les priorités de la Croix-Rouge et de l'ONU ainsi que les recommandations de l'équipe spéciale envoyée en Haïti.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a lancé de son côté un appel de fonds de 6,9 millions de dollars pour financer une aide d'urgence à 50 000 Haïtiens.

« Nous sommes extrêmement inquiets pour la sécurité, la santé et le bien-être des femmes, hommes et enfants qui ont été touchés, particulièrement dans les villes et villages isolés », a déclaré Ines Brill, directrice de l'IFRC pour les Caraïbes.

À regarder : Mathieu Papillon s'est entretenu avec deux jeunes Montréalais qui ont de la famille en Haïti.

« La situation des principales villes est catastrophique »

La situation a été particulièrement difficile dans le département de Grande Anse, qui a été coupé du reste du monde pendant plus de 18 heures.

« Nous avons pu brièvement entrer en contact avec la ville de Jérémie [chef-lieu du département de Grande Anse], mais nous n'avons pas encore de nouvelles des autres communes », s'est inquiété mercredi le porte-parole de la protection civile haïtienne. 

Une femme traverse à pied un cours d'eau à Petit-Goâve.Une femme traverse à pied un cours d'eau à Petit-Goâve. Photo : Radio-Canada/Thomas Gerbet

« La situation des principales villes [haïtiennes] est catastrophique », s'est inquiété le président par intérim, Jocelerme Privert.

Avec les inondations et le débordement de plusieurs rivières, le gouvernement haïtien craint la résurgence du choléra, d'autant plus que huit nouveaux cas ont été recensés.

Le gouvernement haïtien estime qu'il existe un risque d'épidémie, comme celle qui a frappé le pays lors du séisme de 2010, qui a fait 200 000 morts, mais il ajoute que le ministère de la Santé et les organismes humanitaires sont mieux préparés à faire face à la menace.

Une file d'attente avant le pontDes Haïtiens font la file en attendant de passer la rivière près de Petit-Goâve où le pont est tombé. Photo : Christine Tremblay/Radio-Canada

Après avoir quitté Haïti, l'ouragan Matthew a poursuivi sa route vers Cuba, où il a déversé ses pluies et déployé ses vents. Baracoa, la plus ancienne ville du pays, serait en ruine, selon les habitants de la région.

« Les maisons coloniales du centre qui sont si jolies ont été détruites », a déclaré à l'AFP une employée de maison de 35 ans, Quirenia Peres. Fondée il y 500 ans, la ville ne déplore toutefois aucune victime, selon le général Ramon Espinoza.

Matthew est repassé jeudi au rang d'ouragan de catégorie 4, au moment où il balayait le centre de l'archipel des Bahamas et s'apprêtait à foncer sur la Floride et la Caroline du Nord, aux États-Unis. La tempête générait jeudi midi des vents soutenus de 220 km/h.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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