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Déversement d'eaux usées à Windsor : polluant, mais inévitable

De l'eau repose dans un bassin à ciel ouvert qui est en train d'être décontaminée biologiquement
Bassin de traitement secondaire à l'usine de traitement des eaux usées Little River à Windsor Photo: Radio-Canada/Marine Lefèvre
Radio-Canada

Le déversement de 320 millions de litres d'eaux usées partiellement traitées dans la rivière Détroit lors des inondations à Windsor et Tecumseh était peut-être inévitable, il n'en demeure pas moins polluant selon certains experts.

Un texte de Nicolas PhamTwitterCourriel

Sarah Dorner, professeure à Polytechnique Montréal, est titulaire de la chaire de recherche du Canada en protection des sources d'eau potable.

Selon elle, les millions de litres d'eaux usées partiellement traitées et rejetées dans la rivière Détroit ont posé un risque sérieux pour la santé humaine.

Si on se baigne dans l'eau contaminée par les eaux usées, on peut être exposé à des virus, mais aussi des bactéries et des parasites, qui peuvent nous rendre malades encore plus longtemps

Sarah Dorner, professeure à Polytechnique Montréal, est titulaire de la chaire de recherche du Canada en protection des sources d'eau potable

Le danger a toutefois été assez bref selon elle, puisque le volume et le débit de la rivière ont assez rapidement dilué les pathogènes présents dans l'eau déversée.

Interdit au Québec, permis en Ontario

Les 320 millions de litres d'eaux usées qui ont été détournés vers la rivière Détroit ont été partiellement traités : ils ont été filtrés pour en retirer les grosses particules, et injectés d'hypochlorite de sodium.

Ce dérivé du chlore, présent dans l'eau de Javel par exemple, est chargé de tuer les bactéries et les virus, mais il n'est pas efficace contre certains parasites selon Sarah Dorner.

Un moratoire interdit la chloration des eaux usées au Québec depuis les années 1980, en raison des risques que pose le produit chimique pour la vie aquatique.

Aucune interdiction du genre n'est en vigueur en Ontario.

Un déversement inévitable

Lors des inondations, la priorité de Windsor était de contrer autant que possible le refoulement des eaux usées jusque dans les résidences, selon Chris Manzon, directeur du Contrôle de la pollution.

Le détournement était donc inévitable, puisque les risques posés par le refoulement vers les résidences dépassaient ceux pour la santé publique d'un déversement temporaire dans la rivière.

C'est sûr que ça augmente la quantité de bactéries dans l'eau en aval, et que ça n'est pas idéal. Mais les détournements d'eaux usées font partie de la vie dans toutes les usines de traitement du monde, malheureusement

Chris Manzon, directeur, Contrôle de la pollution

L'usine de traitement qui fournit Windsor en eau potable, l'usine Albert H. Weeks, se trouve justement en aval de l'endroit où les eaux usées partiellement traitées ont été déversées la semaine dernière.

La population tenue à l'écart

Le ministère ontarien de l'Environnement et de l'Action en matière de changements climatiques affirme qu'il « travaille étroitement avec les autorités concernées pour contrôler la situation et minimiser les impacts sur l'environnement ».

Le ministère ne veut toutefois pas expliquer quelles sont les actions entreprises par lui ou par la Ville de Windsor en ce sens.

Le Contrôle de la pollution de Windsor est tenu d'aviser l'usine de traitement d'eau potable de la municipalité lors d'un détournement d'eaux usées, mais aucun avertissement n'a été adressé à la population.

Ainsi, le public était toujours autorisé à se baigner dans la rivière Détroit au moment du déversement, même si le contexte de précipitations diluviennes aura agi naturellement contre ce type de loisir la semaine dernière.

Toronto

Environnement