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Yes, hello?! La circonscription d'Ottawa-Vanier s'anglicise-t-elle?

La circonscription d'Ottawa-Vanier

La circonscription d'Ottawa-Vanier

Photo : Radio-Canada / Chantal Mainville

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À une époque pas si lointaine, il suffisait qu'un candidat gagne la confiance d'une majorité de francophones dans la circonscription d'Ottawa-Vanier pour que ses chances de remporter les élections soient solides. Cette époque tire à sa fin...

Un texte de Angie BonenfantTwitterCourriel

Selon des données obtenues par ICI Ottawa-Gatineau, il y a de moins en moins de personnes qui vivent en français et qui parlent la langue de Molière dans la circonscription de feu Mauril Bélanger.

Non seulement le poids démographique des électeurs francophones y est en baisse depuis les 20 dernières années, mais leur nombre absolu, lui aussi, diminue.

Cette diminution n'a rien de catastrophique, selon des experts à qui nous avons parlé, mais la tendance est suffisamment inquiétante pour soulever certaines questions.

Ottawa-VanierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ottawa-Vanier

Photo : Radio-Canada / Chantal Mainville

Langue le plus souvent parlée à la maison

Tout d'abord, les chiffres.

En 1996, selon Statistique Canada, la langue le plus souvent parlée à la maison était le français pour 28,9 % des résidents de la circonscription d'Ottawa-Vanier. En 2011, ce taux avait baissé à 23,8 %.

La langue d'usage demeure essentiellement l'anglais pour une majorité de résidents de cette circonscription.


Langue maternelle

Dans le même ordre d'idée, la première langue apprise à la maison et encore comprise par les résidents d'Ottawa-Vanier est de moins en moins le français.

Au recensement de 1996, 34,8 % des résidents avaient indiqué le français comme langue maternelle contre 29,2 %, en 2011.


Première langue officielle parlée

Également, en 1996, 35,5 % des résidents d'Ottawa-Vanier ont indiqué pouvoir soutenir une conversation en français seulement. Ce taux est passé à 30,6 %, en 2011.


Ottawa-Vanier dans une classe à part

Toutes les variables indiquent que le français dans la circonscription d'Ottawa-Vanier perd du terrain au détriment des autres langues. Depuis 1996, cette tendance s'accentue un peu plus chaque année.

Curieusement, la courbe démographique des francophones d'Ottawa-Vanier ne suit pas celle observée ailleurs au pays, a souligné Jean-François Lepage, spécialiste des questions linguistiques à Statistique Canada.

« Pour ce qui est des francophones à l'extérieur du Québec [Rest of Canada ou ROC], la tendance est à la baisse pour ce qui est du poids démographique, mais ce n'est pas à la baisse pour le compte de population, c'est-à-dire le nombre », a-t-il expliqué.

« Dans Ottawa-Vanier, la particularité, c'est qu'il y a non seulement une baisse du poids démographique, mais aussi une baisse du nombre de francophones. »

Un homme dépose son vote dans une urne de scrutin.     Photo : Getty Images/AlijaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un homme dépose son vote dans une urne de scrutin. Photo : Getty Images/Alija

Des effets électoraux

« Les changements des 20 dernières années ont donné un nouveau visage démographique tant dans les circonscriptions fédérale que provinciale », a indiqué de son côté Gilles LeVasseur professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa.

« Il y a une baisse marquée des francophones dans la circonscription et cela a un impact sur le poids démographique des francophones dans le processus électoral », ajoute-t-il.

Autrefois, les francophones savaient qu'on pouvait se regrouper [...] appuyer un candidat d'un parti politique donné et être certains que ce candidat-là soit élu. Aujourd'hui, c'est moins le cas!

Une citation de :Gilles LeVasseur, professeur de droit, Université d'Ottawa

Ceux et celles qui désirent remplacer Mauril Bélanger et Madeleine Meilleur ne peuvent pas passer cette réalité sous silence, a soutenu M. LeVasseur.

Il ne suffit plus de compter uniquement sur les francophones pour se faire élire, dit-il, il faut aussi chercher le vote des nouveaux arrivants et des anglophones... et traiter des enjeux qui les concernent.

Une portion du chemin Montréal, dans le quartier Vanier à Ottawa, où il y a plusieurs centres de prêts sur salaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une portion du chemin Montréal, dans le quartier Vanier à Ottawa, où il y a plusieurs centres de prêts sur salaire.

Photo : Google map

Où sont les francophones?

Comment expliquer cette nouvelle réalité démographique? Gilles LeVasseur a trois explications :

1. Forts de nouveaux rangs social et économique, les francophones ont délaissé la circonscription d'Ottawa-Vanier pour s'établir ailleurs en banlieue, à Orléans, par exemple.

2. Beaucoup de nouveaux arrivants ont pris leur place, afin de profiter de la disponibilité des logements abordables. « Lorsque vous regardez le prix des logements, il y a des opportunités pour les gens qui veulent élever une famille », souligne M. LeVasseur.

3. Toute une cohorte de citoyens, pas nécessairement francophones, a choisi de s'installer dans la circonscription pour profiter de la proximité du centre-ville et de la possibilité de se rendre au travail en autobus ou en vélo.

Des chiffres à la réalité

Sur le terrain, Chris Penton, le président de l'Association communautaire de Vanier, constate effectivement que sa clientèle est de plus en plus anglophone et multiculturelle.

« À Vanier, nous avons beaucoup de membres de la communauté autochtone et de nouveaux arrivants », a-t-il souligné.

Les résidents de Vanier font surtout appel à son association pour des problèmes liés au développement des édifices, des problèmes sociaux ou de crimes. Très peu le sollicitent pour des enjeux liés à la francophonie.

« La communauté de Vanier a beaucoup changé », a-t-il rappelé. La preuve, c'est que son association est dirigée par un anglophone, a-t-il souligné, faisant référence à ses propres origines... chose impensable, à une époque pas si lointaine.

Précision: Dans le reportage diffusé au Téléjournal Ottawa-Gatineau, il a été mentionné que seul le Parti conservateur avait déjà choisi son candidat en la personne d'André Marin. Notez bien que le candidat du Nouveau parti démocratique a, également, déjà été choisi. Son nom est Claude Bisson. Nathalie Des Rosiers et Lucille Collard tentent chacune de remporter l'investiture au Parti libéral qui aura lieu le 15 octobre. 

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