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Prix sur le carbone : Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse claquent la porte 

Margaret Miller

Margaret Miller

Photo : La Presse canadienne / PC/Ryan Remiorz

Radio-Canada

Les ministres de l'Environnement de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador ont quitté abruptement une réunion fédérale-provinciale sur les changements climatiques.

Les deux ministres de l'Atlantique, avec celui de la Saskatchewan, n'ont pas apprécié la décision du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, d'annoncer à la Chambre des communes que le gouvernement fédéral imposerait un prix de 10 $ la tonne dès 2018, qui augmentera de 10 $ chaque année pour atteindre 50 $ en 2022.

Au même moment, ces derniers participaient à la conférence canadienne des ministres l'Environnement à Montréal, durant laquelle ils devaient tenter de s'entendre sur un plan sur le climat.

La ministre de l'Environnement de la Nouvelle-Écosse, Margaret Miller, soutient que sa province avait déjà réduit ses émissions, qu'elle avait déjà fait sa part et qu'elle était toujours prête à en faire davantage.

« Nous avons du mal à comprendre d'où est venu le message du premier ministre et ce qui va se passer maintenant. Nous allons retourner à la maison et parler à notre premier ministre et voir quelles sont nos prochaines étapes », a déclaré la ministre Miller.

Le gouvernement McNeil a répété à plusieurs reprises avoir espoir que la Nouvelle-Écosse soit épargnée d'un prix du carbone parce que la province a adopté une stratégie d'énergie renouvelable dispendieuse comme l'énergie éolienne, qui est intégrée dans les tarifs d'électricité. Les tarifs ont augmenté de 62 % depuis 2005.

« Nous voulons aider à atteindre l'objectif national du gouvernement fédéral, mais nous avons besoin d'une solution qui reconnaît nos résultats, et qui ne punira pas le portefeuille des Néo-Écossais, qui paient déjà parmi les tarifs les plus élevés au pays pour l'électricité », a déclaré la ministre Miller.

L'argument n'a pas convaincu Ottawa, qui a donné à la Nouvelle-Écosse jusqu'en 2018 pour adopter un système de plafonnement et d'échange ou encore une taxe sur le carbone.

Le gouvernement fédéral dit que la province n'a pris aucune mesure pour faire face au prix du carbone sur les combustibles liquides tels que l'essence et l'huile de chauffage domestique.

Le ministre Trimper n'est pas contre « le contenu »

Perry Trimper

Perry Trimper

Photo : CBC

Le ministre de l'Environnement de Terre-Neuve-et-Labrador, Perry Trimper, regrette pour sa part que cette annonce ait un impact direct sur les recommandations que les ministres de l'Environnement allaient proposer à Montréal, après avoir tenu une séance spéciale sur les changements climatiques et quatre tables de concertation.

« Depuis 10 ans, les provinces et territoires ont fait beaucoup de progrès et se voir imposer une politique, cela va à l'encontre de nos principes », ajoute-t-il.

La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, a défendu son chef d'avoir brisé l'unité des provinces, mais elle a reconnu que les discussions étaient difficiles et qu'il fallait continuer à faire avancer les choses.

« Je suis tellement fière du progrès que nous avons fait aujourd'hui. C'est certain, la discussion sur le prix sur le carbone était difficile pour certaines des provinces, mais on a fait des progrès sur un plan pancanadien sur d'autres éléments qui sont tellement importants », a-t-elle dit.

Le ministre Trimper affirme que sa province peut travailler avec le plan imposé lundi par le premier ministre du Canada.

« Il y a des éléments, cependant, qui provoquent une certaine inquiétude, donc nous voulions entrer dans les nuances de certaines formulations, mais ce sera pour une autre fois. Mais tout à coup, nous avions une politique qui nous a été présentée aujourd'hui qui était complètement différente de celle à l'ordre du jour », a déclaré M. Trimper.

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Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld/Canadian Press/file photo

Ce dernier affirme avoir demandé l'ajournement de la rencontre parce qu'il sentait que certains collègues ministres étaient troublés par le moment de l'annonce.

« Je ne pense pas que vous trouverez un grand nombre d'entre nous qui avons un problème nécessairement avec le contenu, c'est juste le moment et la façon dont ç'a été annoncé », dit-il.

Interrogé pour savoir s'il a quitté la réunion au début parce qu'il était mécontent, M. Trimper a dit qu'il a agi selon les directives du premier ministre Dwight Ball.

« J'ai serré la main de tout le monde dans la salle. Ils sont tous de bons amis là-bas et ils respectent tous la tâche à accomplir », dit-il.

Pour Justin Trudeau, l'imposition sur le carbone représente un moyen efficace pour diminuer les émissions de CO2 et rendre les entreprises plus compétitives.

« L'économie mondiale est de plus en plus propre et le Canada ne peut pas se permettre de rester à la traîne », a-t-il insisté.

Acadie

Changements climatiques