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Santé mentale : une adolescente dénonce le manque de ressources avant de se suicider

Jaedra Winter avait 17 ans lorsqu'elle s'est suicidée.

Jaedra Winter avait 17 ans lorsqu'elle s'est suicidée.

Photo : Jaedra Winter / Facebook

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une adolescente de 17 ans s'est suicidée et a laissé derrière elle une lettre pour dénoncer le manque de service en santé mentale au Manitoba. Plusieurs spécialistes se plaignent aussi de l'absence de ressources suffisantes, notamment au sein de la communauté francophone.

Jaedra Winter n'avait que 17 ans lorsqu'elle s'est suicidée en juin 2015. Avant de s'enlever la vie, l'adolescente avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide et était retournée vivre chez ses parents.

Sa mère, Melissa Winter dit qu'elle devait surveiller sa fille 24 heures sur 24 pour éviter qu'elle ne passe à l'acte. Elle aurait aimé qu'elle soit hospitalisée, mais ce service n'était pas disponible pour sa fille dans la province.

Elle dormait avec moi dans mon lit. Je ne pouvais même pas prendre une douche complète. Il fallait toujours que je sorte un petit peu avant pour voir si elle était bien en train de dormir.

Une citation de :Melissa Winter

Mme Winter souhaite maintenant faire de la sensibilisation sur les questions de santé mentale. Elle envisage de créer un évenement annuel afin d'honnorer la mémoire de sa fille. 

Manque de ressources

Selon Laurence Katz, les consultations psychiatriques ont été multipliées par cinq depuis 1998 à l'Hôpital pour enfants de Winnipeg.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon Laurence Katz, les consultations psychiatriques ont été multipliées par cinq depuis 1998 à l'Hôpital pour enfants de Winnipeg.

Photo : iStock / Bob Self

La directrice médicale du service de santé mentale des enfants et des adolescents au Centre des sciences de la santé, Laurence Katz, constate une forte augmentation des besoins en santé mentale.

Lors de son arrivée à l'Hôpital pour enfants de Winnipeg, en 1998, il n'y avait que 250 consultations psychiatriques par an.

L'an passé, Mme Katz dit qu'il a eu plus de 1300 consultations, soit près de cinq fois plus.

La province soutient que les initiatives en santé mentale représentent actuellement 5 % de ses dépenses dans le domaine de la santé.

Le défi des services en français

La question des ressources en santé mentale est tout aussi problématique dans la communauté francophone.

La professeure au département des sciences expérimentales à l'Université de Saint-Boniface, Danielle de Moissac, avait collaboré en 2014 à une étude sur les dispositifs de soutien chez les jeunes adultes francophones en milieu minoritaire.

Danielle de MoissacAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Danielle de Moissac

Photo : Radio-Canada

En 2014, Danielle de Moissac avait coréalisé une étude sur les dispositifs de soutien chez les jeunes adultes francophones en milieu minoritaire.

L'étude avait révélé que dans la plupart des cas, les ressources étaient peu nombreuses, et souvent peu connues des jeunes.

En tant que professeure, Mme de Moissac dit voir de plus en plus d'étudiants en détresse se présenter à son bureau.

Ils se ramassent dans nos bureaux. On veut les aider, c'est certain, mais on n'est pas formé pour les aider et on n'est pas les meilleures personnes.

Une citation de :Danielle de Moissac, Université de Saint Boniface

La professeure précise que pour des questions la santé mentale, il est crucial de pouvoir s'exprimer dans sa langue maternelle. « Quand on parle du coeur, les expressions qui nous sont chères, la façon de s'exprimer, ça va essentiellement sortir dans notre langue maternelle », explique-t-elle.

Selon l'organisme Santé en français, il n'y aurait que six psychologues qui se seraient identifiés comme francophones auprès de l'Association des psychologues du Manitoba.

Si vous êtes en situation de détresse, ou que vous connaissez quelqu'un qui l'est, contactez la ligne Jeunesse, J'écoute offerte aux jeunes du Manitoba, au 1-800-668-6868.

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