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Rafle des années 60 : les survivants méritent-ils leur propre enquête nationale?

Des survivants de la Rafle des années 60 manifestent dans les rues de Winnipeg.

Des survivants de la Rafle des années 60 manifestent dans les rues de Winnipeg.

Photo : CBC/Megan Fiddler

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des survivants de la Rafle des années 60 sont rassemblés à Winnipeg pour réclamer la tenue d'une enquête nationale sur cette page sombre de l'histoire du Canada.

Un texte de Christianne HacaultTwitterCourriel

Connue en anglais sous le nom de « Sixties Scoop », cette politique gouvernementale a arraché des milliers d'enfants autochtones à leur famille pour les faire adopter par des familles blanches au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Des enfants comme Lori Ann O'Cheek, qui a été enlevée dans la communauté métisse de Camperville, au Manitoba, puis adoptée par une famille juive au Vermont. « Ma mère nous disait toujours de nous méfier des étrangers et des voitures qu'on ne reconnaissait pas, se souvient-elle. Elle nous disait qu'il fallait courir le plus rapidement possible et se cacher dans les bois jusqu'à ce qu'elle vienne nous chercher. »

Un jour, des représentants des services sociaux ont frappé à la porte. Plusieurs membres de sa famille ont réussi à se cacher, mais Lori Ann, qui n'avait que deux ans et demi, n'a pas eu la même chance. 

J'ai essayé de me sauver, mais j'étais trop petite.

Une citation de :Lori Ann O'Cheek

Lori Ann O'Cheek n'a pas encore réussi à retracer tous les membres de sa famille qui, comme elle, ont été enlevés lors de la Rafle. « Il y a encore beaucoup d'enfants qui manquent à l'appel. Nous essayons toujours de les trouver pour qu'ils puissent rentrer à la maison. »

L'ancien ministre des Affaires autochtones du Manitoba, Eric Robinson, croit que les survivants de la Rafle des années 60 méritent une enquête nationale, tout comme les survivants des pensionnats ont eu droit à la Commission de vérité et réconciliation.

« Les survivants de la Rafle des années 60 méritent le même niveau de respect que les survivants des pensionnats », estime M. Robinson, lui-même survivant des pensionnats autochtones. « Ceux qui ont été adoptés - arrachés à leur famille, leur communauté - étaient dans une situation pire que la nôtre parce que dans les pensionnats, à tout le moins, nous étions ensemble. Eux autres, ils n'avaient même pas la chance d'avoir un autre visage brun dans leur entourage. »

Dans plusieurs cas, ils ont carrément volé et vendu des enfants autochtones.

Une citation de :Eric Robinson, ancien ministre des Affaires autochtones du Manitoba

Même si le dépôt de recours collectifs permettra de mettre en lumière certains aspects du programme, Eric Robinson croit qu'une enquête est nécessaire pour qu'il soit possible d'évaluer l'étendue réelle de cette politique gouvernementale.

« Nous appelons ça la Rafle des années 60, mais ça s'est poursuivi jusque dans les années 1980, rappelle M. Robinson. Nous ne savons même pas combien d'enfants ont été adoptés. [...] Je ne pense pas que les Manitobains, les Canadiens, comprennent vraiment les conséquences de ces adoptions forcées sur les peuples autochtones. »

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