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Les grizzlys menacés par des pièges écologiques, selon une étude

Un ours grizzly.

Un ours grizzly.

Photo : Yves Herman / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une nouvelle étude de l'Université de l'Alberta révèle que les populations de grizzlys diminuent de manière dramatique à cause des pièges écologiques, soit des zones non adaptées à eux, comme les endroits où habitent les humains.

Un texte de Camille MartelTwitterCourriel

L'auteur principal de l'étude, le biologiste Clayton Lamb, révèle que dans les environs de la municipalité de Fernie, en Colombie-Britannique, près de la frontière albertaine, la population de grizzlys a chuté de près de 40 %. 

Qu'est-ce qu'un piège écologique?

  • Un piège écologique est un endroit qui attire une espèce animale due à ses ressources et à son accessibilité, comme des municipalités, des villes ou des décharges, mais qui lui est ultimement fatal.
  • Puisque la plupart des animaux qui pénètrent dans le piège meurent, cela fait en sorte que d'autres animaux viennent les remplacer, entraînant une impasse.

L'étude révèle que les régions peuplées par des grizzlys et où l'homme s'est installé font grimper de 17 % les risques de mortalité pour les grizzlys. De plus, les grizzlys qui peuplent des zones définies comme étant des pièges écologiques voient leur population diminuer de 8 % par année. 

Le chercheur explique que le fait que plusieurs grizzlys meurent dans les municipalités fait en sorte que cela crée des territoires vacants pour d'autres grizzlys qui, à leur tour, vont mourir à cause de la présence humaine. 

C'est une boucle sans fin.

Clayton Lamb, auteur principal de l'étude

Les endroits peuplés par des humains attirent les grizzlys puisqu'on y retrouve non seulement une concentration importante d'arbres fruitiers, la nourriture de prédilection du grizzly, mais aussi de la nourriture humaine, indique l'étude. 

Grâce à un suivi intensif de plusieurs années, l'étude a démontré que 68 % des mortalités de grizzlys n'étaient pas causées par la chasse, mais plutôt par une interaction avec l'homme. 

Par exemple, 54 % des mortalités sont dues à des collisions avec des véhicules ou des trains et 46 % sont dues à des interactions avec l'homme qui ont résulté en ce que l'animal soit abattu, de façon légale et illégale dans certains cas. 

Seulement à Fernie, cinq grizzlys ont été tués le mois dernier puisqu'ils avaient effrayé des humains.

Clayton Lamb, auteur principal de l'étude 

Clayton Lamb et son équipe n'ont pas terminé leurs recherches sur les grizzlys. Ils sont toujours sur le terrain afin de mieux comprendre comment ils pourraient séparer les grizzlys des humains.

Des pièges touchant plusieurs espèces 

L'histoire a démontré que plusieurs espèces de grands carnivores se sont retrouvées dans des pièges écologiques, explique Clayton Lamb. C'est une des premières causes de mortalité pour celles-ci, ajoute-t-il. 

Bien que l'étude ait été réalisée le long de la vallée Elk en Colombie-Britannique, les résultats sont applicables à toute autre région peuplée par des grizzlys et où il y a des pièges écologiques.

Les grizzlys sont présents dans l'Ouest canadien et dans le nord du continent, soit en Alberta, en Colombie-Britannique, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et en Alaska. On retrouve aussi une petite population dans le parc Yellowknife, aux États-Unis.

L'ours grizzly est considéré comme une espèce dont le statut est préoccupant, selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Une espèce avec ce statut est sensible aux activités humaines ou aux événements naturels, mais elle n'est toutefois pas en péril ou menacée.

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