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Une baisse record des ventes d'albums inquiète en Acadie

Radio-Canada

Les ventes d'albums ont diminué de plus de 25 % en un an au Québec. Des chiffres qui inquiètent les artistes et les producteurs du Nouveau-Brunswick, qui sentent la même tendance dans le marché acadien.

« On le savait que la crise s'en venait et là on est vraiment en plein dedans. Il y a moins de monde qui vont voir des spectacles et il y a moins de monde qui achètent des disques », raconte Carol Doucet, agente d'artiste et propriétaire de l'étiquette de disques Le Grenier musique.

Ils sont nombreux, comme elle, à constater les ravages des plateformes de musique en continu sur le web, comme Spotify et Apple Music, sur les ventes d'albums.

La directrice générale de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (l'ADISQ), Solange Drouin, a lancé un cri d'alarme dans plusieurs quotidiens québécois cette semaine. Elle affirme que la situation actuelle dans l'industrie de la musique est intenable.

Les dernières années ont habitué l'industrie à des baisses constantes de ventes d'albums, autant pour les supports physiques que numériques, mais il s'agit cette fois d'un recul sans précédent.

Joey Robin Haché en compagnie de Carol DoucetJoey Robin Haché en compagnie de Carol Doucet

Depuis l'arrivée de ces grands joueurs en ligne, les artistes se retrouvent avec plus d'albums dans des boîtes et moins de revenus dans leur poche.

« Avant on pouvait en imprimer 5000, ensuite on a diminué à 2000. Maintenant on imprime 1000 disques et de ces 1000 là, on en vend souvent la moitié », explique Carol Doucet.

Les artistes sont les premiers à sentir cette baisse dans les ventes d'albums. Le batteur Jean Surette, du groupe Les Païens, se pose de nombreuses questions à quelques semaines de la sortie de leur plus récent album.

« Est-ce qu'on va en imprimer 1000 ou 500? Au niveau du numérique aussi, est-ce qu'on met ça sur toutes les plateformes parce que le streaming, c'est bon pour la promotion et pour répandre notre musique partout, mais au niveau des revenus c'est presque nul », explique Jean Surette.

Les PaÏensLe groupe Les Païens en spectacle à Moncton le 20 décembre 2014. Photo : Amélie Gosselin/Radio-Canada

Miser sur la musique en continu malgré tout

Le distributeur Distribution Plages croit qu'il y a encore un marché pour la vente d'albums. Le distributeur a récemment été acheté par l'Acadie Nouvelle. Le directeur général du quotidien, Francis Sonier, croit cependant qu'il faut aussi être présent sur les plateformes de musique en continu.

« Quand vous êtes partout dans le monde, il y a plus de chance que les gens connaissent et il y a plus de gens qui entendent ce que vous faites. Alors c'est une tendance, c'est les consommateurs qui décident réellement et ce n'est pas nécessairement les artistes ou les distributeurs. Donc nous, on doit s'adapter, c'est un défi et on va s'adapter », explique Francis Sonier.

Carol Doucet croit également que les artistes ne peuvent plus ignorer ces plateformes, même si elles font parfois mal à l'industrie.

« On veut que la musique soit accessible pour tout le monde. Si les artistes acadiens décidaient aujourd'hui de ne pas être sur ces grandes plateformes ils seraient perdants, parce que partout dans le monde les artistes y sont », conclut-elle.

Une vingtaine de nouveaux albums doivent être lancés en Acadie cet automne.

Selon les informations de Catherine Dumas

Acadie

Musique