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Percer les secrets du Saint-Laurent

Le reportage d'Ariane Perron-Langlois
Radio-Canada

De plus en plus de chercheurs s'intéressent aux conséquences des changements climatiques, notamment sur le fleuve Saint-Laurent. Et une partie des données qui permettent de mieux comprendre ces bouleversements sont recueillies, depuis un quart de siècle, au large de Rimouski.

Un texte de Ariane Perron-LangloisTwitterCourriel

Le navire de Pêches et Océans Canada perce le brouillard matinal sur le Saint-Laurent. Il s'arrête à environ 12 milles nautiques au nord de Rimouski, là où se trouve la station d'échantillonnage.

Les quatre chercheurs et techniciens à bord s'apprêtent à prendre le pouls des profondeurs du Saint-Laurent. C'est un rendez-vous qu'ils respectent toutes les semaines depuis 25 ans.

Une rosette, soit un assemblage de bouteilles et d'instruments, fera quatre fois l'aller-retour vers les profondeurs. Des sondes mesureront, entre autres, les niveaux d'oxygène dissous, le pH, la température, la salinité et la teneur en chlorophylle de l'eau.

La rosette capture aussi de l'eau à des profondeurs prédéfinies, ce qui permettra aux chercheurs de réaliser des tests en laboratoire.

Les techniciens Michel Rousseau et Félix St-Pierre préparent la rosette avant qu'elle ne plonge dans le Saint-Laurent.Les techniciens Michel Rousseau et Félix St-Pierre préparent la rosette avant qu'elle ne plonge dans le Saint-Laurent. Photo : Radio-Canada / Claude Côté

J'ai l'impression de contribuer à ce qu'il y ait des humains ici qui s'intéressent à ce qui se passe dans notre environnement.

Félix St-Pierre, technicien en métrologie et échantillonnage
L'eau contenue dans ces bouteilles servira à des analyses en laboratoire.L'eau contenue dans ces bouteilles servira à des analyses en laboratoire. Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Rimouski est l'une des deux stations visitées le plus régulièrement par les scientifiques en vertu du Programme de monitorage de la zone Atlantique, de Pêches et Océans Canada. Et 46 stations situées au large du Québec et des provinces maritimes sont aussi échantillonnées deux fois par année.

Des données précieuses

L'eau recueillie lors de ces sorties en mer renferme des données précieuses pour le chercheur en océanographie biologique et chimique Michael Scarratt, qui s'intéresse notamment au phytoplancton et aux bactéries qui vivent dans le fleuve.

« Le programme d'échantillonnage régulier, c'est la façon de savoir quels sont les changements des écosystèmes liés aux changements climatiques que nous sommes capables d'observer aujourd'hui. On utilise cette information pour pouvoir projeter dans le futur quels sont les changements qui pourraient venir si les tendances continuent », explique M. Scarratt.

Les chercheurs Michael Scarratt et Peter GalbraithLes chercheurs Michael Scarratt et Peter Galbraith Photo : Radio-Canada / Claude Côté

De son côté, Peter Galbraith, chercheur en océanographie physique, vérifie la température et le mouvement des masses d'eau. Il constate que les rencontres hebdomadaires avec le Saint-Laurent apportent déjà quelques réponses.

« Dans les dernières années, on a battu ou fracassé beaucoup de records de température, voyant même sur toute la saison des écarts de température de 4 degrés Celsius de plus dans la couche de surface. Ce qui est un gros chiffre ! », affirme-t-il.

C'est un gros signal, auquel tout l'écosystème doit s'adapter.

Peter Galbraith, chercheur en océanographie physique, Pêches et Océans Canada

Les chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne vont poursuivre leurs rendez-vous avec le Saint-Laurent toute l'année, même en hiver. À ce moment, ils auront accès aux profondeurs grâce à un brise-glace de la Garde côtière canadienne.

Environnement