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Le premier ministre chinois veut approfondir ses relations avec le Canada

Le premier ministre chinois Li Keqiang était de passage au Centre Bell en compagnie du premier ministre Justin Trudeau, le 23 septembre. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
La Presse canadienne

Réclamant un « nouvel âge d'or » pour le Canada et la Chine, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a déclaré, vendredi qu'il voulait revenir à l'époque où Pékin avait de meilleures relations avec Ottawa qu'avec le reste de l'Occident.

Les échanges commerciaux entre les deux pays devraient plus que doubler au cours des 10 prochaines années, a poursuivi M. Li dans le cadre d'une allocution prononcée devant plusieurs centaines de personnes rassemblées à Montréal à l'occasion d'un dîner officiel organisé par le Conseil d'affaires Canada-Chine.

En présence du premier ministre Justin Trudeau, M. Li a évoqué le souvenir du chirurgien Norman Bethune, un Canadien communiste considéré comme un héros en Chine, pour illustrer les solides liens historiques unissant les deux pays.

Né en Ontario en 1890, le Dr Bethune est reconnu pour avoir fait entrer la médecine moderne occidentale en Chine alors que cette dernière était en guerre avec le Japon dans les années 1930. Mao Zedong a même écrit un essai en son honneur.

« Alors que la Chine traversait une période particulièrement difficile, le Dr Bethune a soutenu le peuple chinois de manière désintéressée », a affirmé M. Li.

Le premier ministre chinois a également souligné que le Canada n'avait pas hésité à vendre du blé à son pays alors que celui-ci se remettait d'une famine dans les années 1960.

« Le Canada a pris les devants et a brisé l'embargo contre la Chine », a-t-il indiqué.

Le premier ministre chinois au Forum d'affaires Canada-Chine au Palais des congrès Photo : Charles Contant

M. Li a enchaîné en disant à l'auditoire qu'il fallait retourner à l'époque où la Chine entretenait de meilleures relations avec le Canada qu'avec la plupart des autres pays occidentaux. 

La Chine, le Canada... et les États-Unis

L'ancien premier ministre du Québec et membre du C.A. de la Fondation Asie-Pacifique Jean Charest, qui a assisté au discours du premier ministre chinois, a déclaré devant les journalistes qu'il était « abasourdi » de voir avec quelle rapidité le Canada et la Chine adoptaient des mesures pour améliorer leurs relations.

Il a estimé que Pékin souhaitait développer ses relations avec Ottawa en raison de ce qui se passait aux États-Unis.

Le candidat républicain à la présidentielle américaine, Donald Trump, s'en est souvent pris à la Chine depuis le début de la campagne, l'accusant de dévaluer sa monnaie et « d'arnaquer » les Américains par le biais d'ententes douteuses. Hillary Clinton, la candidate démocrate, ne serait, pour sa part, pas très aimée en Chine, notamment  à cause de ses remarques au sujet des droits de la personne.

Selon M. Charest, peu importe qui remporte la course à la Maison-Blanche en novembre, il est presque certain que les relations entre Washington et Pékin seront plus difficiles au lendemain du vote qu'elles ne le sont présentement.

La visite de trois jours au Canada de Li Keqiang survient quelques semaines après un séjour de Justin Trudeau en Chine.

Jeudi à Ottawa, M. Trudeau avait révélé que les deux pays avaient lancé des pourparlers concernant un possible accord de libre-échange.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a lui aussi eu droit à une rencontre officielle avec son homologue chinois, vendredi après-midi.

Dans un hôtel du centre-ville de Montréal, les deux dirigeants ont visité une exposition portant sur l'implantation de la communauté chinoise dans la province.

MM. Li et Couillard se sont ensuite installés pour leur rencontre officielle, à laquelle ont participé notamment le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, le président et chef de la direction d'Hydro-Québec, Éric Martel, ainsi que les ministres Christine St-Pierre, Carlos Leitao et Dominique Anglade.

Devant les journalistes, M. Couillard a déclaré que cette visite du dirigeant chinois se faisait « sous le signe de l'amitié et de la collaboration déjà ancienne entre le Canada et la Chine ».

Rassemblements près du Palais des congrès

Une foule enthousiaste s'était rassemblée devant le Palais des congrès de Montréal pour accueillir Li Keqiang, à l'occasion de sa première visite officielle à Montréal. Plusieurs ont dit avoir été appelés par des responsables consulaires chinois leur demandant de participer à l'événement.

Un autre rassemblement, comprenant de nombreux représentants du groupe religieux Falun Gong, visait quant à lui à dénoncer la situation des droits de l'homme en Chine.

Le comité Canada-Tibet, établi à Montréal, a diffusé un communiqué à l'occasion de la visite du premier ministre chinois demandant d'évaluer l'impact qu'aurait un éventuel traité de libre-échange sur le respect des droits de l'homme en Chine.

Par ailleurs, Li Keqiang doit rencontrer en fin de journée le maire Denis Coderre.

Une foule accueille le premier ministre chinois Li Keqiang à son arrivée à Montréal.Une foule accueille le premier ministre chinois Li Keqiang à son arrivée à Montréal. Photo : Éric Plouffe
Des membres du Falun Gong manifestaient devant le Palais des congrès de Montréal à l'occasion de la venue du premier ministre chinois.Des membres du Falun Gong manifestaient devant le Palais des congrès de Montréal à l'occasion de la venue du premier ministre chinois. Photo : Elysha Enos/CBC

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