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Un signal sans fil pour détecter vos émotions

wifi

Photo : iStock

Catherine Mathys

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont développé un système capable de détecter les émotions des gens par l'entremise de signaux sans fil.

L'équipe du MIT cherchait d'abord à comprendre comment extraire de l'information à partir des émotions et de l'état de santé d'un individu sans qu'il ait à porter un appareil ni à l'exprimer directement. Le défi est captivant, mais il soulève aussi toute une question éthique, celle de la collecte de ces données sans le consentement de la personne. Certains experts juristes indiquent que les lois actuelles ne sont pas adaptées à ce genre d'intrusion.

Comment ça fonctionne?

Le système s'appelle EQ-Radio. Il génère un signal sans fil de faible intensité et mesure ensuite le temps que ce dernier prend pour rebondir sur diverses surfaces. Ce temps varie selon toutes sortes de variables, l'inspiration, l'expiration, le battement de cœur, etc. Le mouvement humain est d'ailleurs facilement perceptible pour le système, qui peut distinguer un objet animé d'un objet inanimé.

Ce système peut ensuite apprendre à distinguer divers battements de cœurs, comme le ferait un électrocardiogramme traditionnel. De possibles applications médicales sont d'ailleurs à l'étude. Le patient n'aurait ainsi rien à faire, aucun appareil à porter, aucun examen à subir, et les données de sa respiration et de son battement cardiaque seraient transmises directement au médecin.

Dans ce cas-ci, les mesures du cœur et de la respiration sont colligées et comparées entre elles par une machine qui accumule les données relatives à la colère, à la joie, à la tristesse selon ces deux paramètres. Le système EQ-Radio a eu raison dans 87 % des cas dans la phase d'expérimentation de la machine.

Quelles applications pour un tel système?

Bien que sa commercialisation ne soit pas envisagée pour l'instant, l'équipe du MIT y voit un potentiel thérapeutique notamment pour déceler certaines maladies mentales. Mais dans un autre ordre d'idées, la technologie pourrait également être utilisée pour mesurer les réactions des individus face à un film ou une publicité. Elle pourrait aussi servir à signaler les chutes des personnes âgées à domicile. Bref, les applications sont nombreuses.

Cela dit, c'est loin d'être la première fois qu'on tente de développer ce genre d'outils. Des plus petites jusqu'aux plus grandes comme Microsoft et IBM, plusieurs entreprises ont déjà mis au point des logiciels pour déduire un état émotif à partir d'expressions faciales, de mots dits ou écrits. Ces initiatives servent, pour la plupart, à comprendre les réactions d'une clientèle ou même à s'autosurveiller.

Les dangers du non-consentement

L'ennui, c'est que le potentiel de dérapage est énorme. Avec un outil comme celui-ci, il serait très facile de capter les émotions de quelqu'un à son insu et donc sans son consentement. Imaginez des agents de sécurité qui s'en servent comme des genres de polygraphes pour confirmer un comportement étrange ou encore des employeurs qui s'en servent pour distinguer certains problèmes de santé. Et bien que ce soit intrusif et immoral, aux États-Unis en tout cas, ce ne serait peut-être pas entièrement illégal.

Pour le moment, l'équipe du MIT a pallié le problème en intégrant le consensus dans l'utilisation du système. Ainsi, certains gestes identifiables sont nécessaires pour permettre la détection des signes vitaux. Il serait également possible de transmettre des signaux interférents dans une fréquence similaire pour bloquer la prise de mesure de l'outil. Il s'agit de bloquer ce signal-ci avec un autre signal sans fil.

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