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La professeure Homa Hoodfar, un « pion politique », selon le journaliste Mohamed Fahmy

Le journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy en entrevue à 24/60

Le journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy en entrevue à 24/60

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Libéré il y a un an d'une prison égyptienne, le journaliste canado-égyptien Mohamed Fahmy se bat maintenant pour faire libérer Homa Hoodfar, cette professeure de l'Université Concordia « qui croupit dans une prison en Iran », a-t-il dénoncé en entrevue à l'émission 24/60, sur les ondes d'ICI RDI.

Je crois qu'elle [Homa Hoodfar] est un otage politique. Je n'utilise pas le mot prisonnière, mais otage, parce que je crois qu'ils [les Iraniens] l'utilisent comme monnaie d'échange.

Une citation de :Mohamed Fahmy, journaliste

Un journaliste aguerri

Bref rappel de l'homme : Mohamed Fahmy venait d'être nommé chef de bureau du réseau Al-Jazira au Caire lorsqu'il a été arrêté en 2013 pour avoir, selon les autorités, publié de « fausses nouvelles ». Le Caire le soupçonnait aussi d'avoir été membre des Frères musulmans, une organisation terroriste aux yeux du gouvernement égyptien.

Condamné à trois ans de prison, ce journaliste - qui avait couvert la guerre en Irak pour CNN dans les années 2000 - a finalement été incarcéré 438 jours. Parmi ses compagnons de cellule figuraient des membres d'Al-Qaïda, du groupe armé État islamique et des Frères musulmans.

Quand il a été libéré en 2015, Mohamed Fahmy a vu tomber toutes les accusations formulées contre lui.

En quête de justice pour les autres

Cette épreuve l'a mené à créer l'an dernier, à Vancouver, la Fondation Fahmy, un organisme partenaire d'Amnistie internationale, par l'entremise duquel il soutient des détenus « qui sont emprisonnés à l'étranger et qui subissent des violations des droits de la personne très semblables à celles qu'[il a] subies », dit-il.

Parmi ces prisonniers se trouvent des Canadiens, dont, figurant « en tête de liste », Homa Hoodfar.

L’anthropologue irano-canadienne Homa HoodfarAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L’anthropologue irano-canadienne Homa Hoodfar Crédit photo : facebook.com/freehomahoodfar

Le sort de cette professeure d'anthropologie de 65 ans est « une question de vie ou de mort », selon Mohamed Fahmy, qui dit être en contact avec la famille de cette Canadienne, également détentrice des nationalités iranienne et irlandaise.

Ayant une santé défaillante, Mme Hoodfar a besoin de médicaments. Or, dans la prison d'Evin, à Téhéran, où elle est incarcérée, les conditions de détention sont notoirement difficiles. En août dernier, on a l'a momentanément hospitalisée.

Homa Hoodfar a été arrêtée le 6 juin dernier alors qu'elle rendait visite à de la famille en Iran. Les Gardiens de la révolution lui reprocheraient d'avoir profité de son séjour dans ce pays pour faire des recherches en lien avec son travail d'anthropologue. Elle s'intéresse entre autres aux femmes musulmanes de plusieurs régions du monde.

Une théorie aux ramifications politiques

« Hier, des gens ont manifesté à l'Université Concordia pour que soit libérée Homa Hoodfar, affirme Mohamed Fahmy. Et ils ne cesseront pas parce qu'elle n'est pas stigmatisée, elle est très respectée et maintenant, elle croupit dans une prison en Iran. »

M. Fahmy dit avoir une théorie concernant ce qui arrive à la professeure montréalaise : elle est, pour Téhéran, « un pion politique », comme il l'a lui-même été, dit-il, pour les autorités égyptiennes.

La question est : qu'est-ce que l'Iran veut en échange, de la part du Canada, pour libérer Homa Hoodfar? Je n'ai pas de réponse, mais je pense qu'ils veulent un Canado-Iranien qui se cache au Canada.

Une citation de :Mohamed Fahmy

Fahmy dénonce le cas par cas

Mohamed Fahmy estime qu'Ottawa doit adopter une charte de protection dans le but d'amender les pratiques, les politiques et les lois. Cette charte apporterait « une aide systématique, efficace et pratique toutes les fois que des Canadiens sont détenus à l'étranger », avait-il expliqué en janvier dernier à Ottawa.

« Actuellement, c'est à la discrétion du gouvernement », déplore-t-il.

M. Fahmy estime que le gouvernement de Stephen Harper, au pouvoir lorsqu'il était incarcéré en Égypte, n'a pas fait tout en son pouvoir pour le faire libérer. En entrevue avec Radio-Canada en 2015, le journaliste avait dit avoir été « abandonné par les Canadiens ».

Durant 24/60, Mohamed Fahmy nuance ses propos : le personnel consulaire et l'ambassadeur canadien étaient actifs sur le terrain. « Mais ils étaient muselés par l'attitude conservatrice d'Ottawa », dénonce-t-il.

« Tout le monde peut se retrouver en prison »

Bien que le premier ministre Justin Trudeau et son ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, se soient montrés réceptifs aux demandes de la Fondation Fahmy et d'Amnistie internationale, tout le travail reste à faire pour améliorer le soutien et la protection des Canadiens à l'étranger, dit Mohamed Fahmy.

« Il n'y a pas seulement les journalistes et le personnel soignant qui sont sur la ligne de front, explique M. Fahmy, il y a des couples en voyage de noces, des étudiants... [.­.] Tout le monde peut se retrouver en prison. Le Canada doit renforcer sa législation. »

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