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Deux années marquées par des tensions linguistiques

Manifestation contre le bilinguisme à Fredericton. «Les anglophones sont ici pour rester», peut-on lire sur la pancarte
Manifestation contre le bilinguisme à Fredericton. «Les anglophones sont ici pour rester», peut-on lire sur la pancarte Photo: Radio-Canada/Michèle Brideau
Radio-Canada

Les débats entourant la dualité linguistique et le bilinguisme ont mené à de véritables tensions dans la première moitié du mandat de Brian Gallant.

Le Cabinet libéral, constitué majoritairement de francophones, a dû défendre certaines décisions à de nombreuses reprises en tentant de calmer la grogne de Néo-Brunswickois.

Certains diront que l'élection d'un gouvernement composé majoritairement de députés francophones est le premier facteur qui a mis fin à l'harmonie linguistique de ces dernières années. La communauté acadienne s'en est réjouie, les anglophones, moins. Rien n'annonçait toutefois que des francophones allaient devoir monter aux barricades pour défendre leurs acquis.

Dans leur programme électoral, les libéraux promettaient de « ramener l'immersion précoce en première année », une mesure pour faire croître la proportion de Néo-Brunswickois bilingues. Or, l'immersion ne faisait pas partie du plan d'éducation rendu public en août.

Les libéraux promettaient également de mettre en oeuvre un plan pour mieux respecter les responsabilités linguistiques du gouvernement, un plan qui inclurait des « mesures pour respecter les recommandations de la Commissaire aux langues officielles ».

S'il a effectivement publié son plan sur le bilinguisme en 2015, le gouvernement n'a pas caché son impatience face au travail de la commissaire. D'abord, le ministre responsable des langues officielles, Donald Arseneault, puis le premier ministre lui-même, ont critiqué la commissaire Katherine d'Entremont pour son enquête sur une plainte qu'elle avait elle-même déposée. Notons que la loi permet à la commissaire d'agir ainsi.

La Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'EntremontLa Commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d'Entremont Photo : Radio-Canada

Le gouvernement a ensuite annoncé qu'il n'imposerait pas la dualité dans les garderies, contrairement à ce que recommandait un groupe de travail. La même décision a été prise pour les foyers de soins.

Les autobus bilingues

Ce qui a suscité les débats les plus passionnés sur le plan linguistique au cours des 24 derniers mois, c'est la question du transport scolaire bilingue. Une poignée d'élèves francophones de la région de Kent voyageaient en autobus avec des élèves d'écoles anglophones. Le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, Serge Rousselle, depuis muté à un autre poste, a obligé les jeunes francophones à prendre l'autobus du district francophone.

Une levée de boucliers s'en est suivie. Des politiciens ont suggéré de rassembler les élèves francophones et anglophones dans le même autobus dans le but de faire des économies.

Les libéraux se sont opposés à l'idée, mais ont tout de même renvoyé le dossier à la Cour d'appel pour qu'elle tranche sur la constitutionnalité de l'affaire.

Dans tout ce dossier, un organisme méconnu du grand public, Dialogue NB, est demeuré bien discret. Certains, dont le ministre Arseneault, s'attendaient à le voir sortir de l'ombre, lui qui reçoit 270 000 $ annuellement pour faire la promotion des deux langues officielles.

D'après le reportage de Julie-Anne Lapointe

Acadie

Politique provinciale