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L'ONU adopte une déclaration pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens

Des colonies de bactéries E. coli dans une image microscopique partagée par le Centre américain de contrôle des maladies (CDC).
Des colonies de bactéries E. coli dans une image microscopique partagée par le Centre américain de contrôle des maladies (CDC). Photo: Handout . / Reuters
The Associated Press

L'ONU a adopté mercredi une déclaration visant à lutter contre l'augmentation des infections résistantes aux médicaments antimicrobiens qui, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), menacent de tuer des millions de personnes et de perturber les économies dans le monde, tel « un tsunami au ralenti ».

La résistance aux antimicrobiens est le résultat de l'usage répandu d'antibiotiques en agriculture intensive, afin de prévenir les coûteuses épidémies chez les animaux d'élevage, mais aussi du mauvais usage - voire de la surutilisation - des antibiotiques chez l'humain.

Plusieurs antibiotiques sont prescrits par certains médecins pour soulager des symptômes du rhume et de la grippe, malgré leur inefficacité connue contre les virus.

La déclaration des Nations unies reconnaît l'ampleur du problème et encourage les pays membres à élaborer des stratégies afin de réduire l'utilisation des antimicrobiens, faire un meilleur usage des vaccins et financer le développement de nouveaux médicaments.

700 000 victimes chaque année

La résistance aux antimicrobiens faucherait chaque année la vie de 700 000 personnes dans le monde - un bilan qui devrait s'accroître à un rythme exponentiel.

Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santéMargaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé Photo : Pierre Albouy / Reuters

La directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, a rappelé que la résistance aux antimicrobiens n'est pas un phénomène nouveau, mais touche plusieurs facettes de la société - agriculture, santé publique, commerce - et doit donc être abordée globalement à une échelle nationale.

Le problème pourrait prendre de l'ampleur

Dans un rapport commandé par le Royaume-Uni et publié en 2014, on estimait que d'ici 2050, la résistance aux antimicrobiens serait responsable de plus de décès chaque année que le cancer, et coûterait jusqu'à 100 000 milliards de dollars américains en pertes de production.

La Banque mondiale estime que ce problème pourrait causer autant de dommages que la crise économique et financière de 2008.

De leur côté, les sociétés pharmaceutiques ne veulent pas investir dans la recherche et le développement coûteux de nouveaux antibiotiques, parce que ces médicaments ne sont vendus que pour une courte période de temps, et parce que les nouveaux sont prescrits seulement lorsque les anciens ne sont pas efficaces.

Des maladies de plus en plus difficiles à soigner

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a souligné l'urgence d'agir. Il a cité plusieurs exemples de maladies infectieuses qui deviennent difficiles à soigner, notamment une typhoïde résistante à plusieurs antimicrobiens qui se répand actuellement dans des régions d'Afrique.

Il souligne par ailleurs une résistance croissante à certains médicaments contre le VIH-sida, et l'apparition d'une souche de tuberculose particulièrement résistante qui a été observée dans 105 pays.

Certains déplorent le manque de fermeté de la déclaration de l'ONU, qui aurait dû selon eux viser l'élimination des antibiotiques en agriculture et le financement de la recherche pour la mise au point de nouveaux médicaments.

Santé