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Trudeau refuse de préciser ce qu'il exigera de Pékin pour ratifier un traité d'extradition

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, à la Chambre des communes

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau tente de faire taire les critiques qui lui reprochent de négocier avec la Chine un traité d'extradition.

« Le Canada a toujours eu des attentes extrêmement élevées par rapport aux traités d'extradition avec n'importe quel pays », a-t-il plaidé en conférence de presse à Ottawa, mercredi.

Le premier ministre a refusé de préciser quelles garanties le gouvernement canadien pourrait exiger de la part des autorités chinoises afin de s'assurer qu'une personne extradée en Chine ne soit pas torturée ni condamnée à la peine de mort.

Il a tout au plus rappelé la position du gouvernement canadien sur la peine de mort : même lorsqu'il s'agit d'une demande provenant des États-Unis, Ottawa n'envoie pas ses citoyens dans un État où ils risquent la peine capitale.

Une évolution positive

Cette position est « très important[e] pour moi », et elle sera plus facile à défendre avec le réchauffement de la relation entre Ottawa et Pékin, a dit M. Trudeau, qui s'apprête à accueillir le premier ministre chinois Li Keqiang, en visite officielle au Canada à compter de mercredi soir.

Le premier ministre s'est réjoui de désormais pouvoir soulever clairement les préoccupations du Canada au chapitre des droits de la personne dans ses interactions avec le gouvernement chinois afin de « permettre aux choses d'évoluer de manière positive ».

Cela n'était pas possible sous l'ancien gouvernement de Stephen Harper, qui entretenait une relation difficile avec la Chine, a affirmé Justin Trudeau.

Le pays qui effectue le plus d'exécutions au monde

L'opposition conservatrice et néo-démocrate à Ottawa s'inquiète de la négociation d'un traité d'extradition avec la Chine à cause de son bilan en matière de droits de la personne.

Le député conservateur Jason Kenney rappelait mercredi matin que la Chine est le pays qui effectue le plus d'exécutions au monde.

« C'est clair que la Chine a un bilan des droits de la personne épouvantable », a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Le député albertain a accusé les libéraux, « et particulièrement les Trudeau », d'ignorer le triste bilan de la Chine en matière de droits de l'homme au profit « des intérêts commerciaux ».

Pour sa part, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair estime que le Canada ne peut pas signer un traité d'extradition avec une dictature.

« Quel serait l'intérêt du Canada à avoir un traité d'extradition avec la Chine? Vous savez, une dictature, ce n'est pas une bonne chose, ce n'est pas quelque chose de banal », a-t-il soulevé.

« Il y a pas de garantie que la primauté du droit existe devant les tribunaux parce que les tribunaux ne sont pas indépendants », a ajouté M. Mulcair.

Un secret d'État

L'idée que le Canada puisse signer un traité d'extradition avec la Chine inquiète aussi vivement Amnistie internationale.

« Ce qui entoure la peine capitale [le nombre d'exécutions, les personnes exécutées] relève encore du secret d'État en Chine », a indiqué mardi la porte-parole de l'organisation pour le Canada francophone, Anne Sainte-Marie.

Il serait donc « assez difficile pour le Canada de faire un suivi des personnes qu'il renverrait en Chine », a-t-elle soutenu.

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