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Les États-Unis ouvrent leurs autoroutes aux voitures autonomes

Voiture autonome

Une modèle de voiture autonome.

Photo : capture YouTube

Martin Lessard
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Retenez cette date. Aujourd'hui, le 20 septembre 2016, marque le début de la fin des voitures avec conducteur.

L'agence régulatrice fédérale américaine en matière de transport vient de donner son accord relativement à la présence de voitures autonomes sur les autoroutes des États-Unis. Et ce qui se passe au sud de nos frontières finit toujours par monter au nord.

Le président Obama, qui a annoncé lui-même cette nouvelle, insiste toutefois lourdement sur la sécurité avant tout :

« Soyons clairs : si la voiture autonome n'est pas sécuritaire, nous avons l'autorité de lui interdire de rouler. Nous n'hésiterons pas une seconde à protéger la sécurité du public américain. »

— Une citation de  Barack Obama, président des États-Uni

Le message est sans équivoque. La grande industrie automobile vient de recevoir le feu vert, elle qui a tant besoin de balises légales claires pour avancer. Elle devra néanmoins montrer patte blanche avant tout.

Demain, la route aux robots

Un cycle d'innovation dans le domaine automobile se compte en années. Il n'y aura donc pas de voiture autonome tout de suite sur les routes.

Mais la tendance est inéluctable : dans un avenir prévisible, les primates que nous sommes se verront interdire de conduire des bolides de deux tonnes au profit des cerveaux en silicium.

« En ce moment, trop de monde meurt sur nos routes - 35 200 l'an passé seulement - dont 94 % sont causés par des erreurs humaines. La voiture autonome a le potentiel de sauver des dizaines de milliers de vies chaque année. »

— Une citation de  Barack Obama, président des États-Uni

Il faudra peut-être une génération avant qu'un virage se fasse. Au début, les autoroutes. Puis les transports collectifs en ville. Et finalement, tous les véhicules privés. Si la notion de voiture privée existe toujours à ce moment-là.

L'effet domino

À court terme, toutes les provinces canadiennes devront revoir leur législation routière pour être en phase avec celle des Américains. Aucun gouvernement n'aura le luxe de dire aux touristes américains de laisser leur voiture autonome à la frontière.

Le ministère des Transports devra engager des experts en intelligence artificielle et des statisticiens. La sécurité sur les routes deviendra une préoccupation pour les informaticiens.

Autre effet domino : la guerre entre les taxis et Uber sera définitivement résolue. Il n'y aura plus de conducteurs de taxi. Point.

Sur les courtes distances (banlieue vers centre-ville), la voiture électrique deviendra incontournable au point où les projets de transport collectif seront concurrencés par un parc de voitures autonomes plus performant grâce à une optimisation des déplacements.

En effet, il est probable que votre voiture, au lieu de rester stationnée 90 % du temps, pourra faire le taxi quand vous êtes au bureau. Le nombre d'automobiles sera ainsi réduit et ce sera une bonne chose.

Le côté sombre

De nouvelles préoccupations émergeront sans doute, et la première étant le cyberpiratage des voitures. L'an passé, des experts ont prouvé qu'il était possible de détourner une voiture autonome à distance.

La seconde concerne la centralisation des données. L'apprentissage collectif (fleet learning) permet de partager les renseignements sur les conditions routières. Le parc complet apprend en même temps pour s'améliorer. Imaginez si vous pouviez, sur une route difficile, accéder à la connaissance de tous les conducteurs précédents. Une voiture autonome le peut. Est-ce qu'un pays laisserait la sécurité de ses routes nationales dans les mains d'une firme commerciale, étrangère de surcroît?

La troisième inquiétude a trait à la mise au chômage graduel des conducteurs. Si les gouvernements pensent que cette nouvelle ne touche que le transport du futur, ils se mettent le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Ces professionnels de la route (mais aussi les conducteurs de chariots électriques ou de bus) sont les premiers d'une longue liste de victimes de l'automatisation.

L'annonce d'aujourd'hui a été faite suffisamment à l'avance pour que tous, des fabricants automobiles aux gouvernements locaux, soient en mesure de prendre le temps d'ajuster leurs flûtes.

À ce jeu, certains seront plus vites que d'autres. Les plus lents se retrouveront tout simplement sur le bas-côté de la route...

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