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Nouvel accrochage Québec-Ottawa au sujet des transferts en santé

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette.

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le ministre québécois de la Santé accuse le gouvernement fédéral de sabrer les transferts fédéraux en santé au détriment des patients. Gaétan Barrette a profité d'une annonce visant à améliorer les services en CHSLD et les soins de maintien à domicile pour interpeller son homologue fédérale, Jane Philpott, à ce sujet.

Du même souffle, le ministre Barrette a soutenu que cette approche adoptée par les libéraux forçait les provinces à faire des choix qui affecteront grandement la qualité des services offerts à la population.

« Mme Philpott va présider la plus grosse coupure en santé depuis les 13 dernières années. On va diminuer les transferts fédéraux de 50 % en sachant que les besoins sont de trois fois plus », a-t-il dénoncé.

Le ministre Barrette, qui procédait à l'annonce de consultations visant à améliorer la qualité des services en CHSLD, a également dénoncé l'intention exprimée par la ministre Philpott de réduire les transferts versés au Québec sur la base des frais accessoires facturés aux patients dans la province, en 2014-2015.

« Je ne comprends pas comment Mme Philpott peut défendre cette position : couper les transferts en santé au moment où les besoins sont en croissance exponentielle... et là, la ministre nous a envoyé une lettre pour nous dire qu'elle va couper encore plus », s'est-il exclamé.

Selon Gaétan Barrette, une telle mesure pourrait nuire aux efforts de Québec pour améliorer les services dans le réseau de la santé, notamment ceux offerts aux aînés comme le soutien à domicile ou ceux dispensés dans les centres de longue durée.

Est-ce que les personnes les plus vulnérables dans la société que sont les personnes âgées... est-ce qu'elles existent dans l'équation fédérale?

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette

La ministre fédérale de la Santé réplique

Jane Philpott a tenu à défendre les actions de son gouvernement en rappelant que les libéraux s'étaient engagés à investir 3 milliards de dollars dans les soins à domicile au pays. « Ce qui est important, c'est que les Canadiens aient les soins de santé dont ils ont besoin chaque jour. On est en discussion avec nos collègues et ministres de la Santé des provinces et des territoires [...] les discussions portent sur les soins à domicile, les soins en santé mentale... on discute pour trouver un accord qui va prendre en compte le contexte actuel [du vieillissement de la population] », a-t-elle soutenu.

Québec pourrait prendre la voie des tribunaux

Le ministre québécois de la Santé rejette les affirmations de son homologue fédérale selon lesquelles la province aurait enfreint la Loi canadienne sur la santé en facturant des frais accessoires, en rappelant que la santé est une compétence provinciale qui exige toutefois la collaboration des deux paliers de gouvernement. Il soutient que Québec était en droit de percevoir ces montants.

Le ministre Barrette dit d'ailleurs avoir l'intention de contester la décision de Mme Philpott devant les tribunaux. Selon lui, le Québec n'a jamais considéré qu'il était assujetti à loi canadienne, et le fédéral l'a toujours toléré.

« Il faut le répéter; c'est les provinces, c'est nous qui avons la responsabilité de la délivrance des services. Et c'est le fédéral qui a une partie de la réponse avec le financement. C'est 50 % Ottawa, 50 % les provinces », a-t-il martelé.

Le ministre Barrette a également avancé que son ministère avait été transparent quant aux frais facturés aux usagers québécois. Dans la missive envoyée au ministère québécois de la Santé, la ministre Philpott rappelait que les provinces avaient la responsabilité de déclarer « toute surfacturation et tous frais d'utilisation » à Santé Canada.

« Si le fédéral veut avoir un suivi, c'est facile, c'est très facile. Le nombre de citoyens-patients, le nombre d'heures... on publie ça à chaque année [...] ça prend pas un PhD en économie pour faire cette reddition de compte-là. Ça prend, par exemple, un gouvernement responsable pour transférer les fonds », a-t-il lancé en guise de dernière boutade.

Avec les informations de La Presse canadienne

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