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Littératie au N.-B. : le retard des francophones persiste

Plus d’un Québécois sur deux a de faibles ou très faibles compétences en littéracie et numéracie.
Plus d’un Québécois sur deux a de faibles ou très faibles compétences en littéracie et numéracie. Photo: iStock / klikk

Les francophones du Nouveau-Brunswick continuent de réussir moins bien aux tests de compétence en littératie, en numératie et en résolution de problèmes que leurs homologues anglophones, selon une nouvelle étude de Statistique Canada.

Ils réussissent aussi moins bien que les francophones du Québec, de l'Ontario et du Manitoba, et ce malgré d'importants progrès en matière de scolarisation.

Leurs difficultés s'inscrivent dans une dynamique plus large qui soulève plusieurs enjeux socioéconomiques et démographiques. Ces constatations découlent d'une nouvelle étude, Les compétences en littératie chez les francophones du Nouveau-Brunswick : enjeux démographiques et socioéconomiques.

Jean-François Lepage, coauteur de l'étude, fait remarquer que les compétences en littératie ne représentent pas un défi isolé. « C'est un enjeu qui est fortement lié à d'autres facteurs, c'est ce qui ressort le plus (de l'étude) ce sont les liens entre ces différents facteurs et la façon dont ces éléments se renforcent. Des éléments démographiques, le marché du travail, les compétences, il y a des liens importants ».

Bien que plusieurs données de cette étude étaient déjà connues, la directrice générale du Conseil pour le développement de l'aphabétisation et des compétences des adultes du Nouveau-Brunswick (CODAC), Anne-Lise Blin croit que les spécificités du rapport seront utiles.

On s'apercoit avec l'étude qu'il y a un besoin de la part des francophones qui est différent de celui des anglophones et qu'il faut s'assurer d'avoir des services qui reflètent la réalité des francophones. 

Anne-Lise Blin, directrice du CODAC

Piètre résultats aux tests de compétences

Les francophones du Nouveau-Brunswick ont obtenu un score moyen de 259 au test de littératie du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) en 2012, soit près de 14 points de moins que celui de leurs homologues anglophones.

Leur performance est également inférieure d'au moins 10 points à celle des francophones du Québec, de l'Ontario et du Manitoba, ainsi qu'à celle de l'ensemble des Canadiens.

Un peu plus de 60 % des francophones du Nouveau-Brunswick n'ont pas atteint le troisième échelon de l'échelle de littératie, soit plus de 10 points de pourcentage de plus que la proportion des anglophones de la province (49,8 %) qui ont atteint ce niveau et que l'ensemble des Canadiens (48,5 %).

Le vieillissement a une incidence sur la littératie

La population francophone de la province est plus âgée que celle des anglophones, ce qui expliquerait en partie la performance plus faible des francophones : le niveau de littéracie a tendance à diminuer avec l'âge.

Les niveaux de compétences tendent à atteindre leur apogée ch ez les personnes d'environ 30 ans et diminuent graduellement par la suite. Le score moyen des gens âgés de 25 à 34 ans est de 280, alors qu'il n'atteint que 240 chez les personnes âgées de 55 à 65 ans.

LectureLecture Photo : ICI Radio-Canada

Les travailleurs francophones plus nombreux dans des secteurs en déclin

Les travailleurs francophones sont plus nombreux à travailler dans les industries en déclin. Les travailleurs de ce secteur obtiennent un moins plus faible, tous groupes linguistiques confondus, que ceux des secteurs en très forte croissance.

Près de la moitié des travailleurs se retrouvent dans une situation où de faibles compétences en littératie coïncident avec un faible niveau d'utilisation de l'écrit au travail. Les francophones sont également plus nombreux à occuper des postes qui ne demandent qu'une formation en milieu de travail.

Ce sont les travailleurs des secteurs de l'enseignement, du droit et des services sociaux, communautaires et gouvernementaux qui ont le mieux réussi le test de littératie du PEICA. À l'inverse, les travailleurs qui œuvrent dans les secteurs de la vente et des services, des métiers et du transport, des ressources naturelles et de la fabrication ont obtenu des scores inférieurs.

Une tendance plus préoccupante dans le Nord

Les francophones qui demeurent dans le nord de la province ont beaucoup moins bien réussi au test de littératie du PEICA que ceux qui résident dans le Sud-Est.

Plus du tiers des francophones âgés de 25 ans ou plus et résidant dans le Nord n'ont pas terminé leurs études secondaires, soit presque 10 % de plus que ceux du Sud-Est.

De plus, la population du Nord est un peu plus âgée que celle du Sud-Est et du reste de la province, ce qui explique en partie cette tendance.

Avec des informations d'Amélie Gosselin.

Acadie

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