•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des experts redoutent l'arrivée d'un insecte ravageur de la tomate en Amérique du Nord

Tomate infectée par le Tuta absoluta
Tomate infectée par le Tuta absoluta Photo: Gouvernement du Canada
Radio-Canada

Des experts américains en maladies agricoles s'inquiètent de l'apparition possible de la mineuse sud-américaine de la tomate (Tuta absoluta) en Amérique du Nord. L'insecte ravageur menace les cultures mondiales en migrant d'un pays à l'autre depuis plusieurs années. Elle cognerait maintenant à notre porte.

Un texte de Nicolas PhamTwitterCourriel et une infographie de Vincent WallonTwitterCourriel

Le petit papillon nocturne est discret dans son habitat, mais il est en train de coloniser la planète.

Les feuilles du plant de tomates sont les premières atteintes par la Tuta absoluta, qui y pond ses oeufs. Les larves investissent ensuite les feuilles, les tiges et les fruits en y creusant des galeries, d'où le nom de mineuse.

Il peut en résulter une perte totale de rendement au sein des cultures affectées.

L'apocalypse de la tomate

Les chercheurs du Laboratoire d'innovation en lutte intégrée contre les ennemis de la culture de l'Université Virginia Tech évoquent la possibilité d'une « apocalypse de la tomate », si le fléau venait à gagner le Mexique et l'Amérique du Nord.

Selon eux, ce n'est qu'une question de temps.

Un insecte migrateur

Originaire d'Amérique du Sud, où elle a durement sévi en Argentine, en Bolivie, en Colombie, au Chili et au Brésil, la mineuse a traversé l'Atlantique en 2006 pour faire son entrée en Europe par l'Espagne.

Les dégâts n'ont ensuite pas tardé à apparaître dans les principaux pays producteurs du bassin méditerranéen.

Des experts plus rassurants

Selon certains experts en propagation des maladies qui touchent les cultures agricoles, cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille s'attendre à la fin des plants de tomates.

Il est difficile de prédire quelle sera la dynamique de développement d'un ravageur dans un contexte donné, et ce qui est vrai en Amérique du Sud ne l'est pas forcément ailleurs.

Dominique Blancard, ingénieur de recherche à l'Institut national de recherche agronomique de France

« Avec la mondialisation, les denrées végétales circulent énormément, et les insectes avec, mais il n'y a pas nécessairement lieu de s'affoler », affirme Dominique Blanchard, ingénieur à l'Institut national de recherche agronomique de France.

On nous avait aussi prédit une apocalypse de la tomate en France, qui n'a pas eu lieu.

Dominique Blancard

Prévenir plutôt que guérir

Toujours selon les experts, le principal défi demeure d'empêcher l'insecte de faire son entrée dans les cultures.

Le contrôle de la qualité des plants qu'on ajoute à une exploitation constitue un premier rempart. Des abris à l'épreuve des insectes peuvent aussi agir à titre de barrière mécanique contre l'intrusion du papillon.

Dès les premiers dégâts, la destruction complète des plants atteints est toutefois inévitable.

L'utilisation de biopesticides et de pesticides chimiques sélectifs permet aussi de se débarrasser de l'insecte ravageur, mais elle commande certaines précautions.

En ce qui concerne Tuta absoluta, on peut en arriver à contrôler le problème... mais il vaut mieux éviter de laisser entrer le loup dans la bergerie.

Dominique Blancard

Ontario

Agro-industrie