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La police de Toronto veut équiper 3200 agents de caméras corporelles

Des policiers de Toronto sont équipés d'une caméra corporelle dans le cadre d'un projet pilote.

Photo : Radio-Canada/Christian Noël

Radio-Canada

Un rapport de la police de Toronto recommande que tous ses agents de première ligne portent une caméra corporelle. Le coût du projet s'élèverait à 85 millions de dollars sur 10 ans.

Un texte de Lyne-Françoise PelletierTwitterCourriel

La police de Toronto a mené un projet pilote de presque un an, de mai 2015 à mars 2016, et conclut dans un rapport que 95 % des résidents et 85 % des policiers approuvent l'utilisation des caméras corporelles.

Quelques lacunes

Certaines lacunes ont toutefois été relevées. Les batteries des caméras se vident en cinq heures seulement, soit la moitié du quart de travail d'un policier. Lors du projet pilote, des vidéos ont même été endommagées lorsque les caméras se sont arrêtées au beau milieu d'un enregistrement.

L'échantillon statistique était aussi trop petit pour tirer des conclusions sur des questions clés comme celle de savoir si la présence des caméras diminuerait le nombre de plaintes contre les policiers.

Le rapport conclut quand même que les caméras corporelles servent de témoins indépendants et impartiaux.

Desmond Cole, un journaliste qui se penche sur les relations entre la communauté noire et la police, soutient que les caméras corporelles ne permettront pas d'améliorer les relations tendues entre les deux parties.

Il doit y avoir une plus grande transparence. Changer les outils des policiers n'est pas suffisant.

Desmond Cole, journaliste

Il affirme que les policiers peuvent allumer et éteindre leur caméra quand ils le veulent et que ça n'inspire pas confiance.

Des coûts substantiels...

Le défi sera de trouver les ressources nécessaires pour équiper 3200 policiers avec des caméras corporelles. Cela coûterait 85 millions de dollars sur une période de 10 ans.

La plus grande partie de cette somme servirait à l'entreposage des images et des informations recueillies, mais ne comprend pas les coûts associés aux deux heures que les policiers devront passer chaque jour à répertorier et à archiver les vidéos.

L'agent Ikram Zaheed sauvegarde les vidéos enregistrées avec sa caméra corporelle sur le réseau de la police de Toronto.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'agent Ikram Zaheed sauvegarde les vidéos enregistrées avec sa caméra corporelle sur le réseau de la police de Toronto.

L'Association des policiers de Toronto ne s'oppose pas au port des caméras corporelles. Le président du syndicat, Mike McCormack, croit toutefois que les priorités budgétaires de la police sont incongrues.

Nous n'avons même pas assez de policiers pour patrouiller dans les rues de la ville.

Mike McCormack, président de l'Association des policiers de Toronto.

... et des compressions budgétaires recommandées

D'autant plus, que le service de police doit se serrer la ceinture.

Un groupe de travail mandaté par le maire de Toronto, John Tory, recommande que la police effectue des compressions budgétaires de 100 millions de dollars au cours des trois prochaines années et qu'elle réduise sa main-d'œuvre de plusieurs centaines de policiers grâce à de nouvelles technologies.

Un gel d'embauche et de promotion est déjà en vigueur. Les salaires et les avantages sociaux représentent 89 % du budget de la police qui s'élève à plus d'un milliard de dollars par an.

La Commission des services de police examinera le rapport du projet pilote sur les caméras corporelles lors de sa prochaine réunion le mois prochain.

Ontario

Justice et faits divers