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Du chanvre saskatchewanais pour nourrir la Corée du Sud

Brent Kennedy et Garry Meier examinent un plant de chanvre.
Brent Kennedy et Garry Meier examinent un plant de chanvre. Photo: ICI Radio-Canada/Dann McKenzie
Radio-Canada

La culture de la plante de chanvre connaît un intérêt nouveau chez les fermiers en Saskatchewan. Cette plante, dont les graines auraient plusieurs bienfaits sur la santé, intéresse de plus en plus les consommateurs de la Corée du Sud, qui tentent de trouver des substituts au poisson.

Un texte de Nahila BendaliTwitterCourriel

L'hiver dernier, une info publicité comparant les mérites nutritifs des graines de chanvre avec ceux d'autres sources de protéines a fait son apparition sur un réseau télévisé du pays asiatique. L'engouement a été tel que plus de 9000 kilos de graines de chanvre se sont écoulés en une trentaine de minutes.

Les qualités nutritionnelles du chanvre ont séduit les consommateurs sud-coréens.

Une info publicité a fait connaître les graines de chanvre au marché sud-coréen. Plus de 9000 kilos se sont vendus en une trentaine de minutes.Une info publicité a fait connaître les graines de chanvre au marché sud-coréen. Plus de 9000 kilos se sont vendus en une trentaine de minutes. Photo : Courtoisie Garry Meier

Du poisson au chanvre

Dans le marché asiatique, les graines de chanvre sont perçues comme un bon substitut au poisson, très présent dans l'alimentation sud-coréenne.

« Le marché a accepté le fait que le poisson sera probablement difficile à produire à long terme », explique Garry Meier, président de Hemp Production Services. Son entreprise offre des services de gestion logistique aux producteurs et fait office de distributeur de chanvre depuis cette année.

Garry Meier, président, Hemp Production ServicesGarry Meier, président, Hemp Production Services Photo : ICI Radio-Canada/Dann McKenzie

Le président de Hemp Productions Services s'attend à ce que la demande asiatique pour le chanvre canadien augmente.

Il souligne que la Corée du Sud est le premier pays de la région à réellement s'intéresser aux produits de cette plante. La relation commerciale entre le Canada et la Corée est bonne, selon lui, et elle aide à l'exportation du produit.

Le premier ministre Brad Wall a d'ailleurs quitté la province samedi pour une mission commerciale de 11 jours en Asie.

Le chanvre a récemment trouvé sa place sur les étagères des supermarchés en Corée du Sud, indique Garry Meier. « [Le chanvre] s'est transposé dans les magasins traditionnels. [...] Quand ça arrive, ça ouvre la porte à de nouveaux consommateurs qui n'ont pas le temps de regarder la télévision toute la journée », explique-t-il.

Le chanvre industriel et la marijuana appartiennent à la même espèce, mais le chanvre contient des quantités limitées de THC et n'a donc aucun effet psychotrope. Au Canada, le chanvre industriel est réglementé et contrôlé par le gouvernement, pour s'assurer de contrôler le niveau de THC.

Produire plus pour tenter de répondre à la demande

La demande internationale, surtout asiatique, est telle que la production n'y répondra pas cette année, confie Garry Meier. « Même avec d'excellentes récoltes, nous ne comblerons pas la demande des marchés extérieurs », dit-il.

Pour 2017-2018, Garry Meier estime qu'il faudra au moins doubler la production afin de fournir les marchés en produits du chanvre. Il veut présenter ces occasions aux agriculteurs déjà dans l'industrie et attirer de nouveaux producteurs dans le marché.

Brent Kennedy, directeur général de HCI Indian Head FarmsBrent Kennedy, directeur général de HCI Indian Head Farms Photo : ICI Radio-Canada/Dann McKenzie

Brent Kennedy est déjà dans le coup avec sa ferme HCI Indian Head Farms, à environ une heure à l'est de Regina. Il s'est lancé dans la culture du chanvre en 2015, puisque la plante s'imbrique bien dans sa rotation des cultures.

La première année, Brent Kennedy a planté 73 hectares (180 acres) de chanvre. Cette année, la superficie qu'il y consacre a augmenté à 121 hectares (300 acres) à Indian Head et il en compte aussi 80 hectares (200 acres) dans sa ferme à Moosomin, près de la frontière manitobaine.

Il espère doubler sa production en 2017, donc cultiver plus de 400 hectares (1000 acres) de chanvre au total : un peu plus de 200 hectares (500 à 600 acres) à sa ferme à Indian Head et autant à sa ferme à Moosomin.

La demande du marché asiatique pour le chanvre canadien justifie cette augmentation, souligne Brent Kennedy, qui y voit une bonne occasion de diversifier sa production.

Saskatchewan

Agro-industrie