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Pas facile d'être un parti d'opposition en Russie

Des jeunes tentent de distribuer des journaux d'un parti d'opposition à des gens dans une rue de Moscou, mais peu de passants sont intéressés.

Pas facile de se faire entendre dans cette campagne électorale quand on est un parti d'opposition.

Photo : Radio-Canada/Alex Sergeev

Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dimanche, les Russes voteront pour élire les 450 députés de la Douma, la chambre basse du Parlement. L'opposition a peu de chances de faire des percées lors de ce scrutin, qui devrait confirmer l'emprise du président Vladimir Poutine sur son pays.

Raymond Saint-Pierre
  Un texte de Raymond Saint-Pierre
Courriel

Les partis comme Parnas, dirigé par Mikhail Kassianov, ont beau souligner que le pays vit une grave crise monétaire, qu'il est enlisé dans une longue récession, que le pouvoir d'achat des Russes a chuté en cette période de forte inflation, l'élan de patriotisme soulevé par l'annexion de la Crimée, en 2014, est plus fort que tout.

M. Kassianov craint également que le scrutin soit miné par des fraudes électorales, comme celles que dénonçaient plusieurs dizaines de milliers de manifestants en 2011.

« Ils nous laissent faire campagne dans la rue, on nous montre un peu à la télévision, mais ils ont éliminé les groupes d'observateurs des élections. Ceux au pouvoir préparent des fraudes, parce que c'est leur stratégie. »

— Une citation de  Mikhail Kassianov, chef du parti Parnas
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Mikhail Kassianov, chef du parti d'opposition Parnas

Photo : Radio-Canada/Alex Sergeev

Mikhail Kassianov n'a pas eu la vie facile récemment. Il a été attaqué par des manifestants en faisant campagne à Stavropol. Il y a quelques mois, une chaîne de télévision montrait ses ébats amoureux avec sa maîtresse, filmés clandestinement. Il a aussi été entarté dans un restaurant.

La révolution culturelle étouffée

Emilia Slabunova, présidente d'un autre parti, Iabloko, que nous avons rencontrée lors d'un arrêt de campagne dans la ville de Perm, ne se fait pas non plus d'illusions sur l'issue du vote.

« Nous avons fait une campagne forte, mais le statut de parti d'opposition nuit à notre financement. Les hommes d'affaires ont peur d'être punis s'ils nous appuient. »

— Une citation de  Emilia Slabunova, présidente du parti Iabloko

Pour plusieurs, Perm est à l'image de la Russie d'aujourd'hui. C'est une ville qui a vécu une véritable révolution culturelle de 2008 à 2012. Après la réélection de Vladimir Poutine à la présidence, en 2012, cette révolution a été tuée dans l'oeuf.

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Emilia Slabunova, présidente du parti d'opposition Iabloko

Photo : Radio-Canada/Alex Sergeev

« Le fait que nous soyons des gens qui réfléchissent et qui critiquent, c'est vu comme dangereux par le pouvoir. »

— Une citation de  Emilia Slabunova, présidente de Iabloko

Depuis 2012, Vladimir Poutine a considérablement resserré son contrôle sur le pays, et personne ne doute que son parti Russie unie va l'emporter aux élections législatives.

Ce parti a une majorité de députés à la Douma. Trois autres partis d'opposition y ont des sièges : le Parti communiste, Russie juste et le Parti libéral démocrate. Les trois partis soutiennent, en général, les politiques du gouvernement.

Dans tout le pays, il y a bel et bien eu une campagne électorale, mais les partis d'opposition qui n'ont pas de députés ont peu d'espoir. Ils rêvent seulement d'obtenir au moins 5 % des voix, le seuil à franchir pour pouvoir être représentés à la Douma.

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