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La politique des nouvelles places en garderie rate la cible au N.-B.

Le chef du Parti libéral du N.-B., Brian Gallant, dans une garderie pour annoncer le programme des nouvelles places en garderie lors de la campagne électorale de 2014.

Le chef du Parti libéral du N.-B., Brian Gallant, dans une garderie pour annoncer le programme des nouvelles places en garderie lors de la campagne électorale de 2014.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Radio-Canada a appris que le gouvernement Gallant a créé 1745 nouvelles places en garderie depuis son arrivée au pouvoir. Mais seulement 14% de toutes les nouvelles places du secteur francophone vont aux poupons, alors qu'il y a une pénurie au Nouveau-Brunswick pour ce groupe d'âge.

Un texte de Nicolas SteinbachTwitterCourriel

Le gouvernement Gallant veut faire du Nouveau-Brunswick le meilleur endroit où élever une famille tel que stipulé dans sa plateforme électorale. Une des stratégies pour y arriver est de créer 6000 nouvelles places en garderie d'ici 2020.

Cependant, comme le ministre de l'Éducation et de la Petite enfance le confirme, il n'y a aucune catégorie d'âge ciblée dans cette politique.

Brian Kenny, ministre de l'Éducation et de la Petite enfance du N.-B.

Brian Kenny, ministre de l'éducation et de la petite enfance du N.-B.

Photo : Radio-Canada/Nicolas Steinbach

« C'est très important de regarder les chiffres qui existent maintenant et notre but est de regarder quelles sont les ressources nécessaires dans cet endroit [les places pour les poupons] et c'est le but pour moi et on va regarder ça avec les fonctionnaires », déclare Brian Kenny, ministre de l'Éducation et de la Petite enfance du N.-B. .

Brian Kenny ajoute par ailleurs qu'il veut améliorer le système des garderies sans spécifier comment il entend le faire.

Le ministre n'a pas encore réagi à un rapport pour une meilleure accessibilité et une meilleure qualité des places en garderie déposé en août. Une porte-parole du ministère de l'Éducation affime que le gouvernement prend au sérieux le rapport (voir (Nouvelle fenêtre)ici) et étudiera les recommandations.

Un système qui ne fonctionne pas

De son côté, Marjolaine St-Pierre de Soins et Éducation à la petite enfance du N.-B., estime qu'il faudrait avant tout trouver un modèle qui appuiera les services existants de garderie pour ensuite bâtir à partir des acquis et s'assurer de la qualité du réseau.

Quelle est la stratégie derrière ça? Bien sûr on manque le bateau.

Marjolaine St-Pierre, directrice générale Soins et Éducation à la petite enfance du N.-B.

« Tout de suite ce qu'on fait, on investit dans les nouvelles places qui se retrouvent après deux, trois ans en difficulté financière parce qu'il n'y a plus d'aide, donc le cycle recommence : on ferme quelques services, on paie pour ouvrir d'autres », dit-elle.

Selon elle, il faut investir dans les places pour bébés en priorité et s'assurer qu'il y ait un équilibre dans les services pour les communautés francophones et anglopones.

Des compressions qui pénalisent les parents

Marjolaine St-Pierre estime que le gouvernement rate aussi la cible lorsqu'il coupe les subventions aux propriétaires de garderie à but lucratif. « Ç'a mis la pression sur les services de garde pour augmenter les prix [...]. C'est automatique, quand il y a un manque à gagner, c'est le parent qui doit payer la différence. », explique-t-elle.

Les compressions touchent également les nourrissons peut-on lire dans le rapport final de la Commission d'étude sur les services de garde du Nouveau-Brunswick. Des conséquences comme la réduction des services pour nourrissons et la réduction des heures de travail des employés ont été signalés lors les consultations provinciales.

La « chasse aux sorcières » n'est pas la solution

En raison de la pénurie et du coût élevé des places pour les poupons, les parents semblent de plus en plus se tourner vers un système parallèle de garderiessans permis, des garderies en milieu familial qui ne sont pas réglementées.

Il y a quelques années, les inspecteurs du ministère de l'`Éducation ont fermé plusieurs de ces garderies à la suite d'une vague de dénonciations.

Stéphanie Landry et sa fille Zoé.

Stéphanie Landry et sa fille Zoé.

Photo : Radio-Canada/Nicolas Steinbach

Stéphanie Landry a failli perdre sa place. « J'ai eu une peur bleue, j'ai une autre maman qui a dû changer son enfant de garderie à une semaine d'avis, pour moi ça aurait été comme un acte de violence envers ma famille. »

Les garderies en milieu familial ne sont pas inspectées sauf en cas de plaintes. Elles doivent alors diminuer leur nombre d'enfants ou obtenir un permis. C'est ce qu'a décidé de faire Nadia Chiasson de la garderie La Garderinade à Dieppe. Elle a cependant dû se résigner à faire une croix sur les places pour poupons.

La propriétaire de la garderie

La propriétaire de la garderie "La Garderinade" Nadia Chiasson ne peu plus prendre de nourrissons depuis qu'elle s'est agréée.

Photo : Radio-Canada/Nicolas Steinbach

« Les règles étaient vraiment très strictes, ça me prenait un système de [gicleurs] ça fait que je ne rentrais pas dans les normes. Les coûts, c'était vraiment dispendieux. J'aurais vraiment aimé donner ce service aux parents, mais ce n'était pas possible. », affirme-t-elle.


Le grand chantier

L'Association francophone des parents du N.-B. dit de son côté recevoir des appels de parents en détresse qui cherchent des places pour leurs bébés.

« On est à un point où ne peut pas demander davantage aux services de garde et on ne peut pas demander plus aux parents. Il y a des parents qui choisissent ne pas avoir d'autres enfants parce qu'ils n'ont pas les moyens d'un service de garde, c'est quand même une aberration en 2016 », déplore Chantal Varin, directrice générale de l'Association francophone des parents du N.-B. 

On a besoin de revoir ce modèle en entier.

Chantal Varin, directice générale de l'Association francophone des parents du N.-B.

Il y aurait pourtant des façons relativement faciles, selon les parents et les propriétaires, de désengorger le système de garderie.

Stéphanie Landry a inscrit sa fille dans une garderie non agréée par choix.

Stéphanie Landry a inscrit sa fille dans une garderie non agréée par choix.

Photo : Radio-Canada/Nicolas Steinbach

« Ils sont en train de parler d'allonger le congé parental. S'ls ne peuvent pas avoir de places financées subventionnées en garderie pour que ce soit rentable pour eux de donner des places aux bébés en bas de 2 ans, eh bien qu'ils laissent les mamans à la maison pour 2 ans. », suggère Stéphanie Landry, mère de Zoé.

L'autre alternative : aider les garderies en augmentant le quota de bébés par intervenant.

« Le système ne fonctionne pas tout de suite, c'est trois bébés pour un employé, c'est sûr que c'est pas rentable. Pour les garderies, si le ratio était changé à un pour quatre [ce serait plus rentable] », affirme Nadine Chiasson, propriétaire de la garderie La Garderinade 

Soins et Éducation à la petite enfance du N.-B., en collaboration avec l'Association francophone des parents du N.-B., a entamé un vaste chantier pour repenser le système des garderies au Nouveau-Brunswick et son financement pour en assurer une meilleure accessibilité.

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