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Débat : faut-il donner des devoirs aux enfants?

Les devoirs peuvent être source de conflits entre les parents et leurs enfants.
Les devoirs peuvent être source de conflits entre les parents et leurs enfants. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La rentrée scolaire signale le retour des enfants en classe, mais aussi la reprise des devoirs que les enfants doivent faire à la maison, le soir, au grand désarroi de certains d'entre eux et de leurs parents qui tentent tant bien que mal de les aider.

Un texte de Louis MillsTwitterCourriel

Le sujet a fait l'objet d'une discussion mardi à l'émission Format libre de Radio-Canada Acadie.

La pertinence des devoirs fait consensus même si les participants ne s'entendent pas tous sur la façon de les donner.

Marc Arseneau, président de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du N.-B.Marc Arseneau, président de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du N.-B. Photo : Radio-Canada

« C'est une part importante en effet [de la formation de l'enfant], affirme Marc Arseneau, de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du N.-B. Il ne faut pas oublier que les devoirs, ça permet de consolider les apprentissages d'au courant de la journée. »

« Les devoirs oui, oui parce que c'est bon pour la réussite scolaire, mais pas n'importe comment », renchérit Thierry Karsenti, professeur à la Faculté de l'éducation de l'Université de Montréal.

Les recherches démontrent, dit-il, que les devoirs sont un des facteurs les plus liés à la réussite des élèves. Mais il doit y avoir une concertation entre enseignants, ajoute-t-il, pour éviter que la tâche devienne trop lourde pour les enfants, ce avec quoi Marc Arseneau se dit d'accord.

Il faut toujours mesurer la quantité de devoirs. On peut donner des devoirs, mais on fait attention à la quantité qu'on donne et la raison pour laquelle on les donne. C'est très important d'avoir une raison pédagogique derrière un devoir [...].

Marc Arseneau, président de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du N.-B.

Une surcharge pour les élèves?

La surcharge est une réalité pour de nombreux élèves, déplore Anthony Azard, nouvellement diplômé de L'École secondaire Népisiguit de Bathurst et secrétaire-trésorier de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.

Anthony Azard, diplômé de l'École secondaire Népisiguit en 2016Anthony Azard, diplômé de l'École secondaire Népisiguit en 2016 Photo : Radio-Canada

« Quand on commence à les compiler [les devoirs et autres activités des élèves], c'est sûr que ça fait une surcharge autant sur nos épaules, mais aussi une charge émotionnelle. Ça rajoute du stress, ça rajoute un côté que bon, on arrive au bout des fois et on se retrouve épuisé. »

Il regrette que la notion de devoirs, au niveau secondaire, n'englobe pas d'autres activités formatrices auxquelles se livrent les élèves, comme certaines activités parascolaires ou l'engagement dans la communauté.

On a aussi le devoir de faire des activités dans la communauté, de faire du bénévolat.

Anthony Azard, diplômé récent de l'École secondaire Népisiguit

Des parents parfois démunis


Pour sa part, Chantal Varin, directrice générale de l'Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, souligne que bien des parents se sentent démunis face aux devoirs que rapportent leurs enfants.

« Ça peut être un défi pour certains parents parce que les méthodes ont tellement changé. On prend juste la mathématique, on ne calcule plus de la même façon [rire], on arrive au même résultat, mais le chemin est différent », affirme-t-elle.

Chantal Varin, directrice générale de l'Association francophone des parents du N.-B.Chantal Varin, directrice générale de l'Association francophone des parents du N.-B. Photo : Radio-Canada

Ces devoirs peuvent même devenir une source de conflit entre les parents et leurs enfants lorsque ces derniers ont des troubles d'apprentissage ou de comportement.

Les recherches démontrent effectivement, reconnaît Thierry Karsenti, que les devoirs peuvent mener à des conflits. Mais dans le cas des enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, il est d'autant plus important de les donner, dit-il.

Je comprends que les devoirs puissent poser problème pour certains élèves qui ont des difficultés, mais en même temps, s'ils travaillent pas plus, est-ce que c'est comme ça qu'ils vont récupérer le retard à l'école?

Thierry Karsenti, professeur à la Faculté d'éducation de l'Université de Montréal

La solution, selon lui, consiste à imposer des devoirs avec modération. Un élève de 6e année, par exemple, ne devrait pas y consacrer plus d'une demi-heure par soir. Et les enseignants doivent veiller à ce qu'ils ne soient pas trop difficiles. Si les parents doivent obligatoirement s'en mêler, c'est que les devoirs sont peut-être trop compliqués, à son avis.

La technologie

Les participants à cette discussion ont souligné l'utilité de la technologie pour faciliter les devoirs. En plus d'avoir un côté ludique qui plaît aux élèves, les outils électroniques donnent accès, autant aux élèves qu'aux parents, à une foule de ressources qui peuvent grandement faciliter la réalisation des devoirs.

Seule réserve : l'accès à ces outils est inégal entre les élèves et les écoles. Des élèves n'ont toujours pas Internet à la maison, ont souligné des participants. Ils peuvent toutefois se rabattre, même si la solution n'est pas parfaite, sur les ordinateurs de leur école.

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