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Cindy Ouellet, un doctorat et trois Jeux paralympiques

Cindy Ouellet
Cindy Ouellet Photo: Matthew Murnaghan/Canadian Paralympic Committee
Radio-Canada

Para-athlète, musicienne et étudiante au doctorat en génie biomédical, Cindy Ouellet est également une survivante du cancer. Aux Jeux paralympiques de Rio, la Québécoise de 27 ans veut prouver qu'elle est fin prête pour un autre défi.

Un texte d'Alexandre Couture

Originaire de Rivière-du-Loup dans le Bas-Saint-Laurent, Cindy Ouellet a vécu son lot d'épreuves. En août 2000, une blessure au bassin a attiré l'attention des médecins sur son cas. Le diagnostic établi par la suite allait changer sa vie pour toujours. Elle était atteinte d'un cancer des os.

Les deux années suivantes ont été extrêmement difficiles pour la jeune fille de 12 ans. Lorsqu'au bout de 28 cycles de chimiothérapie elle a obtenu son congé d'hôpital définitif, un autre combat l'attendait.

Privée de l'usage normal de ses jambes, Cindy a dû réapprendre à vivre.

Cindy Ouellet (à droite) et Phillip Danault lors d'une démonstration de basket en fauteuil au Défi sportifCindy Ouellet et Phillip Danault lors d'une démonstration de basket en fauteuil au Défi sportif Photo : Société Radio-Canada

« J'ai ressenti beaucoup de colère pendant des années, mais le sport est apparu comme une lueur d'espoir. Ça m'a aidé à rester en vie. »

C'est sa physiothérapeute qui lui a parlé pour la première fois du basketball en fauteuil roulant à 15 ans et ça a été le coup de foudre.

« Ça m'a aidé à chasser le cancer de ma tête », se souvient-elle. Selon Cindy, le sport lui a permis de se redécouvrir en tant que personne.

Trois mois après son initiation au basketball dans l'équipe des Bulldogs de Québec, elle a été invitée à participer au camp de l'équipe canadienne.

Preuve de son talent remarquable, la jeune athlète a réussi à se tailler une place à 16 ans dans la formation de l'unifolié qui s'envolait pour les Jeux paralympiques de Pékin en 2008.

Un nouveau rôle pour « le frelon »

Celle qui est aussi passionnée par la musique (elle joue du piano, de la guitare et du ukulele) participe à ses troisièmes Jeux paralympiques. Mais cette fois, c'est dans un nouveau rôle qu'elle tentera de mener son équipe vers l'or.

« Maintenant que je suis une vétérane, je dois aider les plus jeunes. Des joueuses m'ont aidé à mon arrivée dans l'équipe, c'est le fun d'échanger les rôles et de pouvoir redonner à l'équipe. »

Cindy Ouellet ou le frelon (the hornet en anglais), comme ses coéquipières la surnomme, est reconnue pour sa vitesse et sa combativité. Son style de jeu lui a valu plusieurs blessures tout au long de sa carrière.

« Les gens ne réalisent pas à quel point notre sport est physique. J'ai subi plusieurs commotions cérébrales et je me suis cassé des doigts. Mais rien pour m'arrêter. »

Deux maîtrises et un doctorat en route

Parallèlement à sa vie d'athlète, Cindy poursuit également des études supérieures au sud de la frontière. Bénéficiaire d'une bourse d'excellence de l'Université de l'Alabama, elle a terminé deux maîtrises, dont une en physiothérapie, en plus de mener l'équipe de basketball en fauteuil roulant à quatre titres nationaux. Cette année, elle poursuivra ses études en Californie pour obtenir un doctorat en génie biomédical.

« Concilier les études et le basketball n'est pas évident, surtout pendant une année olympique, explique-t-elle. Les études ont priorité, je sais que je ne pourrai pas jouer au basketball jusqu'à 45 ans. »

Depuis qu'elle a frôlé la mort, la Louperivoise a adopté une philosophie de vie centrée sur le moment présent. Un tatouage qu'elle arbore sur son poignet lui rappelle chaque jour. « J'ai les mots carpe diem tatoués, ça veut tout dire pour moi. »

« Depuis mon cancer, je profite de chaque jour, de chaque minute, rappelle-t-elle. Si tu veux faire du sport ou des études, c'est à toi de saisir ta chance. »

Aux Jeux paralympiques de Rio, quiconque serait fou de parier contre une équipe menée par une battante comme Cindy Ouellet.

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