•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pédophilie : un policier arrêté après une enquête des Creep Catchers

Un adolescent sur Internet.

Un adolescent sur Internet.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Surrey, en banlieue de Vancouver, a procédé à l'arrestation d'un policier après une plainte déposée par les Creep Catchers (traqueurs de pédophiles). Les membres de ce groupe de résidents se font passer pour des jeunes filles afin de piéger de potentiels pédophiles sur le web.

Les traqueurs de pédophile sont présents dans plus de 18 villes canadiennes. En Colombie-Britannique, ils ont des groupes organisés à Kelowna, Kamloops, Nanaimo, Penticton , Surrey et Victoria.

Les membres piègent les hommes qui cherchent à avoir des relations sexuelles avec des filles mineures en échangeant quelques messages virtuels. Puis ils organisent une rencontre, souvent dans un stationnement, et diffusent ensuite la vidéo du rendez-vous sur Internet.

Les images enregistrées des rencontres, parfois violentes, et les messages textes échangés entre la fausse jeune fille et l'homme sont aussi publiés sur le web. « Comme ça, tout le monde saura qui ils sont lorsqu'ils seront vus au Walmart, dans l'autobus, à la piscine, au parc pour enfant », commente Ryan Laforge, membre d'un de ce groupe.

La GRC condamne néanmoins le procédé affirmant qu'il comporte des risques. Par exemple, dans le cas du policier tout juste arrêté, le nom transmis par le groupe n'était pas exact, selon la GRC.

« Ce sont des allégations graves qui sont sujettes à un processus judiciaire complet et non pas à de l'humiliation publique », explique Brenda Butterworth-Carr de la GRC.

« Une régression vers la vengeance »

Selon l'avocat en droit criminel Guillaume Garih, le procédé du groupe n'est pas nécessairement illégal, mais les citoyens qui se prêtent au jeu risquent eux-mêmes des poursuites en justice.

« Il m'apparaît clair qu'il y aurait des conséquences, des moyens de recours de civils. À ce moment-là, la personne qui s'est retrouvée filmée à son insu, qui a sa personnalité critiquée comme ça en public pourrait poursuivre la personne qui l'a filmé et qui a ruiné sa réputation », affirme-t-il, ajoutant que des poursuites criminelles pourraient aussi être entamées s'il y a une forme d'intimidation et de harcèlement.

Et de poursuivre : « Mettre quelqu'un sur YouTube en disant que cette personne est coupable, c'est la priver d'un droit citoyen, ce n'est pas forcément un crime, mais c'est une régression vers la vengeance ».

Le juriste croit que les traqueurs de pédophiles devraient tout simplement transmettre les informations qu'ils ont aux forces sans mettre le tout sur Internet. Il y aurait ainsi plus de chance que justice soit rendue, et ce, en bonne et due forme.

D'après un reportage de Michaël Bédard.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !