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Le harcèlement sexuel au programme de la rentrée universitaire

Affiche de sensibilisation au harcèlement sexuel visible dans l'enceinte de l'Université de Winnipeg.

Affiche de sensibilisation au harcèlement sexuel visible dans l'enceinte de l'Université de Winnipeg.

Radio-Canada

Les universités manitobaines ont fait leur rentrée et parmi elles, certaines inaugurent des changements de leurs politiques pour combattre le harcèlement sexuel. Selon la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, une femme sur cinq fait l'objet de violence sexuelle pendant ses études postsecondaires.

L'organisme précise également que les incidents liés à la violence sexuelle surviennent le plus souvent dans les huit premières semaines de l'année scolaire.

Pour l'année 2015-2016, cinq cas de violence sexuelle ont été recensés à l'Université du Manitoba, un établissement qui compte plus de 29 900 étudiants.

À l'Université de Saint-Boniface qui compte 1500 étudiants, deux cas de harcèlement sexuel ont été officiellement recensés l'année dernière.

De son côté, l'Université de Winnipeg a recensé 15 cas de comportements sexuels abusifs.

L'Université de Saint-Boniface.

L'Université de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada/Justin Fraser

Deux cas de harcèlement sexuel recensés à l'USB

Le directeur des services aux étudiants à l'Université de Saint-Boniface, Christian Perron, souligne que l'Université travaille de très près avec l'Association étudiante de l'Université de Saint-Boniface (AEUSB) afin de faire la promotion de sa Politique de harcèlement et harcèlement sexuel.

Le règlement est publié dans l'agenda étudiant, affiché sur les babillards du campus et est disponible en ligne. De plus, l'USB organise des sessions d'orientation obligatoires sur la sexualité et le consentement pour les nouveaux étudiants, les étudiants internationaux ainsi que les étudiants en résidences.

Des sessions de sensibilisation qui ne sont pas obligatoires pour tous

Toutefois, les autres étudiants de l'université francophone, y compris les membres de l'AEUSB, ainsi que le personnel de l'USB ne sont pas obligés de participer aux sessions de sensibilisation.

« Les chances sont très bonnes que [les membres de l'AEUSB] ont suivi une formation au fur et à mesure qu'ils ont avancé dans leur parcours académique en tant qu'étudiant ou étudiante, admet le responsable des étudiants. Sans être nécessairement obligés de suivre une formation, ils ont [quand même] le devoir de transmettre ça à leurs collègues. »

Quant aux membres du personnel de l'Université, Christian Perron explique que la politique s'applique à tous les employés de l'Université. « Donc, ils ont le devoir en tant que membres du personnel de connaître et se conformer aux politiques institutionnelles », ajoute-t-il.

L'Université du Manitoba

L'Université du Manitoba

Photo : Radio-Canada

Reste que d'autres établissements ont décidé d'aller plus loin. Cette année, l'Université du Manitoba a ainsi introduit une politique autonome traitant strictement de la violence sexuelle, afin de simplifier les procédures en cas de sévices et de les rendre plus faciles à comprendre.

En outre, les membres du corps professoral ainsi que les administrations des différents groupes estudiantins sont tenus d'assister à un atelier de sensibilisation à la culture de consentement explicite ainsi qu'à une formation de prévention, de conscientisation et de soutien des survivantes de violence sexuelle avant le début de l'année scolaire.

Si un représentant d'un groupe d'étudiants manque à son obligation, l'association qu'il représente n'est pas reconnue en tant que groupe affilié à l'Université et ne peut organiser des évènements sur son campus.

L'Université de Winnipeg

L'Université de Winnipeg

Photo : iStock / iStockPhoto

L'Université de Winnipeg conjugue également rentrée scolaire et sensibilisation. En mars 2015, l'établissement a été le premier à établir un protocole mettant sur pied une équipe d'intervention disponible sept jours sur sept pour les cas de comportements sexuels répréhensibles ainsi que des ateliers sur le consentement sexuel obligatoire pour les étudiants de première année.

Le corps professoral, le personnel et les gardiens de sécurité suivent également une formation afin de savoir comment réagir quand quelqu'un révèle une inconduite sexuelle.

Plaidoirie pour une loi provinciale

La branche manitobaine de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants dit se réjouir des avancées réalisées par les établissements universitaires manitobains. Elle demande toutefois l'instauration d'une loi provinciale qui imposerait des politiques autonomes concernant les agressions sexuelles dans les institutions postsecondaires.

« Beaucoup d'étudiants me disent que les politiques mises en place dans leurs universités ne sont pas assez claires », relate Michael Barkman, le porte-parole de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants pour le Manitoba.

L'association étudiante de l'Université de Saint-Boniface rappelle les efforts déjà réalisés en matière de prévention auprès des étudiants.

Enfin, l'Université de Saint-Boniface affirme de son côté qu'elle mettra bientôt en place une politique relative au harcèlement qui lui soit propre et unique.

Avec des informations de Catherine Logan et Samuel Rancourt.

Manitoba

Éducation