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Séismes : « Les Britanno-Colombiens sont les mieux préparés au pays »

Sismographe

Photo : iStockphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour la première fois, deux sismologues canadiens participent à la conférence de la Commission sismologique européenne qui a lieu cette année en Italie. Le sismologue de Ressources naturelles Canada Maurice Lamontagne est allé y partager son savoir, notamment en vue d'un éventuel « Big One ».

La communauté scientifique internationale scrute les travaux réalisés sur la côte ouest canadienne en raison du fameux « Big One » -un mégaséisme qui pourrait frapper la région Pacifique Nord-Ouest d'ici 2030.

« Il s'agirait d'une magnitude 9 sur l'échelle de Richter, c'est considérable. Mais on a vu de grands progrès en Colombie-Britannique au cours des derniers 10 ans, une forte prise de conscience de ce risque-là. Je pense que la population est probablement la mieux préparée au Canada à faire face à une telle menace. Ça serait un grand défi, mais les progrès récents nous amènent à croire qu'on est sur le bon chemin », commente Maurice Lamontagne.

S'inspirer des pratiques du Vieux Continent

Sa participation est aussi l'occasion d'en apprendre davantage sur les pratiques du Vieux Continent, où les tremblements de terre sont étudiés et gérés différemment.

« Les Européens sont très au courant de ce qu'il se passe dans le sud des États-Unis où on a de la séismicité provoquée par l'injection d'eau en grande profondeur. Ils ont même eu des dommages dans certains édifices pas plus tard que la semaine dernière en Oklahoma », rapporte Maurice Lamontagne depuis la petite ville de Trieste située à la frontière slovène et où se tient la conférence bisannuelle de la Commission sismologique européenne du 4 au 10 septembre.

Et de poursuivre : « C'est la première fois qu'on leur parle du Canada. Nous avons aussi une séismicité induite, surtout par la fracturation hydraulique. On a atteint des magnitudes jusqu'à 4,6 sur l'échelle de Richter. C'est nous qui avons les records mondiaux pour les tremblements de terre induits par la fracturation hydraulique ».

L'expert assure toutefois que seul 1 % de tous les puits de forage au Canada causent des tremblements de terre assez puissants pour être détectés. De plus, il affirme que les séismes provoqués par la fracturation hydraulique restent dans un rayon d'une dizaine de kilomètres du lieu de forage.

« On en a encore beaucoup à apprendre, car jusqu'ici nos stations sismographiques étaient assez loin des lieux d'injection, alors que maintenant on a vraiment densifié nos réseaux et on va donc pouvoir suivre l'activité de beaucoup plus près », a-t-il annoncé devant un parterre de sismologues.

L'Italie au coeur des discussions

L'Italie a aussi été au cœur des discussions, quelques semaines à peine après le tremblement de terre meurtrier de magnitude 4,5 survenu dans le centre du pays. « Il y a eu des conséquences extrêmement graves pour une magnitude pas si élevée, car il y a, en Italie, beaucoup de bâtiments historiques qui ne répondent pas aux normes parasismiques, explique Maurice Lamontagne. Au Canada nos édifices sont plus récents, beaucoup ont des armatures de bois capables de bien résister aux tremblements de terre. »

Un homme marche dans les décombres à la suite du tremblement de terre d'Amatrice.
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Un homme marche dans les décombres à la suite du tremblement de terre d'Amatrice.

Photo : Stefano Rellandini / Reuters

Le but de la conférence de la Commission sismologique européenne était aussi de comprendre l'activité sismique en Europe où les tremblements de terre sont déclenchés par des facteurs très différents comparés à l'Amérique du Nord. Maurice Lamontagne cite en exemple les réservoirs d'eau et de gaz naturel souterrains présents en grand nombre en sol européen et qui déclenchent des secousses.

Un phénomène à surveiller d'autant plus, selon le sismologue, que le Canada détient beaucoup de ressources souterraines et qu'une province comme la Colombie-Britannique compte développer et exploiter à grande échelle ses vastes réserves de gaz naturel.

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