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La guerre des prix en distribution alimentaire

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Un panier d'épicerie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les grands joueurs de la distribution alimentaire, Metro, Sobeys (IGA) et Loblaw (Provigo), imposent à leurs fournisseurs de baisser ou de geler leurs prix. Cette initiative vise à attirer les consommateurs, face à la popularité grandissante des Costco et Walmart, mais pourrait nuire à la survie de plusieurs transformateurs.

Un texte de Myriam FimbryTwitterCourriel

Dans une lettre datée du 5 juillet, Loblaw prévient ses fournisseurs qu'il appliquera lui-même une réduction sur le montant de leurs factures de 1,45 %, après le 4 septembre. Autrement dit, une baisse de prix forcée.

Metro, le 24 août, envoie une lettre similaire, qui se conclut ainsi : « Aucune hausse de prix ne sera acceptée, et ce, à compter d'aujourd'hui, afin de conserver notre avantage prix ».

Une guerre de prix

La pression est forte sur les transformateurs au Québec, à l'heure actuelle, pour maintenir un prix compétitif. « Il y a une guerre entre la distribution et la transformation », selon le doyen de la faculté de management à l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois.

Le grand gagnant à court terme, c'est le consommateur. Mais à long terme, on risque peut-être de voir quelques entreprises disparaître. Et lorsqu'on a moins de choix, il y a moins de compétition... et les prix remontent par la suite.

Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de management à l'Université Dalhousie

La présidente-directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, Sylvie Cloutier, confirme cette inquiétude. Les fournisseurs québécois ne sont pas tous assez solides pour encaisser une baisse de prix.

Fermetures

Depuis 10 ans, au Canada, 150 entreprises ont fermé leurs portes dans le secteur de la transformation alimentaire. Quelque 28 000 emplois ont été perdus, dont 8000 au Québec.

« Certaines entreprises ont une marge bénéficiaire inférieure à 5 % et ce n'est pas beaucoup, explique Sylvie Cloutier. Elles ont peu d'aide des gouvernements ou autres. Donc, elles se trouvent à fouiller dans leur marge bénéficiaire pour pouvoir combler les manques à gagner et pour pouvoir réinvestir en recherche et développement. »

Ce que ça peut faire, sur le long terme, c'est qu'on va perdre nos entreprises d'ici.

Sylvie Cloutier, PDG du Conseil de la transformation alimentaire du Québec

Aucune des trois grandes chaînes d'épicerie n'a souhaité accorder d'entrevue. Peut-être voulaient-elles éviter de parler de ce qui les a poussées à mener cette offensive sur les prix : la montée en puissance de Walmart et Costco.

Des fruits et légumes dans un Supercentre Walmart, ici à Rouyn-Noranda, en Abitibi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des fruits et légumes dans un Supercentre Walmart, ici à Rouyn-Noranda, en Abitibi.

Photo : Radio-Canada

Le rayon épicerie de Walmart

Depuis quelques années, les deux géants américains donnent du fil à retordre aux distributeurs traditionnels du secteur de l'alimentation.

« De plus en plus, les gens visitent les Walmart pour acheter leur épicerie, remarque Sylvain Charlebois. « Contrairement à il y a 10 ans, où la distribution alimentaire à Walmart était médiocre. »

Même constat chez Costco, qui a relevé son offre et fait de la transformation sur place.

C'est clair que Walmart et Costco sont une menace pour l'establishment de la distribution alimentaire.

Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de management à l'Université Dalhousie

Les deux enseignes américaines gagnent des parts de marché et ne semblent pas vouloir s'arrêter là. Ensemble, elles représentent maintenant près de 18 % du marché de l'alimentation au Canada.

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