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L'étude des gènes pour un diagnostic précoce du trouble lié à l'alcoolisme foetal

Une femme enceinte tient un verre de vin.

Une femme enceinte tient un verre de vin.

Photo : iStock/Highwaystarz-Photography

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une étude de chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) dévoile les effets génétiques du trouble du spectre de l'alcoolisation foetale (TSAF).

Un texte de Christophe Le GentilCourriel

Les résultats obtenus pourraient aider à établir un diagnostic précoce et administrer un traitement contre l'exposition prénatale à l'alcool.

Les chercheurs d'UBC ont identifié un marqueur biologique associé au trouble après avoir découvert des schémas distinctifs associés à l'ADN d'enfants exposés à l'alcool pendant la grossesse. Des échantillons de 110 enfants qui ont reçu un diagnostic de TSAF ont été analysés à travers le pays.

« Nous savons ce qui se passe lors de déficiences du neurodéveloppement, le TASF en particulier, et nous pouvons maintenant nous y attaquer », déclare Daniel Goldowitz, directeur scientifique de l'organisme Kids Brain Health Network.

Nous entrons dans une nouvelle ère.

Daniel Goldowitz, directeur scientifique de l'organisme Kids Brain Health Network

L'étude est basée sur les données collectées grâce à une collaboration nationale destinée à améliorer la compréhension et le traitement des troubles du neurodéveloppement, tels que le TASF et l'autisme. Les conclusions ont été publiées dans la revue scientifique Epigenetics and Chromatin.

Selon Elodie Portales-Casamar, professeure au département de pédiatrie à UBC et coauteure de l'étude, les résultats représentent un premier pas vers la compréhension des mécanismes sous-jacents que l'exposition à l'alcool a sur le développement du cerveau.

L'étude porte sur les 2 millions de marqueurs génétiques et les 450 000 marqueurs épigénétiques qui contrôlent l'activité de l'ADN.

Mme Portales-Casamar affirme que l'équipe de recherche a découvert que la méthylation, un procédé qui touche le comportement des gènes, a changé chez les enfants qui ont un trouble du spectre de l'alcoolisation foetale.

Elle explique que les chercheurs ont trouvé des schémas de méthylation uniques chez les enfants exposés à l'alcool pendant la grossesse, et que ces différences se retrouvent dans le neurodéveloppement et le développement du cerveau.

Un diagnostic plus précoce

Selon la coauteure, des études futures pourraient servir à identifier les parties spécifiques de l'ADN qui sont touchées par les marqueurs biologiques.

Elle ajoute qu'en ce moment, le diagnostic du trouble de l'alcoolisme foetal nécessite une série d'évaluations par des spécialistes et est réalisé chez des enfants d'âge scolaire, lorsque les signes de problèmes de développement deviennent apparents.

La capacité de tester l'ADN pour des signes du trouble permettrait un diagnostic bien plus précoce.

« Même s'il n'y a pas de traitement pour le TASF, des interventions précoces peuvent vraiment aider beaucoup d'enfants avec leurs déficiences cognitives qui touchent la parole, l'apprentissage et le comportement, ainsi que les différents aspects de leurs vies », conclut-elle.

Pour Daniel Goldowitz, le développement d'un test génétique pourrait avoir d'autres avantages, comme un diagnostic facilité par un simple échantillon de salive envoyé dans un laboratoire pour les enfants habitant dans des communautés isolées.

Il explique que des études génétiques portant notamment sur la trisomie 21 et l'autisme ont déjà mené à des traitements prometteurs.

« Il y a des preuves de plus en plus évidentes que les dommages aujourd'hui irréparables sur le système nerveux pourront être traités, voire guéris », conclut-il.

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