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Washington et Pékin ratifient l'accord de Paris sur le climat

Le président américain Barack Obama serre la main du président chinois Xi Jinping.

Photo : Jonathan Ernst / Reuters

Reuters

Les États-Unis et la Chine, les deux plus grands pays pollueurs de la planète, ont ratifié ensemble samedi l'accord de Paris sur le climat, ce qui pourrait faciliter son entrée en vigueur d'ici la fin de l'année.

Washington et Pékin ont annoncé leur décision dans un communiqué commun à la veille de l'ouverture du Sommet du G20 à Hangzhou, en Chine.

Cette décision des deux puissances, qui produisent à elles seules 38 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), est une étape majeure dans le processus de mise en œuvre de l'accord adopté le 12 décembre dernier à l'issue de la COP21, la 21e conférence des parties à la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques.

Les États-Unis et la Chine ont également apporté leur soutien à un accord de plafonnement des émissions de C02 dans l'aviation civile, qui doit être finalisé lors d'une réunion de l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) dans le courant du mois et entrer en vigueur en 2021.

L'accord de Paris fixe pour objectif de contenir la hausse de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2°C » par rapport aux niveaux préindustriels et de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C.

Le secrétaire d'État américain John Kerry discute avec l'ancien secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon pendant un événement de la Conférence de Paris sur le climat.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le secrétaire d'État américain John Kerry discute avec l'ancien secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon pendant un événement de la Conférence de Paris sur le climat.

Photo : AFP / POOL New / Reuters

Il jette les bases d'une maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l'origine des dérèglements climatiques en fixant le cadre d'engagements politiques, économiques et financiers et prône une transition énergétique rapide vers des sources plus propres, comme l'énaregie solaire ou éolienne.

Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par au moins 55 pays représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre. Une fois ce double seuil franchi, le texte s'applique dans un délai de 30 jours.

Avant l'annonce de Pékin et Washington, 23 États représentant à peine 2 % du total des émissions de GES avaient formellement ratifié l'Accord de Paris, selon un décompte officiel de l'ONU.

Le G20 représente 80 % des émissions mondiales de GES

La France l'a ratifié en juin, devenant le premier pays industrialisé à franchir le pas. Le pays représente seulement 1,2 % des émissions mondiales, alors qu'il contribue à hauteur de 4,2 % au PIB mondial, selon le ministère français de l'Environnement.

Brian Deese, conseiller du président Barack Obama, a déclaré que l'Inde, qui représente 4,1 % des émissions de GES, s'apprêtait également à ratifier l'accord. Le premier ministre indien, Narendra Modi, a prévu de rencontrer Barack Obama en tête à tête en marge du Sommet de Hangzhou, au sud-ouest de Shanghai. L'annonce sino-américaine pourrait aussi inciter des pays comme le Brésil ou le Canada, également présents en Chine, à ratifier prochainement l'accord de Paris. La Russie est responsable quant à elle de 7,5 % des émissions.

« Nous attendons une poussée du nombre de ratifications lors de la Semaine de l'ONU sur le climat courant septembre », a déclaré Bill Hare, directeur de l'ONG Climate Analytics. Les Nations unies ont programmé une réunion le 21 septembre pour accélérer le processus de ratification.

Réuni dimanche et lundi à Hangzhou, le Groupe des 20, soit les plus grandes économies de la planète, représente 80 % des émissions mondiales de carbone.

En général, ce sont les parlements nationaux qui ratifient l'accord sur le climat, mais l'administration américaine a préféré avoir recours à un décret de l'exécutif, afin d'éviter d'en passer par le Sénat à majorité républicaine.

Cette décision pourrait toutefois être affectée par l'examen dans les prochaines semaines d'un recours déposé par 27 États américains devant un tribunal fédéral pour bloquer le Clean Power Plan, qui réduit les émissions de CO2 des centrales électriques. Des républicains mettent en effet en doute la légalité de l'acte administratif utilisé par la Maison-Blanche pour ratifier l'accord de Paris.

Si Hillary Clinton, candidate démocrate à l'élection présidentielle du 8 novembre aux États-Unis, soutient l'accord sur le climat, son rival républicain, Donald Trump, dit ne pas croire aux changements climatiques et promet de rejeter l'accord de Paris s'il est élu.

S'ils veulent se retirer, les pays qui ont ratifié l'accord sont contraints d'attendre trois ans après l'entrée en vigueur.

La ratification ne signifie pas pour autant la fin du processus, car il faudra encore un an ou deux pour définir les modalités d'application détaillées de l'accord, estime Alden Meyer, directeur international de l'Union of Concerned Scientists.

Entrevue avec le directeur d'Équiterre Steven Guilbeault

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