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Les sacrifices de Guillaume Ouellet ont porté leurs fruits

Guillaume Ouellet aux Jeux parapanaméricains 2015
Guillaume Ouellet aux Jeux parapanaméricains 2015 Photo: Matthew Murnaghan/CPC

C’est en retournant seul sur la piste après avoir remporté sa course de 5000 m aux Championnats mondiaux de Doha que Guillaume Ouellet a compris qu’il avait atteint son objectif et que les sacrifices des années précédentes rapportaient enfin.

Un texte de Julien LamoureuxTwitterCourriel

Pour Ouellet, cette course suivait celle qu'il avait remportée au 1500 m, quelques semaines auparavant,  aux Jeux parapanaméricains de Toronto. Le chemin à partir de son diagnostic de rétinite pigmentaire - qui limite son champ de vision à environ 10 degrés -, en 2004, jusqu’à ces succès n’a évidemment pas toujours été facile.

L’obtention de ce titre de champion du monde faisait aussi suite à plusieurs changements qu’a apportés le Sorelois d’origine à sa méthode d’entraînement et à sa vie personnelle. Insatisfait de ses résultats, celui qui fait partie de la classification T13 (déficience visuelle) a rebrassé les cartes en 2014.

Deux années de changements

Il a mis fin à sa relation avec son entraîneur et a décidé de s'entraîner avec un nouveau groupe, à Québec, à environ 120 km de son lieu de résidence, Victoriaville. Cela lui permettait de maximiser son potentiel, mais les déplacements hebdomadaires de Victoriaville à la capitale provinciale ne sont pas évidents pour quelqu’un qui ne peut pas conduire une voiture à cause de son handicap.

« C’est complexe, et ce qui est plate, c’est d’être dépendant de quelqu’un pour aller d’un endroit à l’autre. C’est ce que j’aime le moins », explique Guillaume Ouellet, qui a 29 ans. Ce « casse-tête » organisationnel est un sacrifice qu’il estimait nécessaire dans sa progression en tant qu’athlète.

L’idée de s'entraîner à Québec a germé dans sa tête parce que Dany Racine, un coéquipier au cégep de Victoriaville, avait déménagé ses pénates dans la Vieille Capitale et vantait la qualité des coureurs là-bas. Ouellet y a aussi retrouvé Félix-Antoine Lapointe, un ami du secondaire, qui est devenu son nouvel entraîneur.

Il a en plus la chance de côtoyer à l’occasion Charles Philibert-Thiboutot, un des coureurs québécois les plus prometteurs. Ce dernier a participé au 1500 m lors des Jeux olympiques, il y a quelques semaines. Entouré de visages connus et d’athlètes de pointe, Ouellet ne pouvait que progresser. Bref, affronter ce casse-tête logistique avait du positif.

Vie familiale

C’est aussi en 2014 que Ouellet a eu son premier enfant… ce qui veut dire qu’il n’a pas été le seul à devoir faire des sacrifices. Quand il est absent à cause de son entraînement ou d’une compétition, sa femme Marie-Christine doit mettre les bouchées doubles et gérer seule la petite famille. « Elle a une job aussi, donc les sacrifices viennent aussi de sa part. Ça ne serait pas possible si elle n’était pas là », explique un Guillaume Ouellet plus que reconnaissant.

Enfant, travail, nouvelle routine d'entraînement… Le coureur avait les meilleures intentions du monde, mais, comme il était constamment fatigué, les résultats n’étaient pas au rendez-vous. « J’ai compris que c’était impossible de tout bien faire », déclare-t-il. « J’ai donc quitté mon emploi pour me concentrer sur l'entraînement et sur mon enfant. »

Le camp en altitude

En 2015, Ouellet a essayé une nouvelle méthode d’entraînement : le camp en altitude. En hauteur, « tout est plus difficile, donc tu t’entraînes plus fort », résume-t-il.

Selon l’athlète, les bénéfices sont une amélioration des performances de 1 %, 2 %, voire 3 %. Le Sorelois se retrouvait de plus entouré d'athlètes de pointe, ce qui aide aussi. « Je me forçais pour essayer de les suivre le plus possible », raconte-t-il.

Cet entraînement intense effectué il y a près d’un an et demi est une des raisons qui ont permis à Ouellet d’aller rejoindre l’élite de son sport, selon lui.  Il a répété l’expérience dans les dernières semaines afin d’être fin prêt pour Rio.

Les résultats

À Doha l’an dernier, le Marocain El Amin Chentouf était le favori pour remporter le 5000 m (classification T13), mais Ouellet l’a dépassé grâce à « une course intelligente », estime-t-il. « Il a probablement commencé trop tôt, il faisait très chaud et c’était important de bien planifier [son effort]. J’ai exécuté mon plan parfaitement. » Chentouf n’a pas terminé la course.

Le coureur accorde beaucoup d’importance à cet aspect tactique et à sa préparation. À Rio, il sera satisfait s’il est « parfait » dans sa préparation et s’il a l’impression « d’avoir tout fait pour gagner » dans les deux courses auxquelles il prendra part, c’est-à-dire le 1500 m et le 5000 m.

Guillaume Ouellet l’avoue quand même : à la suite de ses bonnes performances en 2015, il est désormais l’un des favoris, voire l’homme à battre, ce qui modifie ses attentes. Il a reçu depuis Doha et Toronto plus d’attention médiatique que jamais, et « quand tu gagnes les mondiaux [l’année précédente], évidemment, tu dois défendre ton titre. Ça change la préparation. »

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