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La mort d'Alan Kurdi a eu un grand impact sur le Canada, selon des experts

Une photo du petit Alan et de son frère Galip Kurdi exposée lors d'une cérémonie à leur mémoire et à celle de leur mère, tenue à Vancouver en septembre.

Une photo du petit Alan et de son frère Galip Kurdi exposée lors d'une cérémonie à leur mémoire et à celle de leur mère, à Vancouver en septembre.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une année s'est écoulée depuis que la photo d'un bambin mort noyé, allongé face contre terre sur une plage turque, a attiré l'attention du monde sur la crise des réfugiés syriens. Les experts croient toutefois que cette image troublante de la souffrance humaine n'a pas fait grand-chose à long terme pour soulager les misères d'un pays déchiré par la guerre.

Le 2 septembre est la date du premier anniversaire de la mort d'Alan Kurdi, un petit Syrien âgé de trois ans immortalisé par un cliché illustrant parfaitement le prix trop souvent payé par ceux qui essaient d'échapper au conflit en Syrie.

Selon Rouba Alfattal, professeure de sciences politiques à l'Université d'Ottawa et spécialiste du Moyen-Orient et du monde arabe, la photo d'Alan s'est un peu estompée dans l'esprit des gens et a été reléguée à l'arrière-plan.

Mme Alfattal a suggéré que l'inquiétude engendrée par la hausse du nombre d'attentats terroristes en Europe était en partie responsable du manque de volonté de l'Occident d'aider les personnes déplacées par la guerre syrienne.

Elle a soutenu que les Occidentaux s'étaient malheureusement désintéressés du sort de la Syrie et qu'ils l'avaient même carrément oubliée.

Un impact important sur le Canada

Si l'image du bambin n'a pas eu un effet durable pour la Syrie, elle a eu un grand impact sur le Canada, estiment des experts.

Catherine Dauvergne, doyenne de la Faculté de droit de l'Université de Colombie-Britannique et spécialiste du droit des réfugiés et de l'immigration, pense que le cliché a influencé les élections fédérales de l'automne dernier.

« Je pense que l'intérêt considérable suscité par cette nouvelle a probablement permis à la question des réfugiés d'attirer l'attention du public et de se mêler au scrutin d'une manière plus directe qu'auparavant », a expliqué Mme Dauvergne.

La promesse d'accueillir 25 000 réfugiés syriens avant la fin de 2015 est devenue un élément majeur de la plateforme électorale libérale. Une fois au pouvoir, le gouvernement de Justin Trudeau a fini par respecter cet engagement, même s'il a dépassé l'échéance initiale de quelques mois.

Mais à mesure que le temps passe, le sentiment d'urgence faiblit, a souligné Catherine Dauvergne. « Pas parce que la situation elle-même n'est pas urgente, mais parce que c'est difficile de ressentir l'urgence durant une longue période », a-t-elle dit.

L'attention concentrée sur la réinstallation des réfugiés

Pour certains, l'un des impacts négatifs de la photo d'Alan Kurdi est d'avoir concentré l'attention sur la réinstallation des réfugiés plutôt que sur la source du problème, soit la guerre civile en Syrie.

Tima Kurdi, la tante d'Alan, le petit Syrien trouvé mort sur une plage turque en septembre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tima Kurdi, la tante d'Alan le petit Syrien trouvé mort sur une plage turque en septembre.

Photo : Radio-Canada

« Vous pouvez réinstaller les réfugiés encore et encore, mais si vous ne mettez pas un terme au conflit, cela va continuer », a prévenu Kyle Matthews, le principal directeur adjoint d'un institut de l'Université Concordia spécialisé dans l'étude des génocides et des droits de la personne.

La tante d'Alan, Tima Kurdi (Nouvelle fenêtre), qui réside à Coquitlam, en Colombie-Britannique, a abondé dans le même sens, ajoutant que l'image de l'enfant syrien couvert de poussière après avoir été retiré des décombres d'un immeuble touché par une frappe aérienne à Alep allait convaincre les gens de continuer à se battre plutôt que d'essayer de faire cesser les hostilités.

Alan Kurdi est mort en même temps que son frère aîné et que sa mère, en tentant de traverser la mer Méditerranée.

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