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Les indépendantistes écossais tentent de raviver la flamme dans la foulée du Brexit

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, en conférence de presse, vendredi, à Stirling.

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, en conférence de presse, vendredi, à Stirling.

Photo : Getty Images / ANDY BUCHANAN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un peu plus de deux mois après que le Royaume-Uni eut voté pour quitter l'Union européenne, la première ministre de l'Écosse, Nicola Sturgeon, annonce la tenue d'une grande consultation destinée à raviver l'appétit indépendantiste de ses concitoyens.

D'ici le 30 novembre, le Scottish National Party (SNP) entend ainsi solliciter l'opinion de 2 millions d'Écossais - sur une population totale de 5,3 millions -, grâce notamment à des réunions publiques et à un questionnaire en ligne.

Les 120 000 membres du parti seront aussi mis à contribution. Ils se verront remettre des formulaires de sondage avec comme consigne de convaincre cinq citoyens d'y répondre chaque mois, au cours des trois prochains mois.

Mme Sturgeon n'a pas lésiné sur le symbole pour annoncer cette nouvelle initiative. Elle en a donné les détails à Stirling, où William Wallace, héros de l'indépendance écossaise, a remporté une bataille décisive contre les Anglais en 1297.

« Nous voulons comprendre comment les gens se sentent face à l'Europe, au Brexit et à l'indépendance. [...] Nous voulons connaître leurs inquiétudes, et les questions auxquelles ils cherchent des réponses. Nous voulons bâtir, si nous le pouvons, un consensus sur la voie à suivre. »

— Une citation de  Nicola Sturgeon

La leader indépendantiste a admis sans détour que quitter le Royaume-Uni constituerait une « grosse décision » et qu'un prochain référendum était loin d'être gagné ». Elle plaide toutefois que « les intérêts de l'Écosse sont menacés » par le Brexit, et qu'il convient de les « protéger ».

Lors du référendum sur le Brexit, l'Écosse a voté à 62 % pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne. L'ensemble du pays a cependant voté à 52 % contre. Mme Sturgeon affirme depuis qu'un nouveau référendum sur l'indépendance est « hautement probable ».

Le Brexit n'est pas pour demain

Malgré le vote sur le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'UE est loin d'être concrétisée. La première ministre britannique Theresa May a déjà fait savoir qu'elle n'entendait pas évoquer l'article 50 du traité de Lisbonne, qui enclenche des négociations de sortie, avant 2017. Comme ces négociations peuvent durer deux ans, la sortie du Royaume-Uni de l'UE ne devrait pas se produire avant 2019.

En septembre 2014, un premier référendum organisé par le SNP s'était soldé par une défaite, 55 % des Écossais ayant voté contre une rupture du lien avec le reste du Royaume-Uni. Le parti a néanmoins été reporté au pouvoir ce printemps, mais son gouvernement est minoritaire.

Revenant sur cette série d'événements vendredi, Mme Sturgeon a fait valoir que « le Royaume-Uni qui existait avant le 23 juin a considérablement changé » et que le pays n'est plus celui en faveur duquel les Écossais se sont prononcés il y a deux ans.

« Bien que je ne tienne rien pour acquis, je soupçonne que l'appui à l'indépendance sera encore plus élevé s'il devient clair qu'il s'agit de la meilleure ou de la seule façon de protéger nos intérêts. »

— Une citation de  Nicola Sturgeon

Une nation divisée

Depuis le vote sur le Brexit, le 23 juin, cinq sondages se sont penchés sur l'état d'âme des Écossais, et leurs conclusions montrent qu'il est loin d'être clair que le départ du Royaume-Uni de l'UE a fait pencher l'opinion publique en faveur de l'indépendance.

Les trois premiers, faits dans les jours qui ont suivi le référendum, ont montré une petite remontée des appuis à l'indépendance. Mais les deux plus récents semblent plutôt indiquer un retour au rapport de force qui avait cours avant le Brexit.

Un sondage YouGov publié par le Times de Londres vendredi place par exemple l'appui à l'indépendance à 46 %, soit à peine un point de pourcentage de plus qu'en 2014.

Des vétérans du SNP mettent d'ailleurs en garde Mme Sturgeon contre un nouveau référendum trop hâtif. L'ex-secrétaire à l'Éducation, Alex Neil, lui a récemment demandé d'attendre qu'un « changement évident et décisif » dans les intentions de vote se constate pendant un certain temps avant d'aller de l'avant.

Les trois partis d'opposition au Parlement écossais – les conservateurs, les travaillistes et les libéraux démocrates – sont tous opposés à la tenue d'un référendum sur l'indépendance. Pour pouvoir l'organiser, le SNP devrait donc obtenir l'appui des Verts, favorables à l'indépendance.

La chef de l'opposition, la conservatrice Ruth Davidson, accuse Mme Sturgeon « d'ignorer les priorités des Écossais » et de diviser la population, tandis qu'un député travailliste, James Kelly, affirme qu'il faut plutôt se concentrer sur les questions essentielles, comme les services publics.

Dans une lettre publiée vendredi dans le quotidien The Scotsman, des gens d'affaires disent être inquiets de cette initiative, qui ne fait « qu'ajouter de nouvelles incertitudes [...] à un moment où les petites et les grandes entreprises cherchent de la stabilité.

Depuis le premier référendum sur l'indépendance, la situation économique de l'Écosse s'est détériorée, en raison d'une chute considérable des recettes tirées de l'exploration pétrolière au large de ses côtes.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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