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L'Iran met en place un Internet national

Des clients utilisent les ordinateurs d'un café Internet de Téhéran, en Iran (archives).

Des clients utilisent les ordinateurs d'un café Internet de Téhéran, en Iran (archives).

Photo : Raheb Homavandi / Reuters

Catherine Mathys

Dimanche dernier, l'Iran a annoncé qu'il venait de terminer la première de trois étapes qui le conduira vers un Internet national contrôlé entièrement par le gouvernement et dont tous les serveurs seront situés au pays.

La BBC rapporte qu'une cérémonie d'inauguration a été tenue par le ministre des Communications et des Technologies de l'information, Mahmoud Vaezi. On y a vanté l'initiative qui allait offrir aux citoyens iraniens des connexions haute vitesse à bas prix.

Bien sûr, les critiques y voient plutôt une manière de resserrer le contrôle des autorités sur l'utilisation d'Internet, d'isoler davantage les Iraniens et de juguler la liberté d'expression en ligne. L'Iran bloque déjà plusieurs réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, des sites de nouvelles et des magasins en ligne (bien que de nombreux utilisateurs y accèdent par des serveurs mandataires (proxy) ou des réseaux virtuels privés).

Les autorités veulent remplacer le système actuel qui consiste en une série de filtres empêchant les Iraniens d'avoir accès au web dans sa totalité. Le ministre Vaezi reconnaît l'utilisation des voies de contournement et donc des limites d'un tel modèle. Alors plutôt que tenter de restreindre l'accès à cet outil universel, il préfère créer son propre outil.

Vers un Intranet national

Avec ce nouvel Internet, les Iraniens n'auront accès qu'au contenu, aux services et aux applications provenant d'Iran. La BBC estime que le gouvernement vise à créer un genre d'Intranet national qui pourra être utilisé pour promouvoir ses idéaux.

Selon les autorités iraniennes, un Internet national réduirait également les risques de cybercriminalité. Elles ont indiqué lors de la cérémonie que plusieurs attaques par déni de service avaient été tentées récemment.

Ce projet n'est pas nouveau. L'Iran y travaille depuis 2010. Sa réalisation devait durer cinq ans, mais l'opération s'est avérée plus complexe que prévu.

La première phase, qui est maintenant fonctionnelle, offre l'accès aux services gouvernementaux en ligne et aux pages web de l'État. On indique que la seconde phase, qui inclut la vidéo, devrait être prête d'ici février 2017. La troisième et dernière phase, qui inclura des services pour les entreprises faisant affaire à l'étranger, devrait suivre le mois d'après.

Les autorités locales indiquent que la vie privée des utilisateurs sera respectée, mais plusieurs groupes de défense des droits de l'homme en doutent.

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