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Fou de Bassan et maquereau, deux histoires intimement liées

Colonie de fous de bassan de l'île Bonaventure

La colonie compte une centaine de milliers d'oiseaux.

Photo : Radio-Canada/William Bastille-Denis

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le faible taux de reproduction des fous de Bassan n'est pas assez élevé pour assurer le remplacement annuel des adultes morts. Pour le professeur en biologie de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) Magella Guillemette, ce faible taux est intimement lié au déclin du maquereau dans le golfe Saint-Laurent.

Un texte de Jean-François DeschênesTwitterCourriel

Grâce à des données de Pêches et Océans Canada, qui recense la population depuis les années 70, M. Guillemette a pu établir un lien entre les deux populations.

Le maquereau constitue la grande majorité de l'alimentation du fou de Bassan, et il y en a de moins en moins dans les eaux du Saint-Laurent.

Les deux parents doivent donc s'absenter plus souvent et plus longtemps du nid. Cette absence rend le poussin très vulnérable.

« C'est ce qui explique aussi qu'il se retrouve partout dans le golfe du Saint-Laurent à la recherche de proies alternatives. » Il n'est pas rare d'apercevoir des fous de Bassan sur la Côte-Nord.

« Étant donné qu'il y a très peu de maquereau dans le système présentement, c'est ce qui explique le faible succès reproducteur. »

— Une citation de  Magella Guillemette, professeur en biologie, Université du Québec à Rimouski

Taux de reproduction

  • 40 % en 2015
  • 70 % pour assurer la survie de la colonie

Pour les chercheurs, le réchauffement de la planète n'est pas étranger à cette diminution. Le maquereau est un poisson très sensible aux variations de température et a tendance à migrer vers le nord et à nager plus en profondeur pour fuir les températures de l'eau plus chaude.

Optimisme

Toutefois, le dernier décompte permet d'estimer la population à 54 034 couples de fous de Bassan, un nombre stable depuis quelques années, de l'avis du chercheur. La population a déjà compté tout près de 60 000 couples.

M. Guillemette demeure confiant. « Il y a d'autres colonies de fous de Bassan dans le monde qui ne s'alimentent pas de maquereau et puis elles se débrouillent assez bien, dit-il. En Écosse entre autres, il y a des populations en santé de fous de Bassan qui s'alimentent presque exclusivement de lançons. » Cette nourriture se retrouve aussi dans l'alimentation des oiseaux de l'île Bonaventure. 

Cependant, pour le chercheur, cette nourriture est de moins bonne qualité. « C'est pour ça qu'on pense que le niveau de la population devrait se stabiliser ou même diminuer dans le futur. »

Fous de bassan. L'oiseau peut s'absenter du nid pendant plusieurs jours pour s'alimenterAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le fou peut s'absenter du nid pendant plusieurs jours pour s'alimenter.

Photo : Radio-Canada/William Bastille-Denis

« Il se peut que la population soit moins abondante dans le futur, mais il va toujours y avoir des fous de Bassan. Il n'y a aucun doute là-dessus », estime le chercheur.

« Ce sont des oiseaux qui sont extrêmement performants pour trouver des proies, alors je leur fais confiance. »

— Une citation de  Magella Guillemette
Couple de fous de bassan. L'incubation de l'oeuf dure 44 jours. Elle est suivie d'une période de nourrissage de 91 joursAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'incubation de l'oeuf dure 44 jours. Elle est suivie d'une période de nourrissage de 91 jours

Photo : Radio-Canada/William Bastille-denis

Une autre époque

À la fin des années 1960, la colonie était estimée à 25 000 couples. À cette époque, il y avait des problèmes de concentration de DDT, un pesticide très nocif qui s'immisçait dans la chaîne alimentaire et qui rendait les oeufs stériles. En 1966, l'interdiction du DDT a fait en sorte que la colonie a augmenté après quelques années.

Le DDT

C'est le chimiste suisse Paul Hermann Muller qui synthétise le DDT en 1939 et l'utilise comme pesticide. En plus de s'en servir pour protéger les cultures des insectes nuisibles, on l'utilise pendant la Deuxième Guerre sur les soldats et les civils pour éviter la transmission de certaines maladies, dont le paludisme. Dans les années 60, l'insecticide perd de sa popularité et on le soupçonne d'être cancérigène et nocif pour l'environnement.

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