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Une coalition patronale et syndicale vante les retombées d'Énergie Est

Des acteurs du monde patronal appuient le projet Énergie Est

Des acteurs du monde patronal appuient le projet Énergie Est

Photo : Radio-Canada/Jérôme Labbé

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelques jours des audiences de l'Office national de l'énergie (ONE) sur le projet d'oléoduc Énergie Est, une coalition d'acteurs patronaux et syndicaux affirme que le Québec ne peut pas se permettre de refuser ce projet énergétique d'envergure.

En fait, il serait « maladroit » de ne pas prendre en considération l'impact économique d'un tel projet, affirme le président du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, Michel Trépanier.

Le président-directeur général intérimaire de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget, ajoute que ce projet sera structurant pour le développement économique et l'avenir énergétique du Québec.

« Le Québec ne doit pas tourner le dos à de tels investissements. Disons oui à un projet porteur. »

— Une citation de  Stéphane Forget, pdg intérimaire de la Fédération des chambres de commerce du Québec

La coalition est formée de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec, de l'Association industrielle de l'Est de Montréal, de l'Association des firmes de génie-conseil, de l'Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, du Conseil du patronat du Québec, du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, de la Fédération des chambres de commerce du Québec et de la FTQ-Construction.

La Coalition considère que les Québécois ne devraient pas ignorer les mérites économiques d'un « des plus grands projets de construction des 25 dernières années ».

L'argument des opposants à l'oléoduc selon le projet créera peu d'emplois au Québec « ne tient pas », dit la Coalition, qui précise que plus de 14 000 emplois directs et indirects pourraient être créés sur une période de neuf ans, dont le quart serait au Québec.

« L'activité économique qui découle de tels projets structurants entraîne notamment, dans son sillage, la création de nouvelles entreprises et le développement de nouveaux réseaux de sous-traitants, qui demeureront actifs après la phase de construction, entre autres en exportant l'expertise acquise ici », affirme la Coalition.

Et dans un contexte économique difficile, surtout dans le monde de la construction, refuser la construction de l'oléoduc pourrait exacerber les difficultés que vivent les travailleurs du Québec.

« Aussitôt qu'on parle de projets comme celui-ci, on oublie les travailleurs de la construction. »

— Une citation de  Michel Trépanier, président du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction

« Il faut attirer des projets pour faire vivre nos familles. Une personne sur 20 travaille dans le domaine de la construction. Avec la situation économique en ce moment, on attend le projet les bras ouverts », dit M. Trépanier.

Michel Trépanier estime que les consultations du BAPE et de l'ONE permettront à Énergie Est de rassurer les gens quant aux préoccupations environnementales et de sécurité. « Et puis, les travailleurs du Québec savent comment construire un oléoduc sécuritaire et fiable », ajoute M. Trépanier.

Fait à noter, bien que la FTQ-Construction appuie le projet, ce n'est pas le cas de la FTQ, la centrale à laquelle elle est affiliée. La FTQ n'est pas pour cet oléoduc; elle évoque notamment le manque d'acceptabilité sociale du projet au Québec.

Dans un mémoire déposé en avril dernier, la FTQ écrit : « Nous doutons fortement de la pertinence d'un tel projet. [...] L'oléoduc n'améliorera en rien la sécurité énergétique du Québec, étant donné que la très grande majorité du pétrole sera exporté à l'international. [...] Peu d'emplois seront créés à long terme, mis à part durant la phase de construction. »

L'énergie verte, pas pour demain

Même si elle appuie le développement des énergies vertes, la Coalition soutient que le Québec ne cessera pas de sitôt de consommer du pétrole pour le transport et pour les produits dérivés d'hydrocarbures, comme le plastique.

« Il ne faut pas rêver en couleurs. Nous consommons du pétrole, malgré notre volonté collective de réduire notre empreinte carbone. Nous devons faire preuve de réalisme. »

— Une citation de  Stéphane Forget

Par ailleurs, la Coalition croit que le projet serait une occasion de créer un marché national pour le pétrole canadien et, ainsi, de réduire la dépendance du Québec au pétrole étranger. « On a la possibilité d'avoir un pipeline canadien et d'exploiter les ressources ici », dit M. Forget.

Rappelons que le pipeline aura une capacité de transport de 1,1 million de barils par jour. Toutefois, les raffineries de l'est du Canada - celles du Québec et celle d'Irving à Saint-Jean - ont une capacité de raffinage qui se situe entre 700 000 et 800 000 barils par jour.

Donc, une bonne partie du pétrole transporté par le pipeline sera destiné à l'exportation. Louis Bergeron, vice-président de l'entreprise TransCanada pour le Québec et le Nouveau-Brunswick, a confirmé en entrevue, en février dernier, que de 55 à 60 % de ce pétrole serait voué à l'exportation.

Les organisations écologistes s'inscrivent en faux contre le discours de la coalition, estimant que le projet Énergie Est, en plus d'être nuisible à l'environnement, aura peu de répercussions en matière de création d'emplois.

« Au lieu de proposer que le Québec devienne un leader mondial des énergies vertes, ils [les membres de la coalition] proposent de créer 33 emplois directs à long terme, pour qu'on devienne une autoroute pour l'exportation du pétrole des sables bitumineux, le plus sale de la planète, qui menacerait l'eau potable de plus de 3 millions de Québécois pendant des décennies. »

— Une citation de  Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada

Début houleux pour les audiences

L'ONE entame ses audiences publiques à Montréal lundi, pour une durée d'une semaine. L'Office tiendra ensuite des séances de consultation à Québec du 3 au 7 octobre. Le maire de Montréal, Denis Coderre a réclamé jeudi la suspension des audiences après des révélations de certains médias qui démontrent que les commissaires de l'ONE auraient un parti pris pour le projet.

Les membres de la Coalition ne croient pas que ces révélations mettent en doute l'intégrité de l'ONE. « On respecte les préoccupations de M. Coderre. Mais on croit dans le processus qui s'enclenche la semaine prochaine, dans l'intégrité et l'expertise de l'ONE. Nous y serons », a dit M. Trépanier.

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