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Action travail des femmes se plaint de discrimination systémique dans la construction

Une femme sur un chantier de construction

Photo : La Presse canadienne / PC/Felipe Dana

La Presse canadienne

Un groupe de défense des droits des femmes vient de déposer une plainte à la Commission des droits de la personne contre le nouveau système de placement de main-d'œuvre de la Commission de la construction.

Dans sa plainte, Action travail des femmes allègue que le système de Carnet référence construction encourage la discrimination systémique basée sur le sexe.

Ce système de référence de main-d'œuvre avait été instauré en septembre 2013 par la Commission de la construction, après que le gouvernement du Québec eut mis fin au placement syndical dans la construction.

Cette plateforme web réunit les employeurs, qui y déclarent leurs besoins en main-d'œuvre, les ouvriers, qui peuvent y expliquer leurs compétences, et les titulaires de permis (des associations syndicales), qui peuvent proposer de référer des candidats.

Or, selon Action travail des femmes, les modalités du nouveau Carnet de référence entravent la possibilité des femmes de rester dans l'industrie.

Au cours d'une entrevue vendredi, Katia Atif, coordonnatrice de l'organisme, a affirmé qu'il est impossible, par exemple, pour une travailleuse de contacter un employeur pour savoir pourquoi elle n'a pas été appelée à travailler pour lui.

« Un des éléments qui nous paraît patent, c'est l'anonymisation des employeurs. Il n'y a aucune raison, aucune justification que le carnet de référence ne puisse pas rendre accessible la liste des employeurs à toute travailleuse qui a été référée. Est-ce que ce serait normal de se retrouver dans un système où l'on vous annonce que votre candidature a été recommandée à des employeurs, sans que vous puissiez savoir quels sont les employeurs qui ont pu recevoir votre candidature », a demandé Mme Atif.

Il y a quelque chose, là, qui est problématique, dans la mesure où, du coup, tout employeur peut décider de mettre de côté une candidature féminine, sachant très bien que c'est anonyme.

Katia Atif, coordonnatrice de l'organisation Action travail des femmes

Selon le dernier rapport de la CCQ pour l'année 2015, dévoilé en juin dernier, le carnet de référence a pourtant été la source de 10 % des embauches de femmes dans la construction, par rapport à 5 % pour l'embauche des hommes.

La CCQ souligne que 73 % des femmes travaillent dans un des cinq métiers ou occupations qui sont les plus recherchés selon le Carnet de référence.

La Commission de la construction du Québec doit faire connaître ses commentaires plus tard.

Société