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Harcèlement sexuel : un congédiement devient une suspension de 5 mois

Harcèlement sexuel

Harcèlement sexuel

Photo : iStock

Radio-Canada

Un agent de probation du Nouveau-Brunswick qui avait été congédié pour agression sexuelle va retrouver son poste. Un arbitre a jugé que la peine imposée à Kevin Kelly était trop sévère et que cinq mois de suspension sans salaire sont suffisants.

La peine est imposée à Kevin Kelly parce qu'il a saisi les fesses de ses collègues de travail lors de fêtes pour le personnel en 2014 et tenu des propos inappropriés de nature sexuelle.

L'arbitre Robert Breen a déclaré que l'environnement de travail dans le bureau de Kevin Kelly à Moncton était empoisonné et que le congédiement était une peine trop sévère.

L'environnement de travail n'excuse pas l'inconduite, disent les experts

Le consultant en ressources humaines Pierre BattahAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le consultant en ressources humaines Pierre Battah

Photo : pierrebattah.com

La culture au travail embrouille les limites de ce qui est un comportement approprié au travail, mais les experts disent que ce n'est pas une excuse pour l'inconduite, souligne un consultant en ressources humaines.

Pierre Battah, un expert en leadership en milieu de travail, a participé à l'élaboration des politiques de harcèlement au Nouveau-Brunswick dans les années 1980. Il soutient qu'il y a des limites à ce qui peut être attribuable à la culture dans un milieu de travail. « Il faut être sensible à la nature de l'environnement de travail, et certains d'entre eux posent plus de défis que d'autres, dit-il. Mais il y a toutefois des limites claires lorsqu'il est question de certains comportements. »

Dans le cas de Kevin Kelly, l'avocat Robert Breen a conclu que l'environnement de travail d'un employé peut parfois prendre d'allure de « basse-cour » où des plaisanteries et des gestes sexuels de plusieurs employés semblent être tolérés.

Les avances physiques et verbales de M. Kelly envers ses collègues au bureau et ailleurs les rendaient inconfortables, toutefois, plusieurs ont témoigné que d'autres employés de son bureau avaient des comportements similaires, suggérant que ces comportements étaient acceptés par la culture de la place.

Cette zone grise complique les choses, selon la négociatrice du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Monique DesRoches. « Nous faisons face à beaucoup de situations où les plaisanteries entre employés dégénèrent ».

Quand l'inconduite est répandue, il est difficile de gérer des cas individuels, explique-t-elle. « Plusieurs intervenants jouent un rôle pour prévenir et mettre fin à ce type de culture en milieu de travail », dit-elle en nommant entre autres les employeurs, les syndicats et les employés eux-mêmes.

Mme DesRoches ajoute toutefois que son expérience lui a démontré que tous les employeurs ne sont pas prêts à relever le défi.

Pierre Battah note que bien que de nombreuses entreprises et organisations néo-brunswickoises possèdent désormais des politiques il ne s'agit que d'une première étape et que certains arrivent à combattre le harcèlement alors que d'autres non.

C'est une question de leadership, purement et simplement.

Pierre Battah, consultant, ressources humaines

Une culture qui ne se limite pas au travail

Pour sa part, Beth Lyons, directrice générale du Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick, croit qu'il ne faut pas limiter notre examen au milieu du travail, car le harcèlement qui y existe fait parti d'un continuum de violence qui prend place également en dehors du bureau.

« Nous devons comprendre les liens [entre la violence en milieu de travail et à l'extérieur du milieu de travail] afin de comprendre pourquoi ils sont si importants et pourquoi il faut les prendre au sérieux », explique-t-elle.

Un environnement décevant

Les agents de probations impliqués dans le cas de Moncton sont des employés du ministère de la Justice et de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick.

« La description de l'environnement de travail de ce bureau [dans le cadre du processus d'arbitrage] est décevante », a déclaré le ministère dans un courriel envoyé à CBC News.

Le gouvernement provincial a trois mois à compter de la date de la décision le 27 juillet pour en appeler. Il examine actuellement le dossier.

Le président du Conseil du Trésor, Roger Melanson qui est responsable des ressources humaines, n'a pas voulu se prononcer jeudi sur les raisons pour lesquelles le harcèlement fait partie de la culture d'un bureau du gouvernement.

Avec des informations recueillies par Jill English, CBC

Avec les informations de La Presse canadienne

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