•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ONU avoue avoir joué un rôle dans l'éclosion du choléra en Haïti

Un manifestant tient une pancarte contre la mission de l'ONU en Haïti, à Port-au-Prince, le 18 novembre 2010.

Un manifestant tient une pancarte contre la mission de l'ONU en Haïti, à Port-au-Prince, le 18 novembre 2010.

Photo : Reuters / Allison Shelley

Associated Press
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Organisation des Nations unies (ONU) dit pour la première fois qu'elle a joué un rôle dans l'introduction du choléra en Haïti et qu'elle doit faire « bien plus » pour mettre fin aux souffrances de ceux qui ont été touchés, estimés à plus de 770 000 personnes.

Selon des chercheurs, de nombreuses preuves indiquent que la réapparition du choléra en Haïti est imputable à des eaux usées rejetées par des Casques bleus.

L'ONU n'avait jamais auparavant reconnu une part de responsabilité, brandissant son immunité diplomatique, lorsqu'elle était traînée devant la justice par des victimes.

Le porte-parole adjoint des Nations unies, Farhan Haq, a transmis une déclaration qui fait référence « à l'implication » de l'ONU. Cette déclaration, qui a été envoyée à l'Associated Press jeudi, est un pas de plus vers une admission d'au moins une certaine responsabilité et a été bien accueillie par les avocats des victimes.

Mario Joseph, un avocat spécialisé en droit de la personne dont le cabinet mène de front une réclamation au nom de quelque 5000 victimes du choléra, qui blâment l'organisation internationale pour l'introduction de la maladie, a déclaré qu'il s'agissait d'une victoire majeure pour les victimes qui demandent justice.

Des mesures de l'ONU à venir

M. Haq a aussi annoncé que l'organisation considère plusieurs options et « une nouvelle série d'actions de l'ONU » qui seront présentées publiquement d'ici deux mois.

Il a déclaré plus tard aux journalistes qu'un comité nommé par l'ONU s'est déjà penché sur l'implication de l'ONU dans cette affaire et a déterminé qu'un entrepreneur local a failli à désinfecter adéquatement les eaux usées de la base onusienne.

« Nous avons tenté de voir exactement ce que nous pouvons faire au sujet de notre propre rôle spécifique » et « comment mettre fin à cette épidémie », a-t-il dit.

M. Haq a répété jeudi que la position légale de l'ONU, qui réclame son immunité diplomatique, « n'a pas changé ».

Sa déclaration sur l'implication de l'ONU avait d'abord été rapportée par le New York Times.

Selon les données de Port-au-Prince, le choléra a atteint plus de 770 000 Haïtiens, soit près de 7 % de l'ensemble de la population.

L'épidémie a fait plus de 9200 morts. Depuis mars, l'infection emporte en moyenne 37 personnes par mois.

La bactérie aurait contaminé la rivière la plus importante d'Haïti par l'entremise des eaux usées d'une base de l'ONU. Des soldats népalais y étaient déployés dans le cadre d'une mission de maintien de la paix qui s'étire depuis 2004. Le choléra est endémique au Népal.

En décembre 2012, le secrétaire général Ban Ki-moon avait annoncé l'allocation de 2,27 milliards de dollars pour éradiquer la maladie de l'île Hispaniola, mais ce plan ambitieux s'avère sous-financé. En date de novembre dernier, on rapportait que seuls 307 millions de dollars avaient été versés.

La Perle des Antilles est le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental et seuls 24 % de ses citoyens ont accès à des toilettes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !